L’audiovisuel public entre dans la danse anti-Bolloré
Les médias publics seraient-ils en train d’emboîter le pas dans la fronde anti-Bolloré qui gronde depuis le festival de Cannes ? Difficile de ne pas le croire, quand l’INA et France Culture décident presque simultanément de ressortir du placard, respectivement, un vieux reportage et une vieille figure de la presse d'extrême droite française sur les réseaux sociaux pour vilipender celui qui s’est rendu coupable de ne pas jouer le jeu de la gauche culturelle.
"Canal continue d’être sa propriété mais sa seule créativité aura été financière".
Dans cet épisode d'"ADN" de 2024, Pierre Lescure, l'une des figures de la création de Canal +, revient sur la transformation de Canal+ sous l’ère Vincent Bolloré. pic.twitter.com/L1tluEiugm
— INA.fr (@Inafr_officiel) May 19, 2026
Une neutralité de gauche
Sur X, l’Institut national de l’audiovisuel, cet « organisme appartenant au secteur audiovisuel public […] placé sous la tutelle du ministère de la Culture [dont la] stratégie et [le] financement sont définis par un contrat d'objectifs et de moyens qu’il signe périodiquement avec l’État », a trouvé pertinent de poster, le mardi 19 mai, l'extrait d’une émission datant de 2024 montrant un Pierre Lescure, « l’une des figures de la création de Canal+ », jugeant la transformation du groupe depuis l’arrivée de Bolloré. Ce n’est sans doute qu’une coïncidence si cet extrait arrive au milieu de la tempête « Zapper Bolloré ». La vidéo commence avec un extrait de Complément d’enquête montrant Vincent Bolloré en conférence, sous le regard circonspect d’un docte Pierre Lescure, puis continue avec un homme qui explique avoir « un petit problème en termes de journalisme, c’est que l’information et Bolloré, apparemment, ça fait deux. Pour le reste, il peut faire une chaîne avec une information manipulée ou censurée ou pas en faire du tout, il aura quand même une chaîne de télé. » Pour se terminer avec le jugement du grand sachant suprême, Pierre Lescure : « Vincent Bolloré, en tant que financier, est sans doute l’un des plus efficaces, des plus intelligents, des plus tenaces et des plussuccessfull. Sa seule créativité aura été financière, c’est mon point de vue. Dans dix ans d’ici, la famille Bolloré sera très riche, je voudrais bien savoir ce qu’il restera des marques. »
Sur X, les internautes ne s’y trompent pas : difficile de ne pas trouver un peu louche le choix de publier un tel extrait alors que le monde du cinéma et de la culture dans son ensemble s’embrase depuis la Croisette. « L’INA, payé par nos impôts, qui en remet une couche sur la moraline et ce qu’il faut penser », s’énerve, par exemple, un commentateur. « Quelle neutralité ! Bravo, vous êtes exemplaires comme l’ensemble du service public de l’audiovisuel. Une vraie neutralité de gauche… », s’exaspère un autre.
Honni soit qui mal y pense !
Sur Instagram, France Culture, cette fois, ressort une vieille figure de l’extrême droite française, François Coty (à ne pas confondre avec René Coty, deuxième président de la République de la IVe !), sur lequel la radio publique avait déjà fait un reportage orienté en 2021. À l’époque, le parfumeur et homme de presse des années 20-30 avait été ressorti de la naphtaline pour expliquer qu’« il plaçait sa fortune sur la destruction de la Troisième République qu'il jugeait malade, pour ne pas dire pire. Il en appelait à un pouvoir fort qui se serait appuyé sur le référendum », une explication qui se poursuivait tout à fait innocemment avec la question : « Ah ! Que ne fait-on de référendum sur l'immigration ? » Cette fois, ce 20 mai, la question qui ouvre le petit documentaire est : « Un entrepreneur milliardaire qui rachète des médias dans le but de diffuser ses obsessions : les racines chrétiennes de la France, la gestion défaillante de l’État, le déclin de la civilisation occidentale. Ça vous rappelle quelque chose ? » Là encore, les commentateurs ne sont pas dupes : « Oui, tout à fait, mais je me rappelle que vous devenez juge et partie, commente une internaute, qui continue : Vous utilisez votre puissance médiatique payée par les contribuables pour refuser les évolutions. »
L'éléphant et ses gros sabots
C’est qu’il devient difficile de ne pas voir l’éléphant au milieu de la pièce : France Culture a chaussé ses plus gros sabots pour suggérer le plus de liens possible entre le magnat d’extrême droite, grand financier des ligues des années 30, et Vincent Bolloré. Ainsi, François Coty est présenté comme un grand capitaine d’industrie dont la fortune considérable est mise « au service de ses idées », notamment en devenant un magnat de la presse parce que « les journaux sont pour lui un moyen de se faire connaître et d’accéder au pouvoir ». Alors, par exemple, « au début des années 20, il achète Le Figaro, il y opère une droitisation de la ligne éditoriale, vante les bienfaits du fascisme italien, embauche un futur ministre sous Vichy », et puis, s’étant fait évincer du Figaro, il crée, en 1928, son propre journal « qui va très très bien marcher » - L’Ami du peuple - et « la promesse de ce journal : dire la vérité aux Français ». Évidemment, honni soit qui mal y pense ! D'ailleurs, un commentateur demande innocemment et ironiquement si c'est Pigasse ou Saadé qu'il faut se rappeler.
« Une chaîne du service public qui a un parti pris et qui fait des raccourcis historiques nauséabonds pour diffuser sa propagande, ça ne vous rappelle pas quelque chose ? », interroge, sous la vidéo, un commentateur sarcastique. Il faut croire que l’hégémonie culturelle de la gauche est à ce point fissurée qu’il faille sortir l’artillerie lourde pour tenter d’en colmater les brèches.
Pour ne rien rater
Les plus lus du jour
LES PLUS LUS DU JOUR





































55 commentaires
Cela ne peut qu’éviter à Bolloré de se salir….
Quand la mérule fasciste gangrène les murs de du camp du Bien, forcément, panique à bord!*
*Ironique, bien sûr.
Au fait l’Audiovisuel Public a dormi OU au festival de Cannes ????? Par ailleurs Bollore avait bien explique lors de la commission que les anciens dirigeants de Canal plus, c’était » La croisière s’amuse » avant la remise en ligne économique a l’arrivée de Bollore. Je ne suis pas étonné qu’aujourd’hui ils crache du venin…et devinez ou ils sont allé ??? sur l’Odieux visuel public..hi hi hi hi hi !!!!!