Editoriaux - International - Société - 25 août 2019

Carnaval d’Ath, en Belgique : c’est donc raciste d’être grimé en noir

Connaissez-vous la « ducasse d’Ath », inscrite, depuis 2008, au patrimoine culturel immatériel de l’humanité ? C’est une sorte de carnaval, issu du Moyen Âge, qui se tient, chaque année, en Belgique, dans cette ville wallonne. Parmi les personnages traditionnellement représentés, le « Sauvage », créé en 1856, le corps noirci pour incarner un homme de peau noire, portant un anneau au nez et une chaîne. Il est censé rappeler l’« exotisme du XIXe siècle »« faire rire le public » et « faire peur aux enfants ». Il n’en faut pas plus pour que des associations crient au racisme et demandent son exclusion des festivités.

Le collectif Bruxelles Panthères a même adressé à l’ONU une pétition pour que ce festival soit retiré du patrimoine de l’UNESCO, mettant en cause la présence du « Sauvage ». L’organisation internationale a répondu que la ducasse d’Ath devait « se conformer aux principes fondamentaux de la Convention de 2003 », notamment à son article 2 selon lequel « seul sera pris en considération le patrimoine culturel immatériel conforme aux instruments internationaux existants relatifs aux droits de l’homme, ainsi qu’à l’exigence du respect mutuel entre communautés, groupes et individus ».

S’il est évident que cette figure, contestée par une minorité, est, à l’origine, en lien avec le colonialisme, le folklore l’a complètement transformée pour en faire « un personnage ludique et mémoriel, qui est un peu devenu le héros de la fête en mettant des baffes aux Blancs », comme le rapporte un historien cité par Le Figaro. De son côté, le bourgmestre aurait admis son « caractère négrophobe », tout en précisant que « la majorité de la population athoise […] n’identifie pas le Sauvage comme un personnage raciste ». Il se serait engagé à relancer le débat, une fois la fête achevée.

Cette affaire met l’accent sur l’influence, dans nos sociétés occidentales, de lobbies prétendument antiracistes. On se souvient comment, en France, des militants indigénistes avaient empêché, le 25 mars 2019, une représentation de la tragédie d’Eschyle à la Sorbonne sous prétexte que des acteurs blancs étaient grimés en Noirs. Plus récemment, quelques esprits obtus ont demandé la fermeture de l’exposition Toutânkhamon, en accusant les organisateurs d’occulter l’origine africaine du pharaon. Comme l’observe, dans Le Figaro, Laurent Bouvet, professeur de science politique, « dans la logique identitaire […], le dominant, donc le coupable, c’est l’homme (le mâle) blanc occidental ».

Ces militants se partagent entre ceux qui construisent leur notoriété ou font carrière en défendant des thèses antiracistes, ceux qui les suivent par pure bêtise et (à ne pas négliger aussi) d’authentiques racistes anti-Blancs. Qui ne voit, pour peu qu’il pense par lui-même, que ce prétendu antiracisme n’a pour objectif que de dévaloriser la société occidentale, a priori coupable de tous les maux ? C’est le même esprit d’intolérance qui explique que Tintin au Congo, l’un des grands succès d’Hergé, soit régulièrement qualifié de « raciste et xénophobe », qu’on préconise même son interdiction. Ou que l’on réclame le retrait, de l’Assemblée nationale, d’une fresque d’Hervé Di Rosa, qui commémore l’abolition de l’esclavage, parce que les personnages sont représentés avec de grosses lèvres.

Cette forme de racisme anti-Blancs, qui se pare des couleurs de la tolérance, doit être dénoncée. Non seulement elle falsifie l’Histoire, de manière manichéenne, non seulement elle ne tient pas compte de l’évolution des mentalités, mais elle tend à s’imposer comme une idéologie totalitaire.

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