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Editoriaux - Politique - 26 mai 2020

Agnès Buzyn, candidate fantôme : elle est passée par ici, elle ne repassera pas par là…

On dit que le Covid-19 s’attaque à tout : les poumons qui s’débinent, le foie qu’est pas droit, les reins bien trop fins, la rate qui s’dilate, les hanches qui s’démanchent, le nez qui ne sent plus et la langue qui ne goûte rien… Le tableau n’en finit plus de s’étoffer et il faut ajouter le cerveau au nombre des organes contaminés.

Ils n’en mouraient pas tous mais tous étaient touchés : effet collatéral d’une psychose dangereusement montée en mayonnaise, notre cortex cérébral est en surchauffe. Pour certains plus que d’autres. Ainsi Mme , ex-ministre de la Santé et future ex ou ex-future candidate à la mairie de Paris.

Parisienne, la dame n’en joue pas moins l’Arlésienne. Ira, n’ira pas ? Un coup je te vois, un coup je te vois pas. C’est la valse-hésitation. Il faut dire que son parcours politique est plus mouvementé que sa carrière médicale, quand bien même les deux sont, paraît-il, un art. Reprenons : après une belle carrière hospitalière et universitaire, Mme Buzyn a présidé de prestigieuses institutions publiques liées à la santé et au nucléaire avant d’être promue ministre des Solidarités et de la Santé dans les gouvernements d’Édouard Philippe.

On lui doit, notamment, les onze vaccins obligatoires pour les nourrissons, l’arrêt du remboursement des produits homéopathiques, l’ouverture de la PMA à toutes les femmes célibataires ou en couple et l’amorce de la réforme des retraites.

Quand a débuté la campagne des municipales, c’est son collègue Benjamin Griveaux qui devait conduire les listes LREM à la mairie de Paris. Oui mais voilà, une conquête du bonhomme ayant déballé son intimité sur la place publique, le grivois Griveaux s’en est retourné cultiver son jardin. Mme Buzyn l’a donc remplacé au pied levé. Avec le succès qu’on sait : 17,3 % au premier tour, loin derrière la PS Anne Hidalgo (29,3 %) et loin de son ennemie LR Rachida Dati (22,7 %).

Le second tour des municipales aura lieu le 28 juin prochain. Le gouvernement l’a annoncé en fin de semaine dernière. Et Mme Buzyn, qu’a-t-elle annoncé ? Rien, pour l’instant. Elle se tâte et n’a manifestement pas fini de faire le tour d’elle-même. Elle avait ainsi convoqué ses têtes de liste pour une réunion, ce mardi matin, à 8 heures, mais un message de Paul Midy, son directeur de campagne, lundi soir, à 23 h 12 (c’est précis), leur a annoncé la possibilité d’une grasse matinée : « Bonsoir à tous, désolé pour le changement de dernière minute, la réunion de demain matin est décalée. Nous reviendrons vers vous demain dans la journée pour caler un nouveau créneau. Bonne soirée à tous. »

À l’heure où je vous écris, on n’en sait pas davantage. Seule certitude, Mme Agnès Buzyn a la trouille. D’abord la trouille de devoir s’expliquer sur son comportement face à la crise du coronavirus, ayant elle-même confié au Monde, dès sa sortie du gouvernement, qu’elle savait tout dès janvier mais n’a rien fait. « On aurait dû tout arrêter, c’était une mascarade », ce sont ses mots.

La voilà donc qui fait l’objet de dépôt de plaintes auprès de la Cour de justice de la République et il est certain qu’elle devra répondre de tout cela devant les commissions d’enquête parlementaires de l’Assemblée nationale et du Sénat qui vont s’ouvrir prochainement. Les auditions doivent démarrer fin juin, c’est-à-dire en plein second tour, et l’ex-ministre de la Santé sera, alors, particulièrement dans le viseur des parlementaires et des médias qui lui demanderont de s’expliquer.

Son entourage – insistance du MoDem par la personne de François Bayrou, dit-on – la presse de maintenir sa candidature à la mairie de Paris, mais alors, elle devra aussi affronter le débat d’entre-deux-tours prévu sur BFM-TV avec Anne Hidalgo et Rachida Dati.

Deux pitbulls qui vont n’en faire qu’une bouchée…

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