Partie de Wuhan, en Chine, la pandémie qui menace gravement l’état sanitaire du monde risque de produire une récession sans précédent en parallèle du fléau qui blesse considérablement notre pays.

Il n’est pas inutile de rappeler que tout a démarré le 17 novembre 2019, il y a cinq mois. La contagion s’est étendue à la périphérie de la mégapole avant de déborder les frontières du pays et de se répandre, par étapes, sur tous les continents. En Europe, certains pays ont été durement touchés : l’Italie, l’Espagne, la France. D’autres ont eu à moins souffrir de l’ampleur de l’épidémie : l’Allemagne, le ou la Suède.

Avec le recul, le constat de ces différences pose vraiment question. Pourquoi sommes-nous frappés par le mal et bien plus que certains autres ? La réponse à cette interrogation se trouve dans les trois domaines suivants : le temps de réaction, le choix de la stratégie adoptée et la carence des moyens propres à la parade, cette dernière étant l’origine des deux autres, sans les excuser pour autant. L’absence des masques, des tests, des équipements de réanimation… tout est observable et fait sens au désastre.

En admettant même qu’au début, le pire n’apparaissait pas certain, on est en droit de se demander pourquoi nous n’avons pas anticipé les risques en agissant, par exemple, pour combler les déficits matériels avérés et connus des responsables. Le danger était pointé par l’avis de scientifiques autorisés et il est même un modèle expérimenté d’ qui en avait défini la probabilité dès 2018. Tous savaient.

Cela aurait permis d’atténuer en partie le chaos, à défaut de l’effacer complètement.

Il me semble que nous sommes d’autant plus portés à poser cette question que nous avons, inscrit dans notre Constitution, le « principe de précaution ». Ce principe est une disposition selon laquelle, en l’absence de certitudes, due à un manque de connaissances techniques, scientifiques ou économiques, il convient de prendre des mesures anticipatives de gestion de risques, eu égard aux dommages potentiels sur l’environnement et la santé.

Cela n’a pas été fait !

À l’inverse, il semble que nos dirigeants, en tête le premier d’entre eux, soient demeurés sourds aux avertissements soufflés à l’oreille comme une confidence. Puis, comme avec de jeunes fautifs qui cherchent à se dédouaner, les mensonges sont apparus, se sont multipliés, ainsi que les incohérences et les contradictions.

Au bout du bout de la comédie dramatique qui nous est présentée depuis le 17 mars, date réelle du début de réaction (fermeture des commerces, début du confinement général, fermeture des écoles, début des contrôles policiers…), la vérité nous est servie par une interview du Président parue dans la dernière édition du Point (15 avril). Emmanuel Macron, dont on se demande quelle mouche a bien pu le piquer pour faire cet aveu sidérant, voire involontairement provocateur, assure dans cet entretien : « voit tout de suite le risque, car elle a une expertise sur le sujet…. on comprend dès lors que quelque chose de grave se passe en dès le début du mois de janvier… »

N’y a-t-il pas là matière à réellement s’interroger ? Il ne faut pas s’étonner, ensuite, si fleurissent, ici et là, des craintes de complot contre le peuple. Qualifier ces inquiétudes, étayées par toute cette affaire, de théories complotistes ne suffira sans doute plus à en diminuer le flot.

16 avril 2020

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