« Le poisson pourrit toujours par la tête » se traduit, en politique, par la stratégie du marxiste italien Gramsci qui consiste à faire gagner la révolution en investissant ni le ministère de l’Intérieur ni le central téléphonique, mais le monde de la formation, de la culture de l’esprit. C’est, dans notre pays, chose faite, à deux réserves près.

D’abord, il y a de la résistance, et le succès de Zemmour et de CNews qui s’éloigne de la meute des médias conformistes la révèle. Ensuite, l’ordre du jour n’est plus la prise de pouvoir par le Parti communiste pour établir la dictature du prolétariat, devenus des fossiles, mais le triomphe du nihilisme, la destruction des valeurs qui fondent notre pays. Parmi les nombreux signes de cette invasion sournoise qui peuple les organes de formation et d’information, l’un des plus scandaleux est le rôle paradoxal du service public de l’audiovisuel, financé par l’impôt, donc par tous les Français, et qui sombre pourtant dans deux travers incompatibles avec son financement et sa finalité : une orientation politique univoque, à gauche toute, et un manque de rigueur et de dignité qui devraient pourtant être sa marque propre.

On peut donner deux exemples retentissants de ce parti pris et de cet effondrement. Le premier est le sort réservé à Zemmour sur la télévision publique : l’émission de France 2 « On est en direct » a permis à Léa Salamé et à Laurent Ruquier de s’ériger en procureurs faisant le procès de leur « invité ». L’attitude de Ruquier est particulièrement choquante : il a « donné » la parole à Zemmour, selon son bon vouloir, comme s’il était maître et possesseur du service public, et décideur de son orientation politique. Prenant le relais, France 5 offrait, comme par hasard, à Aphatie, Cohen, Lescure et Thomas Legrand le luxe d’exécuter Zemmour, en son absence cette fois. La majorité du microcosme « journalistique » dont la liberté de la presse devrait être la règle d’or professe, au contraire, une discrimination idéologique liberticide en faveur de la gauche. Selon elle, le CSA fait bien de censurer (hypocritement) Zemmour qui, d’ailleurs, ne devrait être admis sur aucune chaîne, même privée.

Mais le comble est atteint sur Radio France. C’est Charline Vanhoenacker qui a marqué le point du record. Autrement dit, ni par le manque de retenue, ni par le niveau intellectuel, ni, enfin, par la qualité professionnelle d’humoriste, cette dame ne devrait appartenir au service public qu’elle dévalue. Mais cette donzelle n’a pas commis une bourde exceptionnelle : c’est une récidiviste. C’est dans son émission de France Inter que l’on a pu écouter le triste Frédéric Fromet chanter de sa pauvre voix des textes immondes : « Elle a cramé, la cathédrale », lors de l’incendie de Notre-Dame, ou encore « Jésus est pédé ». Selon Le Monde, l’émission a provoqué le plus grand nombre de saisines du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) en 2020, tous médias confondus. De même, Guillaume Meurice justifie son engagement à l’extrême gauche sur les ondes publiques parce que la société pencherait dangereusement à droite. On remercie ce monsieur d’utiliser nos impôts pour nous imposer sa pensée en redressant la nôtre.

Tout cela n’est pas nouveau. En 2010, le service public avait mis fin à la participation de Stéphane Guillon et de Didier Porte. L’abjection d’une « plaisanterie » sur la mort de la mère de Dupont-Aignan ou l’indécence de certains propos étaient tolérables, puisque le personnel de France Inter a manifesté au nom de la liberté de ton, de l’impertinence, de la diversité… et que le tribunal des prud’hommes a permis aux deux victimes de toucher une grosse somme.

Entre 2006 et 2013, le budget de Radio France avait augmenté de 27,5 % et ses effectifs de 18,8 %, selon la Cour des comptes. Il est temps que les Français se réapproprient ce qui leur appartient et décident de son avenir. Si la France était dotée du référendum d’initiative populaire, on pourrait poser la question de savoir s’il est nécessaire qu’ils financent par leurs impôts des organes qui ne correspondent pas aux exigences minimales d’un service public audiovisuel : impératif de qualité, devoir d’éducation du public, neutralité politique. On pourrait mettre fin à ce scandale !

 

20 septembre 2021

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