2029 : déjà dix ans de Brexit réussi et cinq ans pour la nouvelle Confédération européenne

Fiction politique : Partie 1

Démentant toutes les Pythies, Boris Johnson avait réussi son Brexit. Et cela avait tellement fissuré le Système bruxellois que la conjonction de cet événement avec la montée des légitimes colères démocratiques (qualifiées, de façon diffamatoire, de « populistes ») et l’occurrence ukrainienne fit que le nombre de pays, d’accord pour faire table rase du « Système » et pour recommencer la réflexion sur l’essence de l’Europe, devint très largement supérieur à ceux qui voulurent le conserver (Luxembourg, notamment, et l’Albanie, adhérente en 2021).

Bojo célèbre aussi le dixième anniversaire de son poste de Premier ministre, qu’il s’apprête à quitter pour se consacrer à la visite de la France à vélo avec sa compagne Carrie Symonds.

Tout le monde l’a oublié, mais tout avait commencé en août 2019, en Irlande du Nord. L’affaire était simple : les Irlandais du Nord ne voulaient pas d’une absorption par l’Eire mais ils voulaient conserver grosso modo les avantages du système existant. Quant à ceux du Sud, s’ils gardaient dans leur cœur l’idée d’une réunification, la crainte d’un rétablissement concret de la frontière les conduisit à ratifier l’accord transfrontalier irlandais. Bruxelles objecta faiblement que cet accord transgressait les règles de l’Union européenne, mais sa crainte d’être accusée de bloquer le processus la fit céder. Pour les personnes : les Irlandais du Sud purent continuer à bénéficier de la libre circulation, et pour les Irlandais du Nord, une carte d’identité spéciale leur fut délivrée par les autorités nord-irlandaises. Tout le monde ferma les yeux sur cet accord entre les polices des deux entités. Quant aux non-Irlandais non européens, il furent assujettis à l’obligation d’un visa pour entrer en Ulster.

S’agissant des produits, ils purent, du fait d’un accord insulaire inter-douanes, continuer, comme avant, à passer, sans quota, la frontière (sur certificat d’origine et de conformité) avec enregistrement administratif des firmes opératrices et documents électro-magnétiques.

Les négociations les plus longues furent sur les questions fiscales : elles durèrent deux mois. Là encore, les services douaniers insulaires s’entendirent car les relations humaines était devenues banales entre les deux Irlandes : les procédures et les taxes demeurèrent identiques, mais les produits chinois qui auraient tenté de s’infiltrer furent soumis aux mêmes surtaxes que celles que les USA, le Royaume-Uni et une soixantaine d’autres pays avaient imposées pour se protéger des produits à bas coût venus des « camps de concentration communistes ».

Les Pays-Bas, toujours pratiques – vite imités par le Danemark, puis la Belgique -, demandèrent à bénéficier eux aussi d’accords bilatéraux analogues. Bruxelles perdait la main. En 2022, Macron avait été battu dès le premier tour et le nouveau gouvernement avait compris que la situation de la France était intenable. Le chaos du no deal français avait failli ruiner Euro-tunnel et les agriculteurs français étaient parvenus à vidanger 900 tonnes de lisier, rue du Faubourg-Saint-Honoré, en plein mois d’août.

À suivre…

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