HLM : Marine Le Pen veut refonder un système à bout de souffle

Face à l'échec de la politique des logements sociaux, le RN veut réinventer un dispositif jugé coûteux et clientéliste.
https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/b/ba/Martigues_%E2%80%94_HLM%2C_place_Auguste_Renoir_%28quartier_de_Ferri%C3%A8res%29.jpg?utm_source=commons.wikimedia.org&utm_campaign=index&utm_content=thumbnail_unscaled&_=20080805070702
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Le logement social est devenu l’un des nouveaux thèmes de la campagne présidentielle grâce à Marine Le Pen. À Hénin-Beaumont, ce 13 septembre, la candidate a ainsi placé cette question parmi les grands chantiers de son éventuel quinquennat. La députée du Rassemblement national veut notamment abroger la loi relative à la solidarité et au renouvellement urbain, dite loi SRU, pour la « réinventer » et, notamment, appliquer la « priorité nationale » à l’accès au logement social, une proposition qui entend alors répondre à une crise bien réelle.

Une réforme qui vise d’abord la loi SRU

Adoptée le 13 décembre 2000, la loi SRU a profondément modifié la politique française du logement. Son article 55 impose notamment à certaines communes des grandes agglomérations de disposer d’une proportion minimale de logements sociaux. L’objectif, fixé selon les territoires à 20 ou 25 % des résidences principales, doit alors favoriser une répartition plus équilibrée du parc social. Les communes ne respectant pas leurs obligations peuvent être soumises à des prélèvements financiers. Marine Le Pen considère que ce mécanisme réduit excessivement la liberté des maires et produit une politique du logement trop administrative. À Hénin-Beaumont, elle a annoncé vouloir abroger « purement et simplement » la loi SRU, dénonçant notamment les pénalités infligées aux communes qui n’atteignent pas les objectifs fixés, mais aussi le clientélisme dans l’attribution des logements sociaux. Ce dernier désigne le fait qu’un élu puisse influencer l’attribution des logements sociaux pour favoriser des individus qui deviendraient ainsi un soutien politique.

Néanmoins, la disparition de la loi SRU ne signifierait pas la disparition des HLM et de la politique du logement. Marine Le Pen affirme, au contraire, vouloir « réinventer le logement social », estimant que « tout notre système est devenu un gigantesque gâchis, un grand empilement administratif qui a pour résultat d’empiler des humains, un parc immobilier qui aboutit au parcage, une machine à ghettoïser, un tonneau des Danaïdes où l’irresponsabilité règne au détriment des locataires eux-mêmes ». Selon elle, le système est devenu « coûteux, clientéliste, injuste et rigide ». Elle estime surtout que le logement social ne remplit plus suffisamment sa fonction première, celle d’aider les familles françaises confrontées à des difficultés de logement, et défend donc une « priorité » accordée aux Français.

D’une œuvre philanthropique aux HLM

Le logement social n’est pourtant pas né avec la loi SRU. Ses racines remontent au XIXe siècle, lorsque l’industrialisation et l’urbanisation font apparaître la question sociale : comment loger dignement les ouvriers dans des villes ? Dès la première moitié du XIXe, des industriels et des organisations philanthropiques commencent à construire des logements destinés aux travailleurs. La loi du 13 avril 1850 donne ensuite à la puissance publique de premiers moyens afin d’agir notamment contre l’insalubrité des logements. Mais c’est surtout la loi du 30 novembre 1894, dite loi Siegfried, qui donne un véritable cadre aux habitations à bon marché (HBM), avant que le mouvement ne prenne progressivement de l’ampleur. Après la Première Guerre mondiale, les textes se multiplieront encore et encore, permettant ainsi à l’État de devenir un acteur toujours plus important d’une politique qui était auparavant largement portée par le privé.

La véritable transformation intervient après la Seconde Guerre mondiale. La France doit reconstruire des villes détruites, répondre à l’exode rural et accompagner une croissance démographique rapide. La loi du 1er septembre 1948 réorganise ainsi le marché du logement et crée notamment l’allocation de logement. Deux ans plus tard, la loi du 21 juillet 1950 transforme officiellement les HBM en HLM. L’État engage alors une politique de construction massive. Le plan Courant de 1953 fixe l’objectif de 240.000 logements construits chaque année pendant cinq ans. Les grands ensembles apparaissent et se multiplient dans les années 1950 et 1960. Plus d’un tiers des logements sociaux encore en service aujourd’hui ont d’ailleurs été construits entre 1960 et 1975. Ce modèle permet de loger rapidement des millions de Français, mais certaines de ces cités concentreront progressivement pauvreté et communautarisme.

Un système arrivé à saturation

Aujourd’hui, le parc social français n’a jamais été aussi important, avec 5,4 millions de logements locatifs sociaux au 1er janvier 2025. Pourtant, la demande n’a jamais été aussi forte : 2,87 millions de ménages étaient en attente d’un logement social, au 30 juin 2025. Dans le même temps, la construction ne progresse pas au rythme nécessaire et les organismes HLM font face à des contraintes financières croissantes. Dans ces conditions, la question de la priorité devient inévitable. Ce qui est rare est précieux, telle est la loi du marché, et la citoyenneté française, l’exemplarité semblent être le prix à payer, pour Marine Le Pen. Le droit français prévoit déjà des catégories prioritaires. La candidate du RN entend ainsi juste y ajouter la nationalité, au nom de la priorité nationale. Dans une période marquée à la fois par la pénurie de logements, l’explosion de la demande et les contraintes budgétaires de l’État, le RN estime ainsi légitime que la solidarité financée par la collectivité bénéficie en priorité à ses propres citoyens. Cependant, bien des obstacles juridiques et politiques devront toutefois être affrontés pour mener cet objectif à son terme.

L’histoire des HBM et des HLM rappelle finalement que le logement social est né pour répondre à une pénurie et protéger les populations les plus modestes. S’il est devenu aujourd’hui coûteux et clientéliste, il y a urgence à le repenser.

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Eric de Mascureau
Chroniqueur BV- Histoire, patrimoine, culture

Vos commentaires

45 commentaires

  1. « Cependant, bien des obstacles juridiques et politiques devront toutefois être affrontés pour mener cet objectif à son terme. »
    Lesquels ?
    Et quelles solutions Marine Le Pen propose-t-elle?
    Ou bien est-ce de la com?
    Je préfère de loin Sarah Knafo et Reconquête : jamais elle n’expose un problème sans proposer aussitôt la solution.
    Le RN veut-il vraiment le pouvoir ?

  2. A knyr…les bras m’en tombent. Asselineau : la prétention incarnée, l’égo surdimensionné. Ce personnage a refusé de s’allier aux autres souverainistes..la  » grosse tête »,. Quant à Zemmour, pas de commentaire…

  3. Etonnamment les fausses solutions communistes à de vrais problèmes finissent toujours par échouer.
    Alors Marine propose de réformer une politique communiste en espérant que cela fonctionnera mieux.
    Le communisme ne se réforme pas, il se combat.
    L’état ne doit pas construire ou gérer un parc immobilier, il doit créer les conditions permettant aux personnes d’avoir un logement décent pour un prix accessible fourni par des entreprises privées.

    • Oui ! Je serais d’accord avec vous ,car, dans le meilleur des mondes cela devrait être comme cela .Mais nous avons un parc immobilier qui est là, déjà construit ,
      Comment fait on avec cette réalité.? Je suis d’accord avec le RN qu’il faille réformer le’logement social. Il est juste et normal que celui ci revienne d’abord aux nationaux et non aux étrangers pour produire ce que nous constatons aujourd’hui : des départements totalement acquis à la gauche par le clientélisme de attribution des logements sociaux destinés à des gens qui souvent ne sont pas français . Cela crée ,de plus ,le communautarisme et aggrave même celui ci par le fait que les français, même modestes ,ne veulent pas vivre au milieux de gens qui sont étrangers pour la plupart ‘

  4. Marine a raison mais bonjour la difficulté pour la priorité aux vrais Français pas ceux de papier…. et aussi d »placer les nantis du pouvoir actuel qui sont dans des HLM.

  5. J’ignore s’il existe des « révisions » de cas: on entend parfois, ici ou là que des gens installés en HLM y restent alors que leurs moyens ne les classent plus dans les catégories permettant l’accès. Il me semble y avoir là un premier levier sur lequel peser. La loi SRU me semble une aberration, surtout dans les campagnes et face au Zéro Artificialisation Nette voulu par certains. Encore un exemple de cas ou nos gouvernants se tirent des balles dans le pied!

  6. Il en va des HLM comme d’autres choses attribuées en priorité aux nouveaux venus , les autochtones passant ensuite . Et il arrive 500 000 nouveaux venus par an . Ce sytème ne peut qu’exploser , financièrement et socialement .

  7. Encore une preuve de plus que Marine Lepen a deux guerres de retard . Avec les naturalisations et le droit du sol sans compter la mainmise des gangs de dealers sur ces cités HLM , aucun français de souche européenne ne tiendra plus de 72 heures dans ces enfers urbains … ! Sans politique de remigration massive , sa politique de préférence nationale ne changera quasiment rien dans les cités HLM des grandes villes …
    Encore une raison de plus de voter pour Eric Zemmour ou François Asselineau …car aucune de ces politiques preferentielles ne sera possible si on reste dans l’Europe .

  8. Expulsions en masse et on retrouverait des logements pour ceux qui les méritent , tout est découlement , idem pour les économies sur le social , les places de prison et j’en passe , quand on remonte le filon , tous nos problèmes viennent de l’immigration incontrôlée depuis plus de 50 ans ; si Marine passe et qu’elle ne commence pas par là , ça sera peine perdue même au bout de 5 ans , de plus virer ceux qui sont à la tête du conseil constitutionnel et conseil d’Etat + Cour des comptes simplement pour faire appliquer des lois patriotiques dont certaines existent déjà

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