« Les Républicains sont dans un état pitoyable »

Nicolas Bay, secrétaire général du Front national et député européen, réagit à l’élection de Laurent Wauquiez et aux propos de Nadine Morano et de Patrick Buisson.

Comment se porte le Front national en ce moment ?

Le Front national va bien. Il mène un travail à la fois de réflexion et de refondation. C’est parfaitement légitime après un cycle électoral aussi dense que celui que nous avons connu.
Le parti vient de vivre un changement de dimension avec 11 millions de voix obtenues à la Présidentielle. Cela justifie de tenir compte de notre mission pour les prochaines années. Il s’agit non seulement de mener une opposition solide face à Emmanuel Macron, ce que personne ne fera à notre place et certainement pas Les Républicains, mais aussi de réfléchir sur les aspects de notre projet, et notamment ceux sur lesquels nous avons moins convaincu.
Toute cette dynamique vise à être encore plus rassembleur et attractif pour demain. Il nous faut par exemple montrer toute la pertinence de notre projet économique et qu’une combinaison d’un Etat protecteur qui assume ses fonctions fondamentales, et de la liberté d’entreprendre est possible. On peut citer aussi notre solution pour l’Europe. Il est nécessaire de construire un projet alter-européen. Nous ne sommes pas hostiles à l’Europe, mais à l’Union européenne. Nous sommes très critiques sur le fonctionnement de l’Union européenne. Elle est antidémocratique et ses orientations politiques sont désastreuses. Nous sommes résolus à soutenir un autre projet avec une Europe des identités, de la liberté, de la sécurité et de la prospérité.

Lors de l’élection de Laurent Wauquiez à la présidence des Républicains deux phrases nous reviennent en tête. Tout d’abord, celle de Nadine Morano qui disait que c’était la fin du Front national. Et puis celle de Patrick Buisson qui disait que les Républicains n’avaient plus qu’à « plumer la volaille Front national ».
Quelles réflexions vous inspirent-elles ?

A de très nombreuses reprises, nous avons entendu les Républicains fanfaronner. Aujourd’hui, ils sont vraiment dans un état pitoyable. Ils ont en leur sein toutes les nuances du macronisme, depuis ceux qui sont au gouvernement à commencer par le Premier ministre qui est issu de leurs rangs, ceux qui sont à l’extérieur et qui espèrent y entrer comme monsieur Solère, et enfin ceux qui sont autour de Laurent Wauquiez et qui ne savent même pas pourquoi ils pourraient s’opposer à Emmanuel Macron et à sa politique parce qu’ils sont d’accord sur tout.
Laurent Wauquiez est dans une posture totalement insincère. Il a commencé sa carrière politique avec Jacques Barrot qui était commissaire européen, mondialiste, ultralibéral et centriste. Aujourd’hui, Laurent Wauquiez essaye de parler un peu comme le Front national. Mais son discours sonne faux. On sent bien que tout cela ne correspond pas à des convictions profondes chez lui. Les électeurs ne sont pas dupes, car Nicolas Sarkozy leur a déjà fait le coup.

Le Front national a plusieurs affaires en cours, et il y a aussi le problème des banques.
Diriez-vous qu’il y a une sorte d’acharnement contre vous ?

Il y a évidemment une volonté de porter des mauvais coups au Front national. Nous faisons l’objet d’accusations totalement infondées. Nous avons respecté la loi et les règles. Nous aurons l’occasion de le montrer lors de ces procédures.
Aujourd’hui, nous faisons l’objet de procédures de la part d’adversaires politiques, que ce soit par le parlement européen dont l’ancien président socialiste Martin Schulz avait initié ces procédures, ou sur le financement de nos campagnes électorales. Toutes les règles légales ont été parfaitement respectées. On essaye de faire naître des soupçons à notre égard sur un soi-disant non-respect des dispositions légales.

Le Front national serait-il prêt à discuter d’alliances avec les partis de droite et Les Républicains notamment ?

Nous sommes prêts à nous unir, à rassembler, à fédérer, à organiser des partenariats avec tous les hommes et les femmes de bonne volonté qui partagent notre projet.
Il ne s’agit pas en revanche de bâtir des alliances de circonstances à visée purement électorale, des combinaisons comme elles existaient sous la IVe République. Nous n’avons pas l’intention de discuter avec Les Républicains en tant que parti, alors qu’ils défendent des idées qui sont à l’opposé des nôtres. Lorsqu’ils sont au pouvoir, ils gouvernent comme la gauche!
Nous tendrons la main et sommes prêts à des partenariats. C’est la condition sine qua non pour faire gagner nos idées. Mais nous ne sommes pas des boutiquiers, nous ne combattons pas pour une structure ou une organisation en particulier, même quand on y est attaché. Nous nous battons pour la France et les Français.

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