Le Puy du Fou n’était pas un acte de business mais un acte d’amour de la Vendée et de la France !

Avec son dernier livre Puy du Fou, un rêve d’enfance (Éditions du Rocher), Philippe de Villiers est lauréat du 20e prix Combourg-Chateaubriand. Il revient sur les raisons du succès de cette magnifique aventure au micro de Boulevard Voltaire.

Un jeune énarque tombe par hasard sur un château en ruines en Vendée. 40 ans plus tard, le Puy du Fou est reconnu comme meilleur parc d’attractions au monde. C’est cette saga que vous racontez dans votre livre.
À quoi attribuez-vous le succès du Puy du Fou ?

La première raison est la fidélité à nos valeurs. Il n’y a pas de droit d’auteur, pas d’actionnaire, pas de subvention et pas de brevet extérieur.
La seconde est que Le Puy du Fou a gardé son feu créatif. Aujourd’hui sur 260 savoir-faire du spectacle vivant au monde selon le syndicat mondial, 63 savoir-faire mettent Le Puy du Fou sur la 1e marche du podium olympique.
Et la troisième raison, et sans doute la plus importante, est que l’idée ne s’est pas abîmée.
Ce n’est pas un acte de business, mais un acte d’amour de la Vendée et de la France.

Vous disiez que le Puy du Fou était un rêve d’enfant. Comment un enfant peut-il rêver d’avoir ce parc unique au monde ?

Mon rêve était d’écrire un hymne et un Requiem. Un hymne, parce que je ressentais comme une urgence intime d’exprimer mon devoir de gratitude pour une enfance heureuse. J’avais l’impression de m’être endetté à vie. Je voulais payer cette dette et je l’ai payée en lumière, en nature en quelque sorte.
Un hymne à la Vendée pastorale, processionnelle, triomphale, la Vendée de toutes ses mélodies qui montaient à mes persiennes, le coq, l’enclume et l’Angélus.
J’étais un petit gars qui courait la campagne et qui cueillait sans le savoir des fleurs de civilisation. Il y avait également une deuxième urgence intime, le devoir de réparation de l’injustice faite à la Vendée. Je ne supportais pas la victoire posthume de Robespierre. Vous connaissez sans doute la phrase « il faut qu’à la suite des temps, les Vendéens soient tenus pour responsable du mal que nous leur faisons ».
300.000 morts n’ont pas eu de sépulture. J’ai voulu leur faire une sépulture officielle. Voilà les raisons du succès du Puy du Fou.
J’ajouterais une autre raison plus récente qui est venue se greffer là-dessus. Dans une société désaffiliée, desinstituée et déracinée, une société nomade et liquide, on cherche du solide et des racines. Il y a vrai besoin d’enracinement. Le Puy du Fou est la réponse au mémoricide français. C’est une source d’eau vive qui vient étancher les soifs des mémoires en manque et des âmes appelantes et palpitantes.

Le petit vendéen a eu une carrière nationale. Au moment où vous vous êtes retiré de la vie politique, nous avons senti que tous vos derniers combats ont été pour la Vendée, entre l’aéroport de Notre Dame des Landes, les éoliennes et Le Puy du Fou.
Est-ce un besoin à la fin de votre carrière politique de revenir à vos racines vendéennes et de vous battre davantage pour la Vendée que pour la  France ?

Je pense que lorsqu’on est minoritaire sur le plan national dans une démocratie gouvernée par la loi de la majorité, l’urgence est de recréer ce que Soljenitsyne avait appelé devant moi des lieux de dissidences pour favoriser l’indépendance d’esprit.
Je me souviens avoir eu cette devise que je garde aujourd’hui encore: « une société se sauve non pas par des mises en garde, mais par des réalisations qu’on accroche à contre-pente ».
Je rêvais donc de revenir à mes premières amours, au Puy du Fou. C’est ce que j’ai fait en profitant de la présence de mon fils et de Laurent Albert, notre directeur général, pour booster cette œuvre et la porter au premier rang.

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