PMA-GPA

PMA et euthanasie : deux éléments d’une même mutation

Médecin

Médecin urgentiste et généraliste

 

Ces deux pratiques, telles que l’actualité nous les a présentées récemment, ne sont pas à considérer de manière isolée, mais comme deux éléments symboliques et significatifs d’un changement de société.

La PMA pour toutes les femmes, que le gouvernement veut imposer en France, en utilisant le mauvais prétexte de l’égalité entre les femmes riches et celles qui n’ont pas les moyens d’aller se faire inséminer à l’étranger, n’est que l’amorce d’une révolution dans la conception et l’élevage des enfants.

En abandonnant le principe de la reproduction sexuée mâle/femelle comme fondement de la procréation, nous amorçons notre séparation avec une ligne de conduite issue de millénaires d’évolution naturelle.

Certes, il faut encore un spermatozoïde pour féconder un ovule, mais on sait déjà se passer de la présence physique du géniteur mâle ; bientôt, nous devrions même pouvoir nous passer de ses gènes et utiliser à la place ceux d’un autre ovule. Cette perspective, si elle réjouit les couples lesbiens, ne pourra que désavantager les homosexuels mâles par rapport à leurs homologues féminins, car ils devront, pour satisfaire leur désir de paternité, toujours avoir recours à une location d’utérus. Gageons que c’est un argument que sauront utiliser les partisans de la GPA pour légitimer et légaliser cette pratique esclavagiste au nom de l’égalité mâle/femelle. Viendra ensuite l’utérus artificiel, qui mettra tout le monde sur un pied d’égalité en confiant la gestation du fœtus à une machine et en le privant ainsi de toute influence maternelle pendant les neuf mois de l’osmose gestationnelle mère-enfant.

En ce qui concerne l’euthanasie, il faut rappeler que le suicide n’a jamais été pénalisé, ne serait-ce que parce qu’il est difficile de punir un défunt, mais le recours à une aide est toujours répréhensible. Autoriser l’euthanasie, c’est aussi désigner un officiant mandaté pour pratiquer cet acte, ce qui l’authentifie et le situe au même rang que d’autres pratiques sociales. Mais pourquoi vouloir médicaliser cet acte ? On peut parfaitement ôter la vie par un tout autre moyen que par un acte médical !

On peut, bien sûr, concevoir que dans son désir de suicide, le malheureux préfère une injection ou une potion létale pour l’endormir à jamais plutôt qu’un moyen tout aussi radical mais susceptible d’altérer son intégrité physique et peut-être de le faire souffrir un peu plus. Mais cela ne modifie en rien le fond du problème.

Il serait souhaitable que les partisans de l’euthanasie envisagent aussi de créer un corps d’exécuteurs et laissent les médecins à l’écart de cette procédure.

Ces deux pratiques auxquelles on habitue progressivement l’opinion publique en les banalisant sont les deux symptômes visibles d’un changement sociétal profond, que des esprits à la culture hors-sol voudraient nous imposer, nous entraînant vers une société aseptisée et formatée dont les normes encore mal définies sont dénuées de tout humanisme.

Médecin urgentiste et généraliste

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