Editoriaux - International - Médias - Santé - Société - Table - 10 juillet 2018

France Info ou Sanofi , où est l’intox ?

Le site de France Info nous apprenait, hier, que « l’usine Sanofi qui fabrique la Dépakine à Mourenx émet des rejets toxiques bien au-delà des normes […] jusqu’à 190.000 fois la norme autorisée de bromopropane, une substance inodore mais classée comme cancérigène mutagène et avec des effets susceptibles d’altérer la fécondité ». Et le bromopropane n’est pas seul sur la sellette : « Cinq polluants qui peuvent aggraver les phénomènes de pollution atmosphérique et provoquer des problèmes respiratoires chez les habitants sont dans le collimateur. » Comme les banales berlines allemandes, en quelque sorte… Mais, visiblement, France Info tient le scoop de l’année, et France nature environnement une occasion de rappeler son existence en portant plainte.

Dans la journée, divers médias vont pourtant préciser les choses. Et si, curieusement, la forme reste alarmiste, le fond rassure. D’abord c’est la Sanofi elle-même qui a informé les autorités du dysfonctionnement. Ensuite, elle a pris la décision de fermer l’usine le temps des travaux. Enfin, et surtout, personne ne présente le moindre symptôme d’intoxication, aussi bien dans l’usine qu’au voisinage. En résumé, un incident bien géré et qui n’a fait de mal à personne.

Les mots « toxique », « polluant » ou « cancérigène » doivent, en ces temps de principe de précaution, être interprétés avec un minimum de méfiance. Le Centre international de recherche sur le cancer classe, ainsi, « peut-être cancérigène pour l’homme » : le café, les légumes au vinaigre, la laine de verre, les vapeurs d’essence et les téléphones portables. Il ne manque plus qu’un raton-laveur, mais… on n’est jamais trop prudent.

Mais on est bien content d’apprendre que Mourenx ne sera pas un nouveau Seveso, nom que les médias ont injecté dans le catalogue de l’horreur de notre inconscient collectif entre Tchernobyl et Hiroshima. Les pertes humaines de la « catastrophe de Seveso » peuvent se trouver aujourd’hui sur Wikipédia : « Le bilan exact sera connu sept ans plus tard, au moment de l’ouverture du procès des responsables des différentes sociétés incriminées. 193 personnes, soit 0,6 % des habitants de la zone concernée, ont été atteintes de chloracné, essentiellement des enfants. Aucune n’est décédée, un petit nombre seulement a gardé des séquelles. La moyenne des cancers et des malformations fœtales n’a pas augmenté de manière significative. La seule victime indirecte fut Paolo Paoletti, le directeur de l’usine, qui a été assassiné par Prima Linea, groupe proche des Brigades rouges, le 5 février 1980. »

Le directeur de Mourenx sait ce qu’il lui reste à faire…

Enfin, attendez-vous à un autre scoop dans quelques semaines : « Faute de Dépakine, des milliers d’épileptiques sans traitement ! Mais que fait la Sanofi ? »

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