Donald Trump veut mettre fin à la discrimination positive pour l’accès aux universités

Donald Trump entendrait demander aux écoles de ne plus tenir compte des critères raciaux dans leurs politiques d’admission. Autrement dit, il mettrait fin à la discrimination positive. Cette décision n’est sans doute pas sans rapport avec la volonté d’abroger les directives d’Obama visant à promouvoir la diversité, ni avec la proximité des élections de mi-mandat. Il n’empêche que, sur le fond, il a raison.

Dès son origine, l’Affirmative Action, comme on la nomme aux États-Unis, censée favoriser l’accès des étudiants issus des minorités ethniques à l’enseignement supérieur, a été contestée par une majorité de la population blanche. Moins pour des raisons raciales que parce qu’elle leur semblait injuste, en privilégiant des critères ethniques sur les critères de mérite. Certaines personnalités noires, elles-mêmes, lui reprochent de faire apparaître les Noirs comme naturellement inférieurs aux Blancs.

La discrimination positive est une politique visant à avantager un groupe de personnes, considérées comme lésées du fait de leur appartenance ethnique ou de leur sexe. L’État français se refuse à reconnaître les termes de « race » ou d’« origine ethnique » afin de ne pas contrevenir à l’article 1 de la Constitution selon lequel « [la France] assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion ». Alors, il utilise des biais pour traiter différemment des catégories tenues pour défavorisées.

En instaurant, en 1981, les zones d’éducation prioritaires (ZEP), le gouvernement a mis en place une politique de discrimination positive. Il ne faisait pas référence à l’origine immigrée d’une grande partie de la population concernée : seules les inégalités territoriales, en matière culturelle, sociale et économique, étaient prises en compte. À en voir les résultats, il n’est pas certain que cette politique dispendieuse ait porté ses fruits.

La réforme de la procédure d’admission à l’Institut d’études politiques de Paris, instaurée en 2001 par Richard Descoings, permet à certains élèves de ZEP, par la voie d’un concours spécifique, d’accéder à la prestigieuse école parisienne. Officiellement, il s’agit d’ouvrir l’école à d’autres étudiants que ceux issus des catégories sociales supérieures : dans la pratique, à la « diversité », comme on dit aujourd’hui. Dans la même ligne, la proposition de Jean-Louis Borloo de créer un concours de la fonction publique réservé aux jeunes des quartiers défavorisés.

On pourrait en dire autant du système de quotas, introduit dans les affectations dans l’enseignement supérieur, y compris par la procédure de Parcoursup. Ainsi, certaines filières, comme les BTS, doivent-elles obligatoirement accueillir un pourcentage d’élèves issus de lycées professionnels – où la « diversité » est abondante. Comme si les élèves méritants de ces établissements avaient besoin qu’on leur fît la courte échelle. Cette mesure n’est pas profitable aux élèves médiocres, mais se fait au détriment d’autres élèves.

Cette épidémie de discrimination positive touche autant la droite que la gauche. La droite, au nom de l’équité, y trouve un moyen de paraître sensible aux questions sociales. La gauche, au nom de l’égalité, juge normal de prendre en compte les conditions sociales de chacun. En fait, ces politiques traduisent, voire déguisent, un échec : l’incapacité de mettre en œuvre une juste méritocratie qui reconnaisse et promeuve les talents de chacun, quel que soit son milieu d’origine.

Pour masquer son impuissance, on a inventé la discrimination positive, qui est la plus hypocrite des discriminations.

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