« Loi Bétharram » : la droite empêche LFI de mener sa croisade contre l’enseignement privé

La vigilance des élus de droite a déjoué les plans de l’extrême gauche tout en permettant le vote de ce texte.
@Taylor Flowe-Unsplash
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Ce 1er juin, peu avant minuit, les députés ont voté à l’unanimité (187 voix pour, 0 contre) la proposition de loi visant à mieux protéger les enfants contre les violences à l’école et dans le périscolaire. Au cours des débats, les députés LFI ont tenté de profiter du texte pour s’en prendre à l’enseignement privé sous contrat. C’était sans compter sur la vigilance des élus de droite qui ont réussi à déjouer les plans de l’extrême gauche tout en permettant le vote de ce texte.

Protéger les enfants

La proposition de loi, qui doit désormais être étudiée par le Sénat, prévoit de renforcer les contrôles auprès des intervenants susceptibles d’être en contact avec des enfants dans les écoles et le milieu périscolaire. Désormais, un adulte, bien que non condamné ou sanctionné, pourrait être écarté de manière préventive s’il « existe des raisons très sérieuses de penser qu’il présente un risque pour les enfants ». D’autre part, toute personne révoquée de l’Éducation nationale pour cause de comportement dangereux avec des mineurs sera fichée sur une « liste noire », consultable par les différentes directions. Une mesure qui devrait permettre d’empêcher toute forme de réemploi de ces intervenants au sein d’une école ou d’un milieu périscolaire. Une autre disposition du texte prévoit l'obligation, au moment du recrutement, puis tous les trois ans, de présenter un « certificat d’honorabilité » pour les individus au contact des élèves, notamment dans le périscolaire.

L’objectif affiché : « que plus jamais des enfants ne soient maltraités ou violentés dans des établissements par des adultes censés les éduquer et les protéger ».

Le « cheval de Troie » des Insoumis

Si l’ensemble de ces mesures a recueilli un soutien unanime des députés présents dans l’Hémicycle, les derniers articles du texte, qui visaient quant à eux explicitement l’enseignement privé sous contrat, ont fait l’objet de vifs débats. L’un des articles prévoyait ainsi de soumettre les prêtres à une obligation de dénoncer les actes de pédocriminalité entendus dans le confessionnal, une violation du droit canonique. Un autre article entendait imposer un contrôle a minima tous les cinq ans aux établissements privés, avec des « sanctions administratives graduées en cas de manquement », de la « mise en demeure » à la « fermeture de l’établissement ». « Une logique de contrôle systématique et particulièrement intrusive, de nature à porter atteinte à la liberté de l’enseignement », déplore Frédérique Meunier, députée de la droite républicaine.

Quelques instants avant le vote, Roger Chudeau, député du Rassemblement national, n’a pas manqué de pointer du doigt les intentions de l'extrême gauche qui plébiscitait le vote de ces trois derniers articles. « Protéger les enfants contre les violences en milieu scolaire, oui. Mais détourner cette cause pour attaquer l'enseignement privé, c'est non, déclare l’élu du Loir-et-Cher. L’extrême gauche se sert de ce texte comme d'un cheval de Troie pour mener sa croisade contre l'enseignement privé catholique, accusé de tous les maux. » « Nous défendons la liberté de l'enseignement et le caractère propre des établissements privés sous contrat », a-t-il ensuite rappelé. « La protection de l’enfance ne doit pas servir de prétexte à une remise en cause déguisée de la liberté de l’enseignement », a, de son côté, souligné Maxime Michelet, député UDR.

Face aux articles en cause, la droite a déposé de nombreux amendements pour empêcher de telles remises en cause. Une stratégie payante qui a permis d’écarter les articles controversés. Au sortir de l’Hémicycle, Thierry Tesson, député RN du Nord, se dit soulagé : « Grâce à notre mobilisation, nous avons réussi à supprimer les mesures liberticides tout en votant la loi ! »

Monseigneur Matthieu Rougé, évêque de Nanterre, s'est dit, ce 2 juin, « heureux » que ce texte ait été adopté pour garantir la protection des mineurs. Au micro de France Info, l'ecclésiastique poursuit : « Ce sujet [le secret de la confession, NDLR] s’était invité de manière un peu parasite [...]. Ce n'était pas vraiment le sujet du texte de loi. Le maintien du secret de la confession peut être un moyen de libération de la parole. » La vigilance reste toujours de mise pour Pascale Morinière, présidente de la Confédération nationale des associations familiales catholiques (AFC). Elle craint que, désormais, « sous couvert de la lutte contre les violences faites aux enfants, [ce texte] porte atteinte à la liberté d’enseignement, jusqu’à estomper le "caractère propre" des établissements libres, essentiellement catholiques ».

Picture of Clémence de Longraye
Clémence de Longraye
Journaliste à BV

Vos commentaires

23 commentaires

  1. De toute façon l’épiscopat parisien a trahi depuis longtemps et collabore à la ruine ou la pression normative et financière que les anti-cléricaux imposent aux lycées catholiques . Ils ont ainsi teansformé Rocroy Saint Léon en veritable sous-marin anti-feu alors que dans le lycée Condorcet les rembardes d’escalier étaient si basses que des élèves y basculaient et leur décès était maquillé en suicide …Voilà l’ignominie républicaine en action .

  2. Cette loi « Betharram » porte très bien son nom tant le scandale qui a entouré cette institution catholique a particulièrement marqué l’ensemble des Français.
    On se souvient notamment des mensonges éhontés de François Bayrou qui était au courant de tout depuis le début.
    L’omerta autour des actes de violences et d’agressions sexuelles dans ces institutions aura duré trop longtemps.
    Il est temps de faire le ménage.
    Mais combien de vies détruites ?

    Ma femme et moi avons toujours choisi de scolariser nos enfants en établissements catholiques, pensant les confier à des personnes responsables et au-dessus de toute suspicion.
    Ces derniers ont heureusement échappé à ce que beaucoup d’autres ont subi.
    Comment imaginer qu’un prêtre puisse se livrer à des actes aussi ignobles qui détruisent définitivement la vie d’enfants ou d’adolescents en pleine construction psychologique et physique ?

    Récemment, un ecclésiastique confiait sur un plateau télé que notre religion imposait désormais aux prêtres de dépasser la confidentialité de la confession pour signaler tout prêtre qui s’avoue coupable d’actes délictueux.
    C’est une évolution qu’il faut saluer car nul n’est aussi des lois.

    Cette loi concerne évidemment l’ensemble des établissements (publics et privés) et nous espérons qu’il n’y ait aucune impunité dans les 2 cas.

  3. Un criminel irait-il  » confesser » ses crimes ? Un Petiot, un Fourniret etc LFI-Louis Sarkozy parlent de ce qu’ils connaissent ? Le Sarko junior, influenceur, aurait, dit-on, crée une ligne de mocassins… Voilà ce qui permet à ce M. de se répandre sur les ondes ? Décadence là encore ( avec toujours de nobles alibis-prétextes afin de mettre en place leurs idéologies ).

  4. Garantir la securité des mineurs, garantir surtout l’islamisation forcé dans les ecoles, privées publiques tous courbent l’echine a la moindre occasion. Amplepluis dans le Rhone la kermesse organisée par le Sou des écoles publiques propose une paella halal, si tu n’as pas envie de manger halal tant pis pour toi, ou est la neutralité dans les ecoles publiques ? Ce sont des ecoles publiques musulmanes ?

    • Étonnant que vous ne fassiez l’objet censure !
      Oser citer les écoles musulmanes !
      En tout état de cause, votre analyse est tristement réelle ! Une majorité qui se soumet à une minorité qui impose son dicta religieux.

  5. Ils vivaient dans une grotte à Paris ou quoi? Je travaille au contact de très jeunes enfants. La direction nous demande un certificat d’honorabilité tous les 6 mois, depuis longtemps. Quant à la fameuse liste noire, encore faudrait il que les personnes qui recrutent pensent à les consulter. Ce n’est jamais fait.

  6. Si la gauche virulente dans l’affaire Betharram l’était tout autant dans le scandale des périscolaires publics parisiens cela me réconforterait. Mais à son habitude son sectarisme est à la manœuvre pour détourner la vérité.

      • Façon très habile d’absorber les quelques remparts idéologiques.
        Ce qu’ils n’ont pas obtenus par la force il y à des centaines d’années , ils vont y parvenir par la complicité d’ irresponsables politiques , et en douceur, par le sentiment de culpabilité. L’un de leurs adepte, me disait un jour,je cite : »ce n’est pas par la violence que nous gagnerons, mais par le ventre des femmes »! Il avait raison.

    • et pour compléter le tableau lamentable de l’enseignement catholique « associé » au service public de l’enseignement :
      – des évêques qui n’exercent plus la tutelle sur celui-ci alors que par définition (Magistère), c’est à la fois une compétence et un devoir qui s’imposent en eux ; de vrais « bonnets d’âne en guise de mitre ;
      – des enseignants « recrutés » par des directeurs qui ferment leurs yeux sur leurs convictions, autrement dit s’opposent à ce qui fait le caractère propre de l’enseignement catholique ;
      – des associations de parents d’élèves laxistes (on voit comment l’APEL se discrédite au point que dans certains établissements connus comme à Lyon, les parents d’élèves ont décidé de se désaffilier à cette association) ;
      – aucun enseignement catholique digne de ce nom n’est dispensé dans la plupart de ces établissements
      Je ne rallonge pas la liste. Mais on comprend que dans ces conditions, les parents d’élèves cherchent, soit à assurer l’enseignement de leurs enfants à domicile ou à les confier à des établissements hors contrat.

      Pour tous les grignoteurs de soutane si pressés de faire une nouvelle loi émotionnelle (la méthode la pire pour écrire une loi ; v. par exemple, la proposition de loi sur l’aide à mourir), ce n’est pas la peine de gaspiller du papier pour assurer un contrôle strict sur ces établissements privés hors contrat et l’enseignement à domicile, car ce contrôle existe déjà : il est défini par la loi dite de « confort » des valeurs de la République (une loi suggérée par M. Darmanin, déjà !) dans son interprétation tout aussi pénalisante donnée par le Conseil d’Etat.
      Décidément, les députés, dans leur ensemble, non seulement oublient de se relire (des normes déjà écrites) mais écrivent mal (des lois « émotionnelles).

      Une République (la Vème du nom) en décrépitude, décidément, quels que soient les partis politiques qui la représentent (extrême gauche, gauche, centre, ex-droite et prétendue extrême droite) et des « corps intermédiaires » qui n’exercent plus leur rôle et leurs responsabilités.
      Il va falloir réagir (pas seulement se lamenter : je l’ai déjà dit).

      • Très juste réflexion : c’est l’ensemble de la classe politique qui est à côté de la plaque (tous partis confondus).
        Qu’on ne s’étonne pas ensuite que la majorité des Français se détourne de cette classe politique nauséabonde dans son ensemble et qui se ridiculise quotidiennement dans l’hémicycle par sa cacophonie ridicule …

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