Calvados : disparition d’un mémorial dédié aux héros écossais de 1944

Le vol de cette statue survient peu avant les 82e commémorations du Débarquement en Normandie.
Le célèbre Bill Millin, qui a pu inspirer la statue de Bréville-les-Monts. Source : https://warfarehistorynetwork.com/article/the-story-of-bill-millin-lord-lovats-mad-piper-of-sword-beach/
Le célèbre Bill Millin, qui a pu inspirer la statue de Bréville-les-Monts. Source : https://warfarehistorynetwork.com/article/the-story-of-bill-millin-lord-lovats-mad-piper-of-sword-beach/

À quelques jours des cérémonies du Débarquement de Normandie, un acte de vandalisme est venu frapper un lieu de mémoire particulièrement symbolique. Dans la nuit du 28 au 29 mai 2026, une statue en bronze représentant un joueur de cornemuse écossais a été dérobée à Bréville-les-Monts, dans le Calvados. L’émotion est d’autant plus forte que ce monument rendait hommage aux soldats écossais tombés lors de la bataille de Normandie pour contribuer à la libération de la France face au monstre hitlérien.

Un vol à quelques jours des commémorations du Débarquement

Le vol s’est produit sur le site du château de Saint-Côme, à Bréville-les-Monts, non loin de Pegasus Bridge, l’un des lieux emblématiques du Jour J. Selon les informations rapportées par Ici Normandie, la disparition de cette œuvre a été constatée le 29 mai, alors que la commune se préparait à accueillir les cérémonies du 82e anniversaire du Débarquement. La statue, réalisée par le sculpteur écossais Allan B. Herriot, avait été inaugurée en 2004. Pesant près de 600 kilos, elle représentait un joueur de cornemuse des Highlands et avait été érigée sur un terrain offert par une famille des environs. Le vol est intervenu quelques jours avant la venue de délégations étrangères attendues pour les cérémonies commémoratives.

La statue ne constituait pas ainsi un simple élément décoratif; elle honorait les hommes de la 51st Highland Division, cette grande unité de l’armée britannique composée de régiments écossais dont les soldats participèrent aux combats les plus difficiles de la campagne de Normandie en 1944. Après le Débarquement, cette division combattit dans le secteur de l’Orne, autour de Bréville-les-Monts, de Ranville et de Troarn. Ces affrontements furent particulièrement meurtriers. La commune de Bréville-les-Monts occupait alors une position stratégique dominant les lignes alliées, et sa conquête coûta, en deux jours seulement, la vie à 110 soldats écossais et britanniques engagés dans cette opération.

Une mémoire régulièrement prise pour cible

La municipalité a rapidement exprimé sa tristesse et son indignation après la disparition de la statue, dénonçant « un acte honteux ! ». Le vol de Bréville-les-Monts s’inscrit dans une série préoccupante d’atteintes aux lieux de mémoire rendant hommage à ceux qui ont sacrifié leur vie pour notre pays et la liberté. Ces dernières semaines, plusieurs monuments et sépultures ont été volés, profanés ou dégradés, comme en Dordogne où la tombe d’un combattant de la Première Guerre mondiale a été profanée, ou encore à Alençon, où le char Valois, monument emblématique de la Libération de la ville en août 1944, a été souillé. À cela s’ajoutent bien d’autres actes de vandalisme visant des sites dédiés à la Résistance ou aux victimes des conflits du XXe siècle.

Les Écossais dans la bataille de Normandie

La contribution écossaise à la libération de la France fut considérable. Les régiments des Highlands étaient présents au sein de la 51st Highland Division, mais également dans d’autres formations britanniques engagées en Normandie. Des unités comme les Black Watch, les Seaforth Highlanders ou les Gordon Highlanders participèrent aux combats de l’été 1944. Les pertes furent lourdes et la seule 51st Highland Division enregistra plusieurs milliers de tués, blessés et disparus durant la campagne de Normandie et la poursuite des opérations en Europe. Le souvenir de ces soldats reste néanmoins vivant grâce aux monuments, aux cérémonies et à la culture populaire. Dans le film Le Jour le plus long, sorti en 1962, l’une des scènes les plus célèbres montre le joueur de cornemuse écossais Bill Millin avançant sous le feu ennemi en accompagnant les commandos de Lord Lovat vers Pegasus Bridge.

Cette image, dont le monument de Bréville-les-Monts constitue une évocation particulièrement forte, est devenue l’un des symboles du Débarquement. La silhouette de ce cornemuseur avançant au milieu du fracas des combats est désormais indissociable de la mémoire du 6 juin 1944 et du sacrifice des soldats écossais venus combattre pour la liberté de l’Europe.

 

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Eric de Mascureau
Chroniqueur BV- Histoire, patrimoine, culture

Vos commentaires

6 commentaires

  1. Il y a 20 ans, partis politiques et médias auraient accusé sans preuve le FN …
    Aujourd’hui, ils ont des doutes, ils n’osent pas sortir cette antienne.
    Mais qui alors ? ceux qui ont participé aux émeutes de samedi soir ?

  2. Il y Macron et ses milliard pour l Afrique, pour  » choose france » mais derrière la vitrine plus , pour ces combattants qui sont venus sauver la France ,qui l’ont choisit voici ce que Macron leur offre. Le Vide. Le néant,ils se sont battus pour que la racaille soit libre..

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