Emmanuel Macron est attendu prochainement à Marseille pour annoncer un grand plan pour la ville en proie à l’explosion des règlements de comptes liés au trafic de drogue.

Au micro de Boulevard Voltaire, Xavier Raufer analyse le phénomène des guerres de gangs et l’impuissance des autorités dans certains territoires.

 

 

 

Benoît Payan le maire de Marseille et Gérald Darmanin le ministre de l’Intérieur tirent la sonnette d’alarme en raison d’une recrudescence des règlements de compte dans le cadre de la guerre des gangs sur fond de trafic de drogue. Que se passe-t-il à Marseille ?

 

La situation est ingérable, car depuis deux ans, on s’acharne à ne pas faire ce qu’il faut. Je vous explique. La France paye des impôts, elle aurait donc mérité d’avoir un ministre de l’Intérieur sérieux, or il a elle ne l’a pas. Soit il pense vraiment ce qu’il dit pour expliquer la situation et dans ce cas-là c’est pathétique car ce n’est pas du tout la réalité, soit il raconte des bobards et dans ce cas-là mérite-t-il vraiment d’être ministre ?

En effet, tout le monde sait que le milieu criminel et les gangsters n’ont pas de métier. Ils ne sont pas trafiquants de drogue ou proxénètes, ce sont des prédateurs opportunistes qui prennent ce qui passe en fonction d’un principe coût / bénéfice. Ils veulent ce qui rapporte le plus de fric sans aller en prison trop vite ou trop longtemps.

Par conséquent, contrairement à ce que dit Gérald Darmanin, Gabrielle Attal ou le Président de la république, le problème qui préside à toutes les tueries que l’on connaît à Marseille, ce n’est pas le trafic de drogue, le problème est l’existence de cités hors contrôle dans lesquelles les bandits peuvent faire n’importe quoi : trafic de drogue ou autre. Si on laisse les cités hors contrôle, et qu’on arrive plus ou moins à juguler le trafic de drogue, les bandits feront autre chose de criminel.

Par exemple, hier dans un quartier de Potiers, des voyous ont inscrit sur les murs le nom, les adresses et les numéros de téléphone des policiers de la BAC. Ils avaient également écrit : « fini le trafic de drogue, on va passer au braquage ». C’est la preuve que ces gens agissent en fonction des opportunités criminelles qui se présentent à eux.

Depuis un an et demi, Monsieur Darmanin nous serine que le problème est le trafic de drogue et qu’en luttant contre le trafic de drogue on résoudra le problème, c’est faux. Le problème réside dans l’existence de quartiers hors contrôle.

Quant à la lutte contre le trafic de drogue de Monsieur Darmanin, c’est une farce !

Il y a un an à Nîmes, on a déplacé le SRPJ de Montpellier, la police judiciaire de Nîmes, la BRI et le parquet de Marseille pour taper un gros point de drogue à Nîmes, dans le quartier du Bas Avignon. Les policiers sont arrivés à 130, pour la première grosse opération antidrogue dans ce supermarché de la drogue à Nîmes. Ces 130 policiers ont saisi trois armes de poing ( il y en a des milliers qui circulent), un fusil à pompe, 7 kg de cannabis… Monsieur Darmanin a trouvé cette opération exemplaire.

Or la France consomme entre 30 et 35 tonnes de cannabis par mois ! Récupérer quelques petits kilos de drogue sur un point de deal, fait peser sur les narcos une taxe inférieure au vulgum pecus qui a une épicerie dans le coin !  De qui se moque-t-on ?

 

Selon vous la venue d’Emmanuel Macron le 2 septembre à Marseille est de la com’ ?

 

Son entourage a dit que le Président n’envisageait pas de se laisser enfermer dans le tout répressif. Il y aura donc la politique de la ville, une pluie de pognon sur tout ce qui bouge, y compris sur les associations pilotées par les voyous dans les quartiers Nord.

Pour que des magistrats soient efficaces sur un territoire, il leur faut à peu près deux ans pour bien comprendre. Depuis le début, Monsieur Darmanin sait que l’on ne peut pas faire bouger les choses sérieusement en un an et demi, ce n’est pas possible, c’est un paquebot qui ne peut pas virer comme un hors-bord ! Donc il fait de la frime, mais ça ne sert à rien.

 

On a vu de nombreux règlements de compte récemment…

 

En réalité, avec les guerres entre gangs et les assassinats, l’appareil d’État se contente de compter les points et n’y peut rien. Lorsqu’il y a un problème de territoire, les guerres entre gangs éclatent. Chez les bandits, l’échelle des peines est simple et elle a deux barreaux : premier barreau, je te casse la gueule, deuxième barreau, je te tue.  Dès qu’il y a un litige sur un territoire, les bandits réglent cela par la violence physique et l’état n’y peut rien.

Le maire socialiste de Marseille vient de réaliser que dans sa ville, c’est plus facile de trouver une Kalashnikov que d’acheter un pain au chocolat, lui-même l’a reconnu.

La procureur de la ville dit qu’il y a une explosion criminelle, une magistrate parle d’un déferlement de violence avec des individus de plus en plus jeunes et de plus en plus violents. Tout cela se réalise sur des territoires sur lesquels ils peuvent tout faire et pour lesquels la politique a décidé qu’on n’y mettrait pas les pieds. On laisse faire les escrocs de la politique de la ville qui distribuent de l’argent aux voyous. Cette activité para criminelle revient à laisser des voyous posséder des fiefs dans les quartiers Nord. Un député et une adjointe au maire ont des entourages fort glauques, c’est « copains et coquins » comme disait Poniatowski et dans cette ambiance cela, on ne peut pas faire la police.

 

27 août 2021

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