Qui a dit qu’Éric Zemmour était désespérant ?

Il redonne, au contraire, espoir en l’humanité. Prenez , jeune loup de La forte souvent moqué pour son patronyme prédestiné qui, selon les mauvaises langues, lui tient lieu dans la vie de moteur : il veut arriver et il y arrivera !

Soutenir Éric Zemmour, cette nouvelle bête immonde, n’est pourtant pas, aujourd’hui, le meilleur moyen de se faire bien voir des grands de ce monde. `

Eh bien, il a osé. Et c’est même lui qui lui a rendu le plus bel hommage, en même temps qu’à l’esprit français : « Il y a du Cyrano, chez Zemmour, qui n’abdique jamais l’honneur d’être une cible. Quant à moi, j’aime trop la pour tolérer la liberté du bâillonnement. Ras-le-bol de la parée des habits de la vertu. Vive la liberté. Vive le débat. Vive la . » ».

La comparaison est bien trouvée : fin bretteur s’il en est, misanthrope amoureux et rugueux, Zemmour fait lui aussi « en traversant les groupes et les ronds, sonner les vérités comme des éperons ». Et elles grincent aux oreilles de certains même si, au fond, il ne dit guère plus que ou Gérard Collomb qui, par leur fonction, savent bien ce qu’il en est de la situation. Quand l’un parle de « partition » et l’autre de « face-à-face », pensent-ils aux bisbilles entre mormons et témoins de Jéhovah ?

On peut reprocher à Éric Zemmour son catastrophisme angoissant et têtu, son côté « tout est foutu ». Ils n’enlèvent rien, pourtant, à la combativité de son discours, peut-être parce que « c’est encore plus beau quand c’est inutile ».

Inutile, pas forcément. Pour la droite, au moins, Éric Zemmour se révèle précieux. Cette hypothétique union des que, telle Godot, certains attendent désespérément, il vient peut-être de l’initier : cela s’appelle la cohésion négative. L’hallali dont il fait l’objet a réuni, dans la même protestation, un – (« Oui, face à l’ massive nous pouvons un jour être minoritaires sur la terre de nos ancêtres. Zemmour a le droit de le penser. Zemmour a le droit de le dire. Et on a même le droit de partager cette inquiétude avec lui ! ») – et un Guillaume Larrivé. On disserte à l’infini sur les plateaux télé en cherchant une ligne, un contour, un clivage, une antinomie qui définirait les affinités au-delà des partis devenus obsolètes : souverainiste contre mondialiste ? Conservateur contre progressiste ? Depuis samedi, et pour quelques jours encore, c’est zemmourophile contre zemmourophobe.

2 octobre 2019

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