Si le bélouga dans la Seine était une première, la réapparition du monstre du Loch Ness de la légalisation du cannabis au Parlement est rituelle. 31 sénateurs socialistes, dont l'ancien ministre Laurence Rossignol, viennent de signer une tribune dans Le Monde en faveur de cette légalisation. De puissants lobbies d’idéologues déconstructeurs, de militants pour une régression économique (EELV) et de groupes capitalistes affamés ne désarment donc pas. Leur « appel du 18 joints » dans Libé date de 1976.

Les socialistes sont à la manœuvre dans un exercice conforme à l'un de leurs stéréotypes : répondre à un problème grave en proposant une « solution » de nature à l’aggraver. Ainsi, face à la pandémie du cannabis qui fait de notre nation la toute première consommatrice en Europe, ils proposent sa légalisation, alors que partout où elle a été instaurée, elle a accru le nombre de ses consommateurs.

Alors que la consommation de cannabis affecte, en France, 1.500.000 usagers réguliers, sa consommation débute maintenant au collège.

Alors que sa responsabilité dans l’accidentalité routière et professionnelle est avérée (majorée par l’alcool, au point de multiplier par 27 le risque d’accident mortel).

Alors que son rôle dans la crétinisation de notre jeunesse se lit dans la dégradation du niveau du « baccalauréat pour tous » et notre rang pitoyable (27e) au classement international PISA des performances éducatives.

Alors qu’il est irréfragable que, par un mécanisme d’escalade, il incite à la consommation d’autres drogues, conduisant aux polytoxicomanies.

Que l’explosion des maladies mentales déborde les possibilités d’accueil des hôpitaux psychiatriques, nombre de ces maladies résultant ou étant aggravées par sa consommation (anxiété, dépression, schizophrénie).

Alors qu’elle frappe nos jeunes pendant leur maturation cérébrale (12 à 22 ans) en la perturbant.

Alors que sa toxicité physique l’emporte sur celle du tabac, responsable de 75.000 décès annuels et source de divers handicaps - le cannabis induit cancers broncho-pulmonaires, bronchites chroniques, infarctus du myocarde (3e cause de déclenchement), accidents vasculaires cérébraux, artérites des membres inférieurs, cancers du testicule…

Alors qu’au Colorado où il est légalisé, 10 % des femmes enceintes en consomment, faisant s’envoler le nombre de malformations congénitales (tératogénèse).

Apprenons à ces sénateurs qu’un fumeur de cannabis modifie l’expression de certains de ses gènes et qu’il transmet à sa progéniture ce marquage épigénétique, ce qui se traduit par une vulnérabilité accrue aux toxicomanies, des perturbations psychiques, une vulnérabilité à l’autisme, à la schizophrénie, aux déficiences cognitives, aux troubles dépressifs, à une dépression de l’immunité…

Qu’attendent donc de sa légalisation ces éminences sénatoriales ?

« Une meilleure protection des consommateurs » ? Comme s’ils méconnaissaient les drames multiples du tabac et de l’alcool, alors qu’elles ne savent contenir ces deux drogues licites.

L’apaisement des cités « sensibles » où elles ont laissé le climat se détériorer ? Comme si elles espéraient que trafiquants et dealers se reconvertiront dans la vente du muguet.

L’abondement d’un budget (proche du redressement judiciaire) par les taxes qui seraient perçues ? Semblant ainsi ignorer que les méfaits du tabac et de l’alcool coûtent deux fois plus cher à l’État qu’ils ne lui rapportent et que le bilan économique de la légalisation du cannabis au Colorado est déficitaire (accidents, violences, procès, hospitalisations pour pathologies somatiques ou psychiatriques, incurie d’un nombre croissant d’individus que la société doit assister).

Alors que prévaut, en France, une absence complète de prévention éducative sur les toxicomanies - ce que nous reproche l’Observatoire européen des drogues et toxicomanies (OEDT) - ces sénateurs n’ont pas un mot sur l’instauration d’une éducation civique sanitaire, portant une attention privilégiée aux drogues qui minent notre jeunesse et, à terme, notre société.

Le cannabis étant porté sur les épaules du tabac, leur proposition est-elle leur réponse au président de la République qui a fixé pour objectif national une génération sans tabac pour ceux qui auront 20 ans en 2030 ?

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12 août 2022

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17 commentaires

  1. Légaliser le cannabis revient à permettre à une population déjà fragile de se droguer légalement c’ est à dire de prendre des produits chimiques qui ,par effet d’ accoutumance ,devront sans arrêt être augmentés ,conduisant l’ usager sur une pente descendante mortifère!

  2. Tel un métronome, le bon docteur revient à peu près tous les 8 mois avec son article anti-cannabis. C’est bien entendu son droit mais à chaque fois, je regrette qu’il n’étaye son argumentaire militant par au moins une ou deux sources scientifiques qui aurait montré les méfaits du cannabis. Vraiment, aucun article paru à ce sujet dans The Lancet ou le New England journal of Medicine? Ce qui ne me surprend pas, car au contraire les sources abondent pour montrer que l’addiction (et les ravages liés) au tabac et à l’alcool sont beaucoup plus importants et pernicieux que ceux liés au cannabis. Alors, d’accord avec son argumentaire, si l’on interdit en même temps alcool et tabac. Sinon, ça n’a pas de sens. Et si on laissait la liberté aux gens, mmhhh? Aux Pays-Bas, depuis la légalisation du cannabis (à l’exclusion de toutes les autres drogues dures), les smartshops fleurissent et la criminalité liée au deal s’est effondrée, ainsi que les accidents liés aux produits frelattés. Cela me semble beaucoup plus responsable et efficace qu’une interdiction pure et dure, telle celle qui prévaut actuellement, et qui génère un marché noir, donc
    obscur et dangereux car non contrôlé. Et qui n’a jamais stoppé la consommation.

    1. Je risque d’être un des rares à partager votre point de vue . Je ne suis pourtant pas * Soci-à-l’oS * ! Je pense en effet qu’au point où nous en sommes , nous avons tous les Inconvénients de la persistance dans la prohibition du Cannabis , sans avoir aucun des Avantages que procureraient sa Légalisation . Bien évidemment , je ne suis pas en train d’encourager l’usage des Drogues quelles qu’elles soient , puisqu’à presque 80 ans , je me considère comme un *Miraculé* survivant de la *Tabagie et de l’ Alcool* dont j’ai réussi à me séparer,non sans mal,depuis 12 ans à présent !
      Je pense qu’une Légalisation bien * Construite * , dont une grosse partie des Revenus servirait , comme en parle le Docteur Contestin , à éduquer les jeunes et moins jeunes à éviter les Drogues , serait un moindre mal par rapport à la situation actuelle qui nous a largement démontré sa TOTALE inefficacité !

    2. Il existe nombre de témoignages scientifiques sur les méfaits du cannabis sur le cerveau des enfants.

    3. Vous trouvez que les présentations du professeur ne sont pas assez étayées?
      Etes vous sûr déjà de bien les comprendre?

  3. Si j’ai bien compris il faut légaliser le cannabis pour en diminuer la consommation ? On est vraiment gouverné par des exceptionnels !

  4. L’effet dévastateur de toutes les drogues n’est plus à démontrer, sur la jeunesse en particulier. La lutte contre ce fléau devrait être érigée en cause nationale. Cet enjeu vital appelle un combat sans merci contre tous ceux qui en font ignominieusement commerce ou s’y prêtent ingénument. On attend les responsables politiques qui en auront le courage.

  5. Les socialistes toujours en tête de liste lorsqu’on peut accentuer le chaos général. Des radars fiscaux pour faire les poches des braves gens, aucun policier sur le terrain pour arrêter les chauffards drogués. La nouvelle mode avec le chichon semble être de s’engager sur les ronds points à contre sens, vu plusieurs fois ici. Ce pays devient grotesque.

  6. Merci pour ct article .
    J’ai déjà lu votre livre sur le sujet et j vous félicite pour votre courage .

  7. Légaliser le cannabis servirait certainement beaucoup d’intérêts qu’il serait intéressant de connaître. Au delà de cette question, il serait également très intéressant de connaître le rôle du cannabis dans le comportement des auteurs de violences et meurtres en tous genres. Sachant que cette foutue drogue est la petite porte d’entrée à des produits beaucoup plus nocifs et addictifs, je suis très étonné qu’aucune étude ne soit révélée ou demandée par les médias subventionnés. Ca arrange qui ? Les institutions, les politiques ? Les trafiquants bien sûr mais qui d’autre. Qui soulèvera la question de la relation entre cette drogue et la violence ambiante y compris le cannabis ?

    1. « Légaliser le cannabis servirait certainement beaucoup d’intérêts qu’il serait intéressant de connaître. » C’est tout simple. 1°) Aujourd’hui le QI moyen diminue, puisque les gens à bas QI se reproduisent plus que les autres. 2°) L’éducation nationale est devenue une machine à conformer les pensées, plutôt qu’un outil de développement de l’esprit critique. Alors ajoutez-y les ravages définitifs du cannabis sur les cerveaux immatures, et vous aurez une masse de débiles tellement plus facile à cornaquer, surtout avec l’appoint des médias conformistes…

  8. Ces sénateurs, comme les médias, ne parlent surtout pas des pays producteurs et notamment d’un de l’autre côté de la méditerrannée pour s’attaquer à ce fléau bizarre non ?

  9. 1.500.000 usagers réguliers. Ca donne à réfléchir si on parle en nombre de voix possibles pour la gauche, sans parler des sympathisants…..

  10. Merci Docteur pour cet excellent résumé des dommages collatéraux; je ne comprends pas qu’avec un tel palmarès des illuminés défendent encore cette cause. J’ai perdu il y a quelques mois un excellent copain de collège avec lequel j’ai passé mon enfance. Il s’était mis au chichon vers 16 ans, sans excès ni jamais l’avoir abandonné, il en est décédé à 60 ans, une overdose un jour de plus grande tristesse… Il faudrait des pubs télé chocs comme nous savons si bien les faire sur les paquets de cigarettes; mais dont tout le monde se moque désormais. N’ayant jamais été tenté par la fumette, je lui préfère nos bons vins mais c’est maintenant devenu « ringard ». Encore un pas de plus vers la décadence…

    1. Le constat a été fait par plusieurs médecins il y a dix ans , sans doute mis à la trappe par l’Ordre .

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