The Last Kingdom, saison 5, sur Netflix : après l’invasion des Vikings, l’assaut du wokisme ?

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Il semblerait qu’au Royaume-Uni, certains « fans » de la série à succès mérité The Last Kingdom se soient émus de l’apparition d’un nouveau personnage haut en couleur débarquant dans l’ultime « saison » de cette fresque épique pleine du bruit des armes et des odeurs du sang caillé de la furia anglo-saxonne originelle.

L’acteur britannique d’ascendance jamaïcaine Patrick Robinson y incarne le truculent « Father Benedict » (père Benoît), un brave ecclésiastique noir – imaginaire, bien sûr – venu s’égarer, en ce début du Xe siècle « A.D. » (Anno Domini), aux confins du royaume de Mercie pour y évangéliser les ouailles de Rumcofa (aujourd’hui Runcorn). Un abbé dont on apprendra, au fil des épisodes, que l’addiction au jeu est le péché mignon.

Alors que les pâles Merciens hirsutes de cette série Netflix semblent s’accommoder sans sourciller – ni étonnement particulier – des élucubrations évangéliques de leur prédicateur au teint d’ébène (les Vierges noires ont existé de longue date), quelques esprits chagrins ont posé la question qui fâche le déconstructionnisme social à la mode : quelle est la réalité de ce Benoît-là ?

David Craig, rédacteur à RadioTimes.com, jeune journaliste promu de l’université de Sheffield, a vite flairé les relents nauséabonds induits par ce genre de questionnement, posé, n’en doutons pas, par d’affreux post-brexiteurs réactionnaires et incultes ! En bon chevalier arc-en-ciel de l’inclusivité, il vient tordre le cou, dans son média, à ces attaques révisionnistes et malaisantes qui pointent masquées – évidemment – sous le prétexte d’une demande de clarification historique : « Les accusations selon lesquelles le nouveau personnage est historiquement inexact sont fausses », assène-t-il, péremptoire : « En fait, le père Benoît s'inspire d'un véritable personnage religieux qui aurait vécu à Canterbury […]. Bien que saint Adrien et le père Benoît de The Last Kingdom ne soient pas censés être la même personne, le contexte est utile à connaître car il démontre que des personnes d'origine africaine étaient présentes au début de l'Angleterre. Par conséquent, les accusations selon lesquelles le drame de Netflix est devenu invraisemblable avec l'introduction de ce nouveau personnage sont intrinsèquement fausses. » Ben voyons ! Belles preuves que voilà !

Car, à y regarder de plus près, il y a ici infox. Et intox. L’Adrien de Cantorbéry en question, devenu l’abbé alibi du contexte et de l’interprétation, réformateur de l’Église d’Angleterre, mort en 710, et en odeur de sainteté, bien qu’africain, mais du Nord, était d’origine berbère ! Comme saint Augustin ! On peut donc penser qu’au physique, si cela peut avoir quelque importance, il ressemblait sans doute plus à Zinédine Zidane qu’à Monseigneur Desmond Tutu. Pour ce qui est de l’esprit, la question reste ouverte…

Cette « inclusion » d’un père Benoît anachronique dans une série à l’ambiance historique soignée pourrait se justifier s’il s’agissait, par le biais didactique de la fiction, de « faire nation » par esprit, non par corps, pour intégrer chaque Britannique en déshérence civique au roman national fondateur. En assumant avoir pour ambition de « susciter l'empathie et la compréhension à travers ses histoires » car « davantage de personnes méritent de se reconnaître à l'écran », la multinationale Netflix, qui pervertit la réalité de l’Histoire au nom de la diversité, promeut, hélas, tout le contraire.

Michel Onfray a justement alerté contre la « tyrannie des minorités » dont le fanatisme conquérant du mouvement californien woke est un révélateur. Minorités agissantes qui, sous prétexte de justice et d’égalité, imposent aux sociétés occidentales en perte de repères moraux l’hubris individualiste et la déconstruction sociale. Non, cette destinée-là n’est pas tout !

Pierre Arette
Pierre Arette
DEA d'histoire à l'Université de Pau, cultivateur dans les Pyrénées atlantiques

Vos commentaires

6 commentaires

  1. La c……e de ces gens n’a aucune limite ! Même à l’époque de l’empire romain il n’y avaix pratiquement pas de noirs même esclaves surtout dans la partie anglaise tenue par l’empire romain. Alors dans la grande pagaille qui a suivi les grandes invasions et l’écroulement de l’empire et il est complétement stupide d’imaginer un prélat noir vu le contexte qui sévissait à l’époque vis à vis de tout ce qui était étranger.

  2. moi ma serie c’est Columbo..le reste connais pas..ils peuvent mettre qui ils veulent!!!

  3. « Wokisme » oblige toutes les réclames télévisuelles intègrent des personnages de couleur. Les couples sont désormais essentiellement constitués d’un male noir et d’une femelle blanche. On commence d’ailleurs à voir des réclames où seuls des noirs sont présents, un peu comme sur les télévisions africaines. Par contre, je ne vois jamais d’asiatiques ! Pourquoi donc cet ostracisme ?

  4. Netflix ne rend pas service aux africains, leur idéologie est colonisatrice : Roi, Reine, Héros, super-héros Noir, ne peuvent exister que s’ils sont soumis à l’histoire, la culture et le modèle de l’Occident…

  5. Imaginez Lancelot africain, le roi Arthur asiatique ; on ne tient pas compte d’un minimum de vérité historique et ça rend toute l’histoire loufoque.

  6. C’est très simple. Sur les plateformes en général et Netflix en particulier, ne sont regardables que les productions réalisées bien avant le COVID. Sinon, c’est du grand n’importe quoi. Ça en devient même irregardable parfois.

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