C’est un sujet de concours pour les candidats à sciences Po et le grand oral de l’ENA : comment se fait-il que les Corses, nationalistes (c’est-à-dire indépendantistes), aient porté largement leurs suffrages sur les candidats de la France nationaliste ? Ben… heu…

La chose n’est pas discutable : sur l’île, c’est Marine Le Pen qui est arrivée en tête, dimanche soir, avec un taux de 28,58 % des suffrages, suivie dix points derrière par (18,11 %), puis Jean-Luc Mélenchon, talonné par Éric Zemmour : respectivement 13,37 % et 12,80 %. À signaler, également, au passage, l’excellent score de Jean Lassalle (10,41 %), quand Valérie Pécresse ne recueille que 6,33 % des voix, confirmant, là encore, l’effondrement de la droite « classique » qui a longtemps régné sur le sud de l’île.

À noter, également, un très fort taux d’abstention (37,29 %), les indépendantistes de Core in Fronte et Corsica Libera ayant appelé à ne pas se rendre aux urnes, les autonomistes de Femu a Corsica et du PNC ne donnant, quant à eux, aucune consigne, ce qui, pour leurs militants, revient au même. À quoi il faut ajouter « l’effet Colonna », le taux d’abstention atteignant 40 % dans le fief de la famille, à Cargèse et alentour.

Les scores du RN sont impressionnants (28,51 % en -du-Sud et 28,02 % en Haute-), avec un lourd camouflet pour le maire d’Ajaccio qui avait appelé à voter Macron : dans sa ville, Marine Le Pen devance le Président de 12 points, avec 30,56 % des voix.

Là encore, loin des discours lénifiants des bonnes âmes, il faut se rendre à cette évidence : l'immigration inquiète les Corses. Et il n’y a pas que l’immigration continentale qui les chagrine. Bien sûr, le fait qu’Yvan Colonna ait été assassiné par un djihadiste n’est pas de nature à huiler les relations entre communautés et la lâcheté du gouvernement, dans cette histoire, n’aura fait qu’envenimer les choses. On continue, en effet, de se demander – entre autres choses – ce qu’est devenu Éric Dupond-Moretti, totalement invisible et silencieux depuis le 2 mars, alors que c’est à lui d’assumer la responsabilité d’un dysfonctionnement carcéral : le garde des Sceaux aurait-il quitté le gouvernement par la petite porte ? Quant à la « sucette » de l’autonomie offerte par Gérald Darmanin, elle signe plus la couardise que le courage politique.

C’est Pierre Poggioli, ancien leader du FLNC, qui l’écrivait, dimanche soir, sur son blog : « Les nationalistes auront beau le crier à tout bout de champ en dénonçant le racisme anti-arabe récurrent, et en réaffirmant que l’intégration au peuple ne dépend ni de la couleur, ni de la religion, ni de l’origine, beaucoup de Corses, même qui votent nationaliste aux échéances locales, ne les suivent pas sur ce plan. »

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13 avril 2022

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9 commentaires

  1. La Corse a toujours été un réservoir de patriotes, donc cela n’a rien d’étonnant. Mais la situation est infiniment plus grave qu’on ne le dit et on en est maintenant à devoir payer quarante ans de laxisme et de démagogie. Pour l’heure, on a renoncé à la reconquête. Il faut seulement limiter les dégâts (si c’est encore possible) et boucher les brèches. On va commencer par 10% d’inflation sur les produits de première nécessité et 70% sur l’énergie. Les bruits de botte ont repris. Courage !

  2. Il est certain que les corses ne sont pas du genre à se laisser emmerder par la racaille, surtout celle issue de l’immigration…
    Pas de danger que la métropole prenne exemple…

  3. Doublement Nationaliste la Corse ; Corse et Française ! Donc doublement détestée par Macron…qui quand il se dit patriote pense à l’Union Européenne.

  4. C’est tout simple madame, même si ça peut paraître incompréhensible pour certains journalistes. Le peuple Corse est un peuple fier pour qui l’honneur et le respect sont des maître-mots, même parfois dans l’illégalité. Or aussi bien Eric Zemmour que Marine Le Pen appellent à ce que la France, et les Français, redeviennent fiers, grands et écoutés dans le respect de notre histoire, nos traditions et notre honneur. Tout cela ne peut que plaire aux Corses, beaucoup plus qu’à certains continentaux.

  5. Vive la Corse et les corses. D’ailleurs je crois que je vais y aller finir mes jours surtout si Jupiter est réélu, sauve qui peut !

  6. Et il est où DuponT Moretti…? Ce Môsieur étant adepte de la fauconnerie on pourrait croire qu’il pratique sa passion dans les forêts et Domaines Nationaux mais la saison de la chasse étant fermée , où peut bien t il se cacher le bougre ..?

  7. Là-bas, je ne crois pas que la population carcérale soit de la même engeance que celle du continent.

    Là-bas, pas de quartiers émotifs.
    Là-bas, lorsque un émotif se risque à « contrarier » les mœurs locales, le problème est rapidement « traité ».

    Sans que personne n’y trouve à redire.

    A méditer.

  8. A mon avis c’est la réponse des insulaires à l’article sur « les détenus qui ont voté mélenchon »

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