[VU D’ARGENTINE] Malouines, le cadeau inespéré de Trump à Milei
Donald Trump semble faire preuve d’une certaine maîtrise dans l’art d’offrir à ses amis des cadeaux gratuits. Ses dernières déclarations concernant un changement d’attitude dans la doctrine d’appui des USA au Royaume-Uni sur l’éternel dossier des îles Malouines ne seront certainement pas de l’agrément du gouvernement de Sa Majesté. Elles ne changeront probablement pas le cours de l’Histoire mais sont d’une inappréciable valeur pour Javier Milei, en panne de communication.
S’agit-il d’une aubaine inespérée ou suggérée ? La diplomatie a, par nature, des contours incertains. Toujours est-il que le président s’est empressé de prendre la balle au bond et de s’adresser solennellement à la nation en se félicitant de l’appui de son puissant confrère et en réaffirmant sa détermination absolue à tout mettre en œuvre pour que le vieux rêve de récupération de souveraineté sur l’archipel devienne une réalité dans un avenir prochain. Cerise sur le gâteau, l’annonce du projet de construction d’une base aéronavale en Terre de Feu.
Une dispute ancienne
À premier abord, l’apport de quelques arpents de terres australes éternellement battues par le vent et pratiquement improductives (sauf développement très aléatoire de gisements de pétrole offshore) ne devrait pas être déterminant pour un immense pays regorgeant de ressources naturelles. Politiquement, il en est tout autrement, d’autant que la dispute est fort ancienne. Nous nous bornerons à citer quelques dates importantes.
Ces îles désertes auraient été décrites par Magellan en 1520, puis par quelques navigateurs anglais à la fin du XVIe siècle. Tout cela est incertain. La première « colonisation » fut le fait de Louis-Antoine de Bougainville qui établit, en 1764, à « Port-Louis », 29 colons, la plupart provenant de Saint-Malo. Sur protestation de l’Espagne, la France les lui rendit officiellement, M. de Bougainville fut indemnisé et Port-Louis devint « Puerto Soledad », tandis que les Britanniques créent Port Egmont sur une autre partie de l’archipel. Puis les Anglais se retirent et les îles passent sous administration espagnole jusqu’en 1811. Commence, alors, une période troublée sous administration argentine jusqu’en 1834, date à laquelle la Grande-Bretagne reprend le contrôle. Le port est renommé « Port Stanley » et les îles, Falkland Islands. Bien plus tard, en 1982, le régime militaire argentin aux abois tente, dans un ultime sursaut, de reprendre la main avec un coup de force surprise réussi, un seul mort : le commandant de la corvette argentine. Il faudra 100 jours de préparation et de guerre très intenses aux Britanniques pour dominer la farouche détermination des pilotes de l’aéronavale et de l’armée de l’air argentine, mais six navires de Sa Majesté reposeront pour toujours dans les eaux glaciales de l’Atlantique sud. Parmi eux, la destruction de la frégate Sheffield coulée par un Super-Étendard armé d’un missile Exocet peut être considérée comme une reconnaissance tardive du labeur de Monsieur de Bougainville.
Opposition péroniste
Tout cela pour expliquer l’attachement romantique et toujours ancré dans l’imaginaire collectif du peuple argentin à « ses îles », si bien que depuis des générations, les petits Argentins sont bercés sur les bancs de l’école par l’espoir d’arracher une fois pour toutes ces terres à l’emprise de l’usurpateur britannique. Bien évidemment, avant et après la guerre de 1982, les politiciens populistes ont systématiquement surfé sur la vague et usé de la ferveur populaire, n’hésitant pas à produire des écrans de fumée en quelque sorte insulaires pour dissimuler le lamentable état du pays, fruit de leurs tragiques erreurs, de leurs magouilles ou tout simplement de leur incapacité. Dans ce contexte, l’opposition péroniste se plaisait à reprocher amèrement au très libéral Javier Milei, plus soucieux d’efficacité économique que de romantisme revanchard, son insensibilité voire son cynisme destructeur de l’intégrité de la patrie.
Patatras ! Cet argument est soudainement pulvérisé et, dans un discours, pour une fois très habile, le président s’est dit disposé à pénaliser sévèrement les entreprises argentines ou étrangères opérant en Argentine qui auraient l’outrecuidance d’investir sur l’archipel qu’il estime soumis à la loi argentine. Ces déclarations impensables sans l’inattendu cadeau de Donald Trump ont semé la panique dans l’opposition péroniste, privée soudainement d’un de ses chevaux de bataille préférés. Le spectacle est tragi-comique et les réactions ressemblent à des manœuvres dilatoires d’un navire touché en dessous de la ligne de flottaison. Il en va de même de la presse argentine, totalement prise à contrepied, contrainte de modérer ses critiques.
Bien évidemment, il coulera encore beaucoup d’eau dans le Río de la Plata avant que le drapeau argentin ne flotte à nouveau sur les îles Malouines. Qu’importe ! Javier Milei s’éloigne des écueils qui pourraient contrarier sa navigation en vue de la reconstruction économique, condition absolument nécessaire à la récupération d’une réelle souveraineté nationale.







































32 commentaires
Encore une Trumperie ?
L’originalité de la suggestion ci dessous formulée par « EJALLADEAU » ce jour à 7h59 ….devrait donner matière à réflexion , NON ?
Bonne journée
Ce bout de territoire ne mérite pas une guerre, les Argentins en ont fait la douloureuse expérience en 1982… Mais OK s’il s’agit pour X. Milei de priver ses adversaires de leurs arguments fallacieux et bellicistes. Je comprends que les réformes économiques et sociales commencent à porter leurs fruits et que le pays a besoin de sérénité pour retrouver la prospérité.
Le tempo n’est peut-être pas mauvais, depuis le temps que l’on lit que la marine royale est en difficulté…
Moi aussi j’ai vécu en Argentine. Pour ce qui est de votre papier, il me paraît un peu sommaire voire peu partisan de Millei.
Trump, on sait que c’est un clown et on ne s’étonne plus de ses frasques. Frasques qu’on pourrait presque pardonner à cet ancien chef d’entreprise, qui a bossé, créé des emplois et pris des risques dans sa vie. Il a une qualité que je cherche désespérément en France : il défend son pays avec acharnement, combat les envahisseurs sournois qui rêvent de détruire sa civilisation. Et là Jupiter devrait prendre exemple.
Vous parlez de Trump et de ses frasques. Pour ma part, je vois ça comme des ballons d’essai. On lance un truc sot ou surprenant et ça marche ou pas. Et si ça marche c’est bingo. Un peur comme l’entrepreneur qui n’a pas envie de répondre à une demande de devis, il claque un prix pas possible, se disant que ce sera refusé et en définitive, si le client est d’accord , c’est aussi »bingo »!
La foi d’avant c’est nous qui avions armé l’Argentine…
De 1764 à 1767 les Malouines furent françaises avant d’être rétrocédées à l’Espagne (une des très nombreuses sottises de Louis XV). Mais la première population (30 familles) fut française (de Saint-Malo – d’où le nom – et surtout des Acadiens, chassés du Québec par les Anglais
Je crois qu’il y en a ici qui oublient « la Guyane au Brésil ! », « Mayotte à l’Afrique ! », « Saint Pierre & Miquelon au Canada ! », « la Nouvelle-Calédonie à la Nouvelle Zélande ! ».
N »importe quoi !
Et on peut dire aussi la France aux français, ça nous changerait la vie
La France a la France …?
Imaginez en 2026 le 1er ministre britannique mobiliser la royal navy, la royal air force , les parachute regiment et les royal commando pour repartir récupérer les Falkland à nouveau envahies par les argentins….la royale Navy n’est plus que l’ombre d’elle même , la RAF a d’énormes difficultés d’entretien de ses aéronefs et doit faire face également à un recrutement de ses effectifs en mode dégradé …il reste à Charles les maroon and green beret des regiments d’élite britanniques, pas certain que cette fois ci ça puisse le faire
Alors que l’armée argentine est dans un état brillant. Invincible à part peut être par une armée mexicaine.
Vous oubliez la RAF et l’aéronavale; entièrement équipés de F35, donc soumis à autorisation par les USA. Que du bonheur !
Terres australes éternellement battues par le vent et pratiquement improductives (sauf développement très aléatoire de gisements de pétrole offshore)
Pourquoi les écolos ne vont pas y installer leurs éoliennes ?
C’est sûrement le projet de Milei
Quand j’allais à l’école début des année 50, mon livre de géographie disait: L’Inde 440 millions d’habitant (bigre!) et aussi la France de Dunkerque à Tamanrasset et de Brest à Tahiti. Ce que j’ais appris, je l’ai retenu et jamais oublié! Voyez comme Trump est petit joueur à côté de moi!
L’ennemi héréditaire, c’est le rostbeef. Depuis des siècles, ils agressent partout dans le monde pour leur empire. Les Malouines aux argentins.
Tout à fait d’accord.
Jersey et Guernesey à la France ! Y a pas de raisons !
Et Gibraltar aux Espagnoles.
Et Ceuta aux marocains ?
Et Ceuta aux marocains.
Et rémigration des colons anglais dans la grande Bretagne. Les « indiens » d’Amérique doivent retrouver leur cadre de vie traditionnel. Le grand chef Zemmour va sortir de sa réserve et enterrer le calumet.
des fois qu’il y aurait du pétrole!
Et Mayotte aux Comores et la nouvelle Calédonie à l’Australie…
Certains rêvent de simplifier la géographie, d’autres l’orthographe… Mais, en réalité, la diversité n’est elle pas une richesse à préserver ?
l’Amérique aux américains ! … ce n’est pas nouveau, et les Malouines sont l’exception à une tradition vieille de plus d’un siècle, pensez à toutes les colonies qui ont été mises à mal à partir de ce principe ; c’est bien parce que la GB est un allié bien aligné que c’est ainsi
Les colonies sont destinées à être mises à mal. Les enfants doivent un jour se séparer des parents et être éventuellement épousés par une autre famille.
Pour payer la dette,on pourrait vendre la Guadeloupe aux américains comme on a leur a céder la Louisiane ? Tout le monde pourrait y gagner.