C’est Renoir qu’on assassine : deux œuvres magistrales dérobées à Cagnes-sur-Mer
À croire que le patrimoine français est une brocante à ciel ouvert. Après le révoltant casse du Louvre, en octobre 2025, c’est au tour du musée Renoir de Cagnes-sur-Mer d’être victime d’un casse, ce mardi 8 septembre. Deux cambrioleurs se sont introduits dans le bâtiment vers les 6 heures du matin pour un méfait qui n’aura duré, en tout et pour tout, que cinq petites minutes.
Situé sur les hauteurs de la ville, le musée municipal est l’ancienne bâtisse provençale où le peintre impressionniste Pierre-Auguste Renoir (1841-1919) a terminé sa vie. Douze tableaux du maître y sont notamment exposés avec d’autres objets du quotidien ayant appartenu à l’artiste. Les auteurs du vol étaient visiblement « bien équipés et bien renseignés », selon le maire RN Bryan Masson. Selon les premiers éléments recueillis, les malfaiteurs auraient profité du changement de ronde pour tromper la vigilance des gardiens, rapporte Nice-Matin. Deux tableaux de Renoir ont été dérobés : Madame Colonna Romano et la Jeune femme au puits, un préjudice estimé à 9 millions d’euros, selon le premier magistrat de la commune. « Ils étaient équipés d’une scie métallique et ils ont découpé les pistons qui tenaient les cadres des œuvres de Renoir », a précisé Bryan Masson, en conférence de presse.
Deux œuvres abandonnées dans la fuite
Deux œuvres ont été retrouvées dans les jardins, abandonnées par les malfrats dans leur fuite. En effet, grâce au dispositif de sécurité RAMSES, l’alarme s’est déclenchée dès l’intrusion des voleurs dans les jardins du musée, qui ont pénétré dans le domaine en sciant un morceau de grillage de l’entrée. Malgré l’intervention rapide de la police municipale, qui ne met que cinq minutes à intervenir - « un record », tient à souligner la mairie -, les bandits sont tout de même parvenus à emporter deux tableaux.
« Tout est mis en œuvre pour retrouver les œuvres disparues et interpeller les auteurs de ce cambriolage », a insisté le maire Bryan Masson, dans un communiqué. « Au-delà de Cagnes-sur-Mer, cet événement doit nous alerter sur la protection de nos musées, désormais confrontés à une nouvelle forme de banditisme visant les œuvres d’art. […] Les collectivités ne peuvent assumer seules le coût croissant de leur sécurisation. L’État doit prendre toute sa part et accompagner financièrement les communes et les établissements culturels afin qu’ils puissent protéger efficacement leurs collections face à des individus toujours plus organisés et déterminés. »
Une intervention rapide de la police municipale
Le musée était-il suffisamment équipé ? Ce casse vient démontrer le contraire. « Le degré de sécurisation était, selon toute vraisemblance, au maximum de ce que préconise la direction régionale des affaires culturelles, précise, auprès de BV, le cabinet du maire. Donc, la question, c'est, face à ce nouveau banditisme, qu'est-ce que l'on fait ? Quels sont les moyens qui doivent être mis sur la table par l'État pour lutter contre cela et surtout venir en aide aux collectivités qui ne peuvent pas être toutes seules pour protéger des musées comme celui-ci ? » À l'hôtel de ville, on constate tout de même que la rapide intervention de la police municipale a permis d’éviter le pire : « On se retrouve avec deux œuvres dérobées sur quatre qui auraient dû l'être et douze qui auraient pu l'être au total. Le dispositif et la réactivité de la collectivité sont au rendez-vous. » Depuis son arrivée, il y a sept mois, le nouveau maire a recruté 17 policiers supplémentaires. Le parquet de Grasse a ouvert une enquête. Espérons que les caméras de surveillance qui parsèment le musée permettront de débusquer quelques précieux indices.
« Nos œuvres d’art ne sont pas de simples objets : elles constituent un patrimoine inestimable, celui des Français, de notre culture et de notre histoire », s'est ému le maire de Cagnes-sur-Mer. Il reste à espérer que ces trésors ne finiront pas comme les joyaux dérobés du Louvre. Définitivement dans la nature.
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26 commentaires
Les cambriolages de musées donnent l’impression que certains font leurs courses avant la fin du quinquennat. Quelqu’un pense t-il comme moi ?
Ca continue nos musées sont devenus des centres commerciaux où certains se servent
Je me demande après ce que deviennent ces œuvres, sur le marché de l’art c’est grillé donc c’est encore des magouilles pour écouler cela
C’est triste et révoltant. Le JT du 20 h, cette semaine, a consacré un reportage à tous les musées de province qui ont reçu la visite de cambrioleurs, parmi lesquels le musée qui détenait un torque gaulois en or massif, le musée du protestantisme avec des croix en or du XVIIème et XIX siècles, des pièces en or issues d’un trésor caché pendant la Révolution, bref, tout un patrimoine inestimable qui a disparu, volé puis l’or sans doute déjà fondu pour une revente plus facile. Sans oublier le pillage des objets de culte précieux dans nos églises… Je ne trouve pas de mots assez forts pour condamner ces vols.. Une évidence interpelle aussi. Ces musées, implantés et ouverts au public depuis des décennies, n’ont subi aucune effraction et brusquement, nous assistons à leur pillage… Je ne doute pas que ces attaques sont commanditées depuis l’étranger et que les voleurs sont des intrus sur notre sol. La souffrance n’en ai que plus insupportable. Et l’inertie de l’Etat pour empêcher ces effractions est également intolérable. Le pillage d’un seul musée aurait dû provoquer une sauvegarde immédiate de tous les musées sur le territoire national !
« panpan
dit :
9 septembre 2026 à 5 h 01 min
Et le torque gaulois de Châtillon sur Seine : des nouvelles? Fondu? »
Nous en avons parlé sur BV. De toutes façon les voleurs ne risquent pas grand chose s’ils sont gaulés.
Des tableaux pas perdus pour tout le monde…..
Parfois on se demande si les musées en France c’est pas portes ouvertes H24/J365.
Quand on voit des puces de surveillance sur des produits « grands publics » de quelques euros, comment ne l’appliquons nous pas sur les oeuvres d’art ? Inserrer des puces qui soient suivies par GPS au cm près, qui déclenchent une alarme dès qu’un quelconque mouvement se produit, est-ce possible, est-ce à la portée des musées ? Une réponse serait la bienvenue.
Si les moyens de protection autour de MACRON lors de ses déplacements était allégé on pourrait surveiller un bon nombre de musée (des 10aines de voitures remplies de personnel armé, motards hélicoptères, comme si c’était un grand chef d’état)