Abaya à l’école : LFI réussit l’impossible, unir la droite et le centre

Sur BFM TV, Mathilde Panot assure que LFI reviendra sur l’interdiction de l’abaya à l’école en cas de victoire en 2027.
Capture d'écran X-Le Figaro
Capture d'écran X-Le Figaro

« Absurde ». C'est le mot employé par Mathilde Panot, dimanche soir, sur BFM TV, pour qualifier l'interdiction de l'abaya dans les établissements scolaires publics, entrée en vigueur à la rentrée 2023. Interrogée sur l'intention de LFI de revenir sur cette mesure si Jean-Luc Mélenchon l'emportait en 2027, la présidente du groupe Insoumis à l'Assemblée n'a pas hésité : « Oui, ça ne concernait absolument personne, c’était absurde. » Pour justifier sa position, elle a raconté l'histoire de deux jeunes filles portant « exactement la même robe achetée exactement au même endroit », l'une ayant été refoulée à l'entrée de son établissement parce qu'elle « avait l'air arabe », l'autre non : une situation qu'elle qualifie de « raciste et discriminatoire ».

Cette opposition n’est pas récente : LFI conteste la mesure depuis son instauration en 2023. Le lendemain matin, sur la même chaîne, la député insoumise Danièle Obono veut étayer l'argumentaire en assurant que « tous les religieux ont expliqué qu'il n'y avait aucune signification religieuse à l'abaya » et qu'en interdire le port à l'école était, selon elle, « injuste, inutile et discriminatoire ». Visiblement, les Insoumis considèrent que le communautarisme religieux ne doit pas être combattu avec la même intensité que celle qu’ils déploient pour rendre la cantine gratuite et réhabiliter les écoles pour faire face aux canicules.

Quand La France insoumise réussit « l’union des droites » en piétinant la laïcité

La sortie de Mathilde Panot n'a pas mis longtemps à provoquer une vague de réactions à droite et au centre, qui affichent un front commun dans la défense de l’interdiction de l’abaya. À commencer par celui qui avait porté la mesure : Gabriel Attal, alors ministre de l'Éducation nationale. « Je ne suis pas surpris », a-t-il réagi dès dimanche, sur BFM TV, rappelant que les Insoumis s'étaient déjà « opposés férocement » à sa décision en 2023. Pour lui, la sortie de la députée LFI en dit long sur les intentions réelles du mouvement : « Ce que dit Mathilde Panot, au fond, c'est que La France insoumise reviendrait sur la loi de 2004 qui interdit, y compris le port du voile, tout signe religieux à l'école. »

Marine Le Pen n'a pas tardé à lui emboîter le pas, sur X, lundi matin, avec une charge autrement plus frontale : « Mélenchon et LFI sont devenus les sous-traitants de l'idéologie islamiste qui prend en otages les Français musulmans », a lancé la candidate du Rassemblement national à la présidentielle, accusant l'extrême gauche de vouloir « instiller partout le poison du communautarisme » et d'« exciter la concurrence des revendications identitaires au détriment de la communauté nationale ».

Édouard Philippe, candidat d'Horizons, a lui aussi étrillé la proposition insoumise lors d'un déplacement à Alès : « La loi qui interdit le port des signes religieux à l'école […] est une bonne loi, elle est bien appliquée », a-t-il affirmé, jugeant la position de Mathilde Panot et de La France insoumise contraire aux principes républicains, avant de se dire « consterné » qu'un responsable politique « se disant de gauche » puisse « trahir et fouler aux pieds » la laïcité à l'école.

La présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale aura le mérite d’avoir réussi ce que personne n’a réussi à faire jusqu'à maintenant : mettre la droite et le centre d’accord sur un point, de Gabriel Attal à Jordan Bardella, qui dénonce également cette mesure, sur X : « Par clientélisme, Jean-Luc Mélenchon est donc prêt à abandonner la laïcité, à ouvrir l'école aux revendications islamistes et à revenir sur l'interdiction de l'abaya dans les établissements scolaires. Avec eux, c'est tout pour l'islamisme, rien pour la République française. »

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Quitterie de Prémesnil
Etudiante en journalisme

Vos commentaires

49 commentaires

  1. Le port obligatoire d’un uniforme imposé par le Ministère de l’éducation Nationale à l’échelon national, réglerait ces débats stériles. Que les politiques prennent leurs responsabilités et fassent preuve de lucidité et fermeté ! Acte courageux dont ils manquent cruellement.

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