Editoriaux - Polémiques - Politique - 1 mars 2019

Scène surréaliste à Pessac

Scène surréaliste à Pessac (Gironde), le 28 février. Emmanuel Macron, face à une salle exclusivement composée de femmes, a été interpellé par une musulmane voilée. Cette dame, à l’expression parfaite, s’est plainte de ne pas pouvoir trouver de travail. Après avoir insisté sur son choix de porter le foulard islamique, elle a déclaré sans vergogne : “On a fait le choix de porter le foulard, mais on a envie de travailler, et on nous rejette de la société, on nous exclut, on nous met de côté, parce qu’on représente un échantillon avec une image et des préjugés.”

La réponse du chef de l’État, imperturbable, démontre une parfaite maîtrise de la langue de bois. À propos de l’emploi dans les services publics, il a rappelé que la loi interdisait le port de signes religieux, foulard ou “grande croix” – il faut bien tenter un équilibre avec des chrétiens qui, par leurs croix, tenteraient de déstabiliser la société. S’appuyant sur une exigence de neutralité qui ne signifie rien pour les musulmans, le Président a martelé que la loi ne changerait pas.

Mais à propos de l’emploi dans le secteur privé, monsieur Macron s’est joliment pris les pieds dans le tapis. Aucune loi n’imposant aux entreprises d’interdire le port du voile, il en déduit que cette interdiction est… discriminatoire ! Oubliant, au passage, qu’une entreprise privée peut parfaitement, si des exigences de sécurité, d’hygiène ou simplement de relations avec la clientèle l’imposent, interdire le port de tels signes dès lors qu’elle prend garde de ne pas réserver l’interdiction à une seule catégorie de son personnel (les anabaptistes, par exemple). Et, emporté dans son élan, notre brillant énarque a évoqué les opérations de testing mises en œuvre avec la complicité de l’inspection du travail pour traquer les méchants employeurs qui tenteraient d’écarter les anabaptistes du marché de l’emploi…

Une fois encore, nos dirigeants montrent leur insondable nullité et leur gêne face au phénomène islamiste. La question est pourtant simple. Ce n’est pas cette dame qui est rejetée de la société française. C’est elle qui s’en exclut volontairement. En portant le voile hors de chez elle, elle proclame publiquement que sa tradition culturelle, ses impératifs religieux, sa loi coranique priment sur les règles de vie occidentales. Elle exprime ouvertement son rejet des us et coutumes français.

Ce que monsieur Macron aurait pu lui répondre c’est que le fameux « vivre ensemble » implique, pour les minorités culturelles, de s’adapter aux usages français, et non le contraire. Et que, sans voile, elle trouverait sans doute un emploi, au terme d’un processus de sélection fondé sur des critères objectifs et neutres. Ce n’est pas à coups de testing et de répression que ces femmes musulmanes intégreront le marché du travail. Mais lorsqu’elles accepteront les règles communes.

Tout cela montre, une fois encore, que de nombreux musulmans tentent d’imposer leurs pratiques en s’appuyant sur les outils juridiques mis en place par les sociétés libérales, dont ils contestent le bien-fondé et qu’ils détruisent systématiquement lorsqu’ils prennent le pouvoir dans les pays musulmans autrefois libéralisés. Monsieur Macron se trompe : il ne s’agit pas de discrimination mais bien de respect de la loi commune.

Mais peut-on être en même temps immigrationniste et respectueux de l’identité de son propre pays ? La réponse est dans la question.

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