14 juin 1800 : quand le général Kléber tombait sous les coups d’un fanatique
C’est dans les jardins de sa résidence du Caire que le général Jean-Baptiste Kléber tomba, le 14 juin 1800, sous les coups meurtriers du poignard d'un jeune Syrien venu d'Alep nommé Sulaymân. Cet assassinat met alors brutalement fin au destin de l'un des plus célèbres généraux de la Révolution française. Survenu au terme de l'expédition d'Égypte, cet événement marque un tournant pour l'armée française en Orient. En effet, la disparition de Kléber intervient à un moment particulièrement sensible, quelques mois seulement après le départ de Bonaparte pour la France, dans sa volonté de devenir Napoléon.
Architecture ou armée ?
Jean-Baptiste Kléber naît à Strasbourg le 9 mars 1753. Se pensant destiné dans un premier temps à l'architecture, il se distingue rapidement par ses talents de dessinateur et de géomètre. Cependant, ne trouvant aucun emploi, il décide de se tourner en 1777 vers le métier des armes et s’engage, non pas dans les armées du royaume de France, étonnamment, mais dans celles de l'Empire des Habsbourg. Il y reste ainsi jusqu’en 1783 avant de retenter sa chance dans le monde de l’architecture, où il parvient à obtenir le poste d’architecte de la ville de Belfort. Cependant, la Révolution bouleverse son existence et l’éloigne de cette carrière. En effet, encore une fois, Kléber reprend les armes et s’engage dans l’armée du Rhin puis dans celle des Vosges. Il finit même par devenir général en 1793 avant d’être envoyé, un temps, par la Convention, en Vendée afin de combattre les rebelles de l’Armée catholique et royale. Sous le Directoire, Kléber reste relativement en retrait de la vie politique et militaire, mais l’ascension de Bonaparte constitue pour lui un nouveau départ. En effet, ce dernier lui propose, en 1798, de continuer à servir la France et de le suivre à l’autre bout de la Méditerranée, en Égypte.
Kléber à la tête de l'Égypte française
En août 1799, Bonaparte, comprenant que l’Égypte est devenue une impasse stratégique et que son avenir politique se joue désormais en France, décide de quitter le pays des pharaons. Il confie alors le commandement de l'armée d'Orient à Kléber. Cette nomination est alors loin d’être un cadeau, car ce dernier hérite d'une situation bien difficile. Les troupes françaises sont en effet isolées depuis la destruction de leur flotte à Aboukir et manquent cruellement de renforts comme de ressources. Kléber décide alors de négocier avec les Ottomans et signe, en janvier 1800, la convention d’El-Arich afin d'obtenir un rapatriement honorable de l'armée française. Cependant, les Britanniques refusent de reconnaître cet accord, souhaitant faire prisonnier les Français et contraignant ainsi Kléber à reprendre les combats. Indigné face à cette situation, il déclare : « On ne répond à une telle insolence que par des victoires. » Ainsi, le 20 mars 1800, il remporte la bataille d’Héliopolis contre les forces ottomanes puis rétablit l'autorité française dans un Caire régulièrement révolté.
Malgré ses succès, Kléber demeure la cible de ceux qui souhaitent mettre fin à l'occupation française. Le 14 juin 1800, Sulaymân, un étudiant de l'université d'Al-Azhar originaire d’Alep, parvient à pénétrer dans le jardin de la résidence du général. Profitant d’un moment d’inattention, il s’approche de Kléber et lui assène plusieurs coups de poignard. Le général est alors mortellement frappé au cœur et à l'abdomen.
L'assassin est rapidement arrêté puis condamné à mort. Son exécution ne suit pas les usages révolutionnaires français et la guillotine ne lui est pas accordée. Conformément à une peine inspirée des pratiques alors en vigueur dans l'Empire ottoman, sa main droite, celle qui avait manié l'arme meurtrière, est d'abord brûlée. Sulaymân est ensuite empalé et son corps laissé exposé aux regards jusqu'à ce que les vautours ne laissent plus de lui qu'un tas d’os. Le chirurgien Dominique Larrey, membre de l’expédition, rapportera son crâne en France et le montrera à ses étudiants en médecine afin de leur faire observer ce qu'il appelait « la bosse du crime et du fanatisme ».
Le long voyage du corps de Kléber
Après sa mort, le corps de Kléber est embaumé puis inhumé au Caire. Comme si le destin avait voulu unir une dernière fois les deux héros de l'expédition d'Égypte, Kléber disparaît le même jour que le général Desaix, tombé sur le champ de bataille de Marengo. Cette troublante coïncidence marque profondément Bonaparte, qui déclare : « Mes deux lieutenants d'Égypte, Desaix et Kléber, tués le même jour, à la même heure, quelle singularité ! » Kléber n’est pas laissé longtemps dans le sable du désert égyptien et est rapatrié vers la France avant d’être déposé au château d'If, près de Marseille. Bonaparte, devenu Premier consul, hésite alors à lui rendre les honneurs qu'une partie de l'opinion réclame, craignant que la mémoire de Kléber ne serve de point de ralliement aux républicains et aux nostalgiques de la Terreur hostiles à son pouvoir. Ce n'est donc qu’après la chute de l'Empire que la situation évolue. En 1818, ses restes sont transférés dans la cathédrale de Strasbourg puis, en 1840, sont finalement déposés sous un monument élevé en son honneur au centre de la place qui porte encore aujourd’hui son nom. Napoléon rendra néanmoins hommage à cet homme « doué des talents les plus brillants et de la plus grande bravoure » dans ses écrits, mais d’une façon un peu ambiguë. En effet, reconnaissant que sa mort fut « une perte irréparable pour la France et pour moi » et estimant que, sans sa disparition, « la France aurait conservé l’Égypte », l’Empereur n’en demeure pas moins critique à son égard. Il le décrit ainsi comme un homme parfois passif : « Kléber était d’habitude un endormi », avant d’ajouter, pour souligner néanmoins toute la valeur militaire de Kléber, qu’« il est des dormeurs dont le réveil est terrible […] dans l’occasion, et toujours au besoin [Kléber] avait le réveil du lion ».
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24 commentaires
Que penserait Kléber concernant Catherine Trautmann qui est PS, pro immigration et pro grand remplacement? C’est elle qui crache sur ces ancêtres ou c’est lui qui n’aurait pas dû verser une goutte de sang pour le pays? Si c’est lui qui a tort alors ne bloquons pas une invasion russe si elle se produit
A aérotrain 49, il n’est pas question de couteau mais de stylo, l’histoire a besoin de vérité.