Lyhanna : la petite phrase de Macron qui ne passe pas
« On ne répond pas à un drame par des cris. La précipitation et la démagogie sont des réponses qui ne sont pas à la hauteur. » Ainsi s'est exprimé Emmanuel Macron, mercredi, lors du Conseil des ministres, au sujet des réactions populaires au meurtre de la petite Lyhanna. L'opinion, scandalisée par les dysfonctionnements de la Justice dans cette affaire et l'écart entre les paroles du gouvernement et du Président et la réalité sur les violences visant les enfants, a manifesté sa colère lors de rassemblements devant les tribunaux et dans de nombreux sondages. L'exécutif macroniste, renvoyé à son incurie, multiplie les contre-feux depuis une semaine : Darmanin se démène dans les médias, Lecormu enchaîne les réunions, Braun-Pivet défend une « loi intégrale » et Macron... parle. Pensant que l'heure était venue d'endosser son costume de Président au-dessus de la mêlée, il a donc eu cette phrase. Malheureuse. Et à ajouter à la trop longue anthologie de ce Président décidément déconnecté.
Un Président déconnecté
Alors que la France était toujours sous le choc de la disparition de la petite Lyhanna et qu'elle n'était pas encore inhumée (c'était ce vendredi 12 juin, et la colère était toujours là lors des obsèques, comme le montre le reportage de BFM TV), le Président s'est donc permis cette phrase : « On ne répond pas à un drame par des cris. La précipitation et la démagogie sont des réponses qui ne sont pas à la hauteur. » La première erreur du Président est une erreur de timing. L'heure était à la colère, aux cris (justement), à l'indignation. Sinon, les pierres crieront. La seconde est une méconnaissance de ce drame absolu qu'est la mort d'un enfant innocent pour une mère, qui n'a plus que le cri. Et à ce cri-là, on doit le respect, fût-on Président, et ce cri fût-il repris par des millions de mères dans le pays. Darmanin et Braun-Pivet, qui sont des parents, tout autant à la manœuvre pour éteindre l'incendie, l'ont quelque part mieux compris que leur chef. C'est dire sa déconnexion.
Macron pris en flagrant délit de deux poids deux mesures
Mais cette phrase de Macron devient choquante quand on la compare à sa propre réaction à la mort de Nahel. Là, les cris de la mère et de ceux qui criaient avec elle, y compris dans l'arène politique, y compris contre une institution (la police), étaient pleinement justifiés ; là, le Président (et son exécutif) avaient parlé avec « précipitation et démagogie ». Souvenez-vous : ce décès était un acte « inexplicable et inexcusable », avait-il déclaré, ajoutant : « Rien, rien ne justifie la mort d'un jeune », allant jusqu'à exprimer « l'émotion de la nation tout entière ». Le ministre de l'Intérieur, un certain Gérald Darmanin, avait évoqué des « images extrêmement choquantes » et Élisabeth Borne avait immédiatement décidé que l'intervention du policier n'était « manifestement pas conforme aux règles »... avant, évidemment, les résultats de l'enquête. Or, mercredi, Macron a, justement, appelé à attendre le résultat des inspections, le 19 juin, pour agir « avec méthode » et « renforcer tout ce qui doit l’être à la lumière des faits »... La démagogie du Président lors de l'affaire Nahel n'avait pas permis d'épargner à la France une semaine d'émeutes, du milliard d'euros de dégâts et des dizaines de policiers blessés. Déjà, sur BV, Gabrielle Cluzel dénonçait le deux poids deux mesures de Macron dans ses réactions à la mort de Nahel et à celle de la petite Lola...
Curieusement, cette phrase déplacée du Président n'a suscité que peu de réactions. Chez les people, il est vrai happés par l'affaire Bruel, il n'y a que quelques seconds rôles qui l'ont épinglée. L'humoriste Alex Lutz, par exemple, sur Instagram, lui a répliqué : « Sérieusement ? Les mots ont un sens, Monsieur le Président », parlant d'une phrase « aussi creuse que péremptoire ». Il dénonçait aussi le « manque de cœur » de Darmanin dans son refus de laisser le rassemblement se dérouler devant le ministère de la Justice. Si même des people de gauche s'indignent devant un Président aussi déconnecté...
Pour le moment, la mort révoltante de la petite Lyhanna - et de tant d'autres enfants de France - ne se traduit que par des cris, dignes et rentrés. Un président de la République devrait saluer cela. Et agir. Mais surtout pas faire la leçon.
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148 commentaires
Il est toujours à côté de la plaque, ce type ! Voilà pourquoi personne ne l’écoute plus. S’il veut qu’on le supporte, qu’il se taise donc !
Vous avez parfaitement raison, ce pauvre type qui pensait laisser une trace dans l’histoire, laissera derrière lui un pays ruiné de plus de 3600 milliards de dettes , actuellement 1 milliard de dettes supp par jour, le seul président à critiquer ses concitoyens à l’exterieur de la France, les fameux irréductibles gaulois réfractaires au changement, sans compter que pour trouver du boulot il suffit de traverser la rue, sans oublier » des gens qui ne sont rien » il fallait oser le dire!!.
Mais comme disait Audiard, c’est à cela que l’on reconnait les cons, c’est qu’ils osent tout !!!
Et l’ignominie totale avec la mort de la petite Lyhanna en s’étonnant pour ne pas dire critiquant ceux qui ont des cris !!!
Ecoeurant personnage, manque total d’empathie, egocentrique , seule sa petite personne compte, il s’écoute parler, modifie son image grâce à l’IA pour montrer qu’il est encore dans le coup ;;il s’échappe quelques instants d’une réunion avec le chancelier allemand, pour nous montrer en catimini que lui aussi à des cartes POKEMON lors d’un salon à Paris ..
A quand mettra t il un tutu et un maquillage outrancier pour fêter les Dragqueens ?
Bref un parfait guignol qui nous ridiculise dans le monde entier, qu’il dégage rapidement