Editoriaux - Politique - 30 janvier 2020

Roger Holeindre : la mort d’un esprit libre…

La vie de , qui nous a quittés le 30 janvier 2020 à l’âge canonique de 90 ans, se confondait un peu avec l’Histoire de France. À quinze ans, il est l’un de nos plus jeunes résistants, avant de partir en Indochine, puis en Algérie. Dès qu’il y a une guerre à mener pour le drapeau tricolore, il en est. Sous uniforme, mais également sans, tel qu’en témoigne la création du maquis Bonaparte, dans le Constantinois.

Très logiquement, cet engagement dans l’OAS lui vaut quatorze années de prison, peine aggravée pour cause d’évasion : Roger, si l’on ne pouvait le faire taire, ne savait pas non plus rester en place. La suite n’est qu’une longue suite d’engagements politiques, du comité des jeunes pour Tixier-Vignancour, en 1965, à l’Association France-Vietnam du Sud, tout en passant par la création des Jeunesses patriotes et socialistes, du Parti national populaire et du Parti de l’unité française.

En 1972, c’est donc sans surprise qu’il participe à la fondation du Front national, avec le mouvement Ordre nouveau et un certain Jean-Marie Le Pen. Dans le même temps, il lance un restaurant demeuré fameux dans la mémoire des clochards et des militants, généralement désargentés, de la droite nationale : Le Bivouac du Grognard, où l’on pouvait manger et boire pour cinq francs de l’époque.

Parallèlement, il devient grand reporter, à Paris Match principalement, étant l’un des premiers à oser poser le pied dans les favelas brésiliennes. Il fut un temps où, dans cet hebdomadaire connu pour le poids de ses mots et le choc de ses photos, les anciens, rien qu’à l’énoncé de son nom, retiraient leur chapeau.

Roger Holeindre incarnait en quelque sorte la « vieille garde » sans pourtant jamais tomber dans certains travers de cette dernière, tel qu’en témoigne la publication, en 2017, de son ouvrage La Réconciliation nationale. Lettre ouverte aux musulmans.

Interrogé, la même année, par notre confrère Daoud Boughezala, de Causeur, il confirme : « Je ne suis pas antimusulman. En Algérie, j’ai dirigé une troupe scoute. Lorsque Charlie Hebdo a sorti les caricatures de Mahomet, j’ai même publié un communiqué m’élevant contre ses dessins pour dire que l’islam n’était pas ma religion, mais qu’il fallait la respecter. »

Bref, Roger Holeindre a toujours honoré la tradition assimilationniste française, même constatant que celle-là se trouve actuellement en panne ; pas que le concept soit néfaste par essence, mais tout simplement parce que les pouvoirs publics se refusent à la mettre en œuvre.

Par mes soins interrogé pour l’hebdomadaire Minute, en février 2006, il tient déjà le même langage : « Si les Français ne croient plus en leur destin, les étrangers n’y sont pour rien ! Certes, ce qui m’inquiète énormément, ce sont les mosquées qui se remplissent, mais moins que de voir nos églises qui se vident. Ce ne sont pas les autres qui sont forts, c’est nous qui devenons faibles ! »

Ce jour-là, décidément très en verve, nous évoquons le rappeur Doc Gynéco qui vient d’affirmer au Parisien qu’il ne fait « plus partie de ce rap français qui stagne, qui ne s’ouvre pas aux autres musiques et qui n’est pas audible à toutes les oreilles. Les rappeurs sont des couillons. Ils prônent la violence et insultent la France. »

Roger : « Ce jeune homme est guadeloupéen. C’est donc un Français de souche, Français avant même que les Savoyards ou les Niçois ne le deviennent. Non, ce qui est marrant, c’est que ma femme me disait, il n’y a pas si longtemps : “Tu devrais écouter ce que dit ce chanteur. C’est parfois loin d’être bête, ce qu’il raconte…” Certes, il n’a pas tout à fait une tête de gendre idéal, avec son regard vaporeux et son calamar sur la tête, mais, c’est vrai que ce qu’il dit n’est pas idiot et même courageux. Ses chansons ne sont pas mon genre mais après tout, les rappeurs ont aussi le droit d’aimer la France… »

Du Roger tout craché… Salut à toi, vieil ami !

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