Réseaux sociaux : le camouflet du Conseil constitutionnel à Macron
Dans sa chevauchée de fin de mandat en Jet Ski™, les décisions du Conseil constitutionnel rendues en cette veille de 15 août devaient permettre à Emmanuel Macron d'enfiler, sur son joli collier sociétal, toute une série de perles : loi sur la fin de vie, sur l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de quinze ans, etc. Le testament liberticide d'un Président aussi impuissant qu'impopulaire. Et voici que le président de la République vient de se faire plus que taper sur les doigts par un Conseil constitutionnel qu'il pensait sans doute à sa main. Au passage, ce signe d'indépendance à l'égard d'un Président en fin de règne témoigne peut-être du désir de ce même Conseil de redorer un blason terni autant par ses nominations que certaines de ses décisions antérieures (passe sanitaire, rétablissement des ZFE, etc.) et de mettre un terme à sa « folle dérive » dénoncée ici même par Marc Baudriller. Quoi qu'il en soit, les réserves émises sur trois points de la loi sur la fin de vie montrent que les critiques émises par certains parlementaires et les établissements et soignants catholiques étaient justifiées (lire l'analyse d'Iris Bridier).
Interdiction des RS : une censure forte sur le fond
Mais c'est, bien sûr, la censure de sa loi sur l'interdiction des réseaux sociaux qui est la plus cuisante pour le chef de l'État. Cuisante, car il en avait fait - et en fait encore, à lire son communiqué rageur ! - une affaire personnelle : l'étendard - la couverture ? - de la protection des enfants était devenu son credo alors que l'affaire Lyhanna finissait de discréditer son action et celle de ses gouvernements sur le sujet... Et même un étendard et un credo portés « à l'international », notre Président saluant la position du Vietnam en la matière ! Il y avait là un emballement liberticide et antidémocratique stupéfiant. Le Conseil constitutionnel, en estimant que le texte porte à la liberté d’expression « une atteinte qui n’est pas adaptée, nécessaire et proportionnée à l’objectif poursuivi » et en le jugeant « contraire à la Constitution », vient de rappeler le Président à la raison démocratique.
Tout en reconnaissant « l’exigence constitutionnelle de protection de l’intérêt supérieur de l’enfant » à l'instar des opposants à la loi, le Conseil constitutionnel estime que l'interdiction très large prévue par la loi « est susceptible de s’appliquer à des services de communication en ligne dont les risques pour la santé et la sécurité des mineurs […] ne sont pas établis ». Les exceptions prévues sont jugées trop « limitées ». Mais le Conseil a également dénoncé les conséquences possibles, sur la vie privée, de l’instauration d’un système de vérification d’âge pour tous les utilisateurs. « Faute de déterminer les conditions et les limites » de cette justification d’âge, « le législateur n’a pas prévu les garanties légales » nécessaires au droit au respect de la vie privée, estiment les « sages ». Là était l'enfer des bonnes intentions initiales : au nom de la protection légitime d'une minorité, on allait contrôler tous les usagers des réseaux sociaux. À la veille d'élections majeures, il y avait de quoi se poser quelques questions.
Macron s'acharne : que va faire la droite ?
Et maintenant ? Emmanuel Macron a aussitôt chargé le Premier ministre, Sébastien Lecornu, de « travailler » à « une rédaction juridiquement robuste » de l’interdiction. Il devra travailler « dans les meilleurs délais » à une rédaction « tenant compte de la décision du Conseil constitutionnel ainsi que du cadre européen », a expliqué l’Élysée dans un communiqué, ajoutant que « la détermination » du chef de l’État à faire aboutir cette réforme « d’ici au printemps 2027 demeure totale ». Si ce n'est pas de l'acharnement... En creux, on comprend aussi que la loi votée en juillet n'était pas « juridiquement robuste »...
Cette décision du Conseil constitutionnel et le jusqu'au-boutisme du Président devraient, à l'approche de la campagne présidentielle, ressouder la droite dans une opposition plus ferme à ce type de projet. Sur le plan politique, pourquoi concéder de mini-victoires politiques à un Président en fin de mandat très impopulaire et à une majorité qui n'en est plus une ? Mais au-delà, sur le plan des principes, cette loi, à bien y réfléchir, ne portait-elle pas atteinte à de belles valeurs... de droite (et de toutes les droites !) : liberté et autorité des familles, liberté d'expression et de communication, libre débat démocratique, respect de la vie privée ? On peut imaginer qu'avec ce soutien inespéré du Conseil constitutionnel, les positions d'élus et de personnalités de droite (voir l'article d'Yves-Marie Sévillia), comme Sarah Knafo ou les députés ciottistes Charles Alloncle, Hanane Mansouri ou Alexandre Allegret-Pilot, remobilisent les hésitants. La campagne qui va s'ouvrir demandera davantage de détermination que d'abstention.
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78 commentaires
Ça sent vraiment la fin de règne !
Le Conseil constitutionnel annule…
Manu indifférent fait du jet ski en eaux protégées !
Qu’à cela ne tienne.
Manu renvoyé dans les fillets par un organe républicain, qu’il venait lui-même de s’assurer les bontés pour le futur, dans l’unique but de bloquer les institutions au cas où Marine Le Pen serait élue… Il y a là quelque chose de délicieux !
Je ne me réjouis pas tant que cela… la ou les loi.s sur l’euthanasie et le suicide sont passées, elles. C’était le but. Constitutionnellement, elle sont plus valides que le téléphone ! ? Moi, je connais la Constitution du Général, modifiée encore récemment sous pression de la gauche, mais dans cette Constitution , le Général aurait apprécié, le suicide, l’euthanasie ? Quant au « camouflet » ( téléphone ), c’était trop compliqué à mettre en place ; il aurait fallut que chaque utilisateur , adultes compris, déclinent leur identité, âge… ; je ne vois pas ce que le CC a à voir avec cette usine à gaz. Comme l’écrit quelqu’un ci-dessous, pour crédit de sérieux, il faut bien de temps en temps » retoquer » comme le dit la classe élito-médiatique.
Je pense que vous faites erreur , Macron est pour le mondialiste débridé dans tous les domaines et particulièrement sociétal , économique , etc etc et dont le libéralisme à tout va , pour plaire à l’électorat conservateur dont il a besoin les voix , il édicte cette loi en espérant qu’elle ne passe pas , le CC lui a donné raison , il a deja fait le coup avec la loi sur la loi ‘émigration’ qu’il ne voulait pas , Retaillau a fait un texte qui dés le lendemain était détricoté par le CC , en particulier sur ses injonctions !!! rappelez vous !!!
Autant c’est l’horreur sur l’aide à mourir, autant là le CC a marqué un point : il a contré le rêve de l’état-nounou d’instaurer ce « paternalisme sans père », c’est à dire piquer l’autorité parentale aux parents en prenant en main de dire qui peut aller ou non sur les réseaux. Car c’est en premier lieu aux parents de prendre leurs responsabilités en gouvernant leurs enfants mineurs : leur donner un portable, en tout premier lieu, dont on sait qu’il est une machine à perdre son temps pire que la télé. Puis, sous couvert de protection infantile que les parents n’assument plus, il flique aussi les adultes : ainsi, il fallait que les mineurs montrent leur carte d’identité pour accéder au réseaux, ce qui revenait à imposer à tous cette obligation. Qui fait quoi, qui dit quoi, la belle surveillance que voilà. Que le parlement au départ ait voté ça surprend.
Déjà qu’ils apprennent à maîtriser la sécurité de leur logiciel comme aux impôts piratés comme beaucoup d’administration
S’ils devaient interdire les réseaux sociaux aux mineurs, ces derniers sont assez malins pour contourner la loi, c’est de la responsabilité des parents , si ces mêmes parents sont dominés par leurs enfants, alors on ne peut rien faire
Exact d’ailleurs il le semble que ce piratage ou un autre ( je ne sais plus lequel) » secret defense ‘ a été initié par un jeune de .14ans…
Nous avons un Président qui est tellement adulé , que même ses « protégés » lui tombent dessus ! Il me fait de la peine parfois , surtout pour nous d’ailleurs ! Par exemple , quand je vois que ça fait 10 ans qu’il « s’esbaudie » encore à la pratique du Jet-ski , je me dis que ça sera un miracle si nous arrivons en Avril 2027 sans plus de dommages !
Finalement ce serait presque amusant, vouloir interdire les réseaux sociaux, où, quand, comment quand dans le même temps la DGFIP se fait pirater 700000 de nos données personnelles, bravo la sécurité et les contrôles.
Chez ces gens là se qui sort par la porte revient par la fenêtre, quelle mascarade!…
Au lieu de s’occuper des réseaux sociaux Macron ferait bien de s’occuper des juges qui laissent les pédophiles en liberté et jettent à la poubelle les dépôts de plainte. Faudrait peut-être prendre le problème à la racine. Et de toute façon les jeunes sauront très bien frauder pour accéder aux RS. Beaucoup savent faire. Cette loi n’est qu’une nouvelle façon de fliquer l’ensemble des français.
1000 fois d’accord avec vous ; pour Macron les racailles sont moins dangereuses que les GUEUX de souche
Les godillots sentant le vent de la tempête lâchent Macron. Eh oui, le souffle de la colère du peuple prêt à exploser arriverait-il jusqu’à eux ? Comment dit-on ? Les rats quittent le navire.
Mais le petit timonier ne cède rien, il revient, têtu, obsédé par cette réforme. Déjà qu’il semble avoir échoué à provoquer la guerre avec la Russie pour nous balancer l’article 16. Ah, son rêve d’un troisième mandat s’envolerait-il sous les vents mauvais ? Surtout qu’Ursula, la traîtresse qui lui avait promis la présidence de l’Europa sur un plateau d’argent, reviendrait sur sa parole. Comment dit-on ? Les promesses rendent les fous joyeux.
Mais méfiance, le diable s’habille en Louis Vuitton,
Tout à été dit par les lecteurs de BV sur le sujet, donc inutile d’en ajouter. Toutefois une observation, ce conseil constitutionnel, que macron a construit à sa main, soit manque de gratitude, soit agit en prévision d’un changement radical de la politique française. L’avenir nous dira.
De toute façon , cette loi aurait été détournée mais ce conseil constitutionnel est anti-France et surtout anti Français , comme le conseil d’Etat qui ne servent à rien , nous avons des élus qui sont là démocratiquement pour valider les lois , seuls représentants du peuple , pour ce qui est de ces réseaux , il faut surtout obliger ces mêmes réseaux à ne pas publier des messages haineux et images violentes sinon , on les interdit sur notre territoire , c’est tout , Facebook le fait bien pour des broutilles en plus , alors que les autres le fassent et supprimer les comptes des parasites qui veulent abîmer notre pays , politiques compris
Il serait peut-être intéressant de faire une étude de ce qu’a coûté cette mascarade, des députés incompétents votant des lois inacceptables, provoquant des frais de toutes sortes, pour passer en force un texte répugnant, des oppositions contraintes d’engager des dépenses, pour enfin faire respecter le droit, un conseil constitutionnel totalement discrédité par son idéologie, et contraint d’agir pour garder un minimum de cohérence, c’est pas grave, c’est les français qui passent à la caisse.
« Malheur à la ville dont le prince est un enfant ». Depuis 10 ans il aura volé de caprice en caprice sans s’occuper des Français. Il ne restera rien de son « règne » sauf la la désolation. Dette, insécurité, immigration, justice, Éducation Nationale, santé, Policiers, Justice, jusqu’aux pompiers qui s’en plaignent. Il aura été le pire président de la V ème, et on ne pourra même pas dire qu’il a tout raté puisqu’il n’a rien fait, sauf transformer la France en le pays le plus endetté d’Europe, où il y a le plus de taxes multiples et variées, un pays envahi pas des gens qui le haïssent, qui est grâce à lui, passé du quatrième rang mondiale au septième, qui est la risée de nos voisins, sur lequel l’Algérie s’essuie les pieds encore et encore, qu’on ne consulte ni informe plus dans les grandes décisions internationales, que sa femme gifle comme un gamin insupportable, qui est tétanisés devant madame von der Leyen… En fin de compte il a toujours besoin d’une « maman » pour le cadrer. Quel talent !
Que de vérités……..
Je partage pleinement votre analyse.
Superbe portrait, criant de vérité. Quel talent !
Qui peut croire un instant que cette décision du CC n’est pas n’est pas stratégique. Il était difficile, peut être, dans l’esprit de fonctionnaires obéissants de ne pas tout valider. Mais cette loi qui est le pied dans la porte dans la mise en place du contrôle social numérique qui fait tant rêver nos sénateurs sera sans doute, vu le degré de soumission de nos élus, imposée par la voie européenne. Le globalisme ne peut résister qu’à cette condition. Nos dirigeants ne sont que les petits télégraphistes de l’UE elle même missionnée pour cela. On voit bien ce qui reste à faire aux futurs électeurs qui souhaitent que la France continuent à exister.
Passé-muscade, la loi sera imposée par l’UE. Le doigt la lune tout ça…