[L’ÉTÉ BV] « Deux secondes d’hésitation peuvent être fatales » : le danger des débats anti-armement

À Marseille, un policier a neutralisé par un tir mortel un individu armé. Un geste qui lui aura sûrement sauvé la vie.
Capture écran Urgences Genève
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Cet article a été publié le 24/04/2026.

Dans la nuit de dimanche à lundi, un policier était passé à tabac, à Marseille, par un couple d'antifas qu'il venait aider. Une agression qui met en lumière les risques que prennent nos forces de l'ordre, tandis que certains aimeraient bien désarmer la police municipale.

 

A-t-on octroyé aux forces de l’ordre un « droit de tuer » ? C’est le débat imposé, chaque fois que l’un d’eux fait usage de son arme pour neutraliser un individu menaçant. Il est souvent l’occasion, pour la gauche anti-police, de le transformer en plaidoyer pour le désarmement des agents de la police municipale, comme le suggérait, dès son intronisation, le maire de Saint-Denis Bally Bagayoko.

Un individu neutralisé à Marseille

À Marseille, il a été relancé, ce jeudi, par le tir mortel d’un policier municipal confronté à un individu armé d’un couteau. Âgé de 26 ans, défavorablement connu de la Justice et condamné, en novembre 2025, à quatre ans de prison, ce dernier faisait l’objet d’un mandat d’arrêt lorsqu’il a menacé une patrouille de la brigade canine, à l’occasion d’un contrôle routier, a appris RTL.

Lorsque les policiers ont voulu procéder à ce contrôle, l’individu est sorti de son véhicule en les menaçant avec son arme, avant que l’un d’eux ne tire à trois reprises. Malgré les premiers secours prodigués par la patrouille, l’homme est décédé quelques minutes plus tard et une enquête pour « homicide volontaire » a été ouverte et confiée à la direction de la criminalité territoriale, comme il est d’usage. Dans le véhicule de ce condamné en fuite, par ailleurs interdit de paraître dans la cité phocéenne, on a retrouvé sept bonbonnes de protoxyde d’azote.

« droit de se défendre » plutôt que celui de « tuer »

À ce supposé « droit de tuer », le porte-parole d’Unité SGP Police-FO, Eddy Sid, oppose, sur CNews, un « droit de se défendre ». Une distinction de bon sens pour qui s’intéresse à la réalité des policiers municipaux qui, chaque jour sur le terrain, courent les dangers que leur impose l’uniforme. Mais malgré ce qui semble être pour beaucoup une évidence – près des deux tiers des Français seraient favorables à leur armement, selon différents sondages –, les discours accusateurs continuent de prospérer.

Des débats qui mettent des vies en danger

Et la virulence de ces débats n’est pas sans conséquence sur le moral des premiers concernés. « Au vu de ce qu’il se dit, certains collègues vont hésiter, réfléchir à deux fois » face à une situation d’urgence, admet, auprès de Boulevard Voltaire, le porte-parole du syndicat de la police municipale chez Alliance, Augustin Dumas. Or, « deux secondes d’hésitation peuvent être fatales. Elles peuvent conduire à ce qu’un policier soit blessé, voire tué », rappelle-t-il.

Car la réalité des policiers municipaux est « simple mais extrêmement brutale ». « En tant que policiers, qu’on soit municipal, national ou gendarme, nous n’avons pas le luxe du recul. Nous sommes dans l’immédiateté : il faut analyser et réagir en quelques secondes, voire en quelques millièmes de seconde. »

S’ils sont formés – et « bien formés » – pour faire face à ce type de situation, la hargne avec laquelle certains mènent ce combat anti-armement peut entretenir une forme de doute, nourri par la crainte des répercussions. « Or, dans ces situations, l’hésitation n’est pas possible : si le policier se pose la question, il ne fera pas usage de son arme », s’exposant alors à un danger potentiellement mortel.

La référence est dans tous les esprits depuis l’affaire de Nanterre : la mise en examen du policier ayant tiré sur Nahel a durablement marqué les rangs. Pourrait-elle, désormais, les mettre en danger ?

Une arme qui reste un moyen de dissuasion

Malgré cela, l’usage de l’arme à feu reste extrêmement rare. « La grande majorité des policiers municipaux n’utiliseront jamais leur arme au cours de leur carrière. » Et lorsque celle-ci est utilisée, c’est dans des circonstances exceptionnelles, où la menace est immédiate. « À partir du moment où il est écrit "police" sur un uniforme, nous devenons des cibles potentielles. La menace ne fait pas de distinction entre police municipale et nationale. »

C’est pour ça que le syndicat plaide pour un changement de logique : « Aujourd’hui, la question de l’armement ne devrait pas se poser. Nous défendons l’idée d’inverser la règle : le port de l’arme devrait être la norme, et ce serait au maire de justifier un éventuel désarmement. »

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 20/08/2026 à 21:41.

Vos commentaires

81 commentaires

  1. Conseil d’un ancien « tu tirés et tu fais les sommations après » ce n’est peut être pas dans le bon ordre mais cela te permet de rester vivant

  2. Les slogans et les discours de LFI, des « Antifas » et consorts, sont une forme de soutien aux délinquants armés, et une menace directe pour les forces de l’ordre.

  3.  » L’ordre , et l’ordre seul , fait en définitive la liberté . Le désordre fait la servitude .  »

    Charles Péguy

  4. Quand les policiers ne pourront plus intervenir qui assurera la sécurité , les citoyens eux même ?

    • Si on veut survivre, ce sera hélas la seule solution , et nous finirons au tribunal si on a le malheur d’amocher une racaille !

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