[POINT DE VUE] Ferias de Béziers : discours décomplexé (et libérateur) de Robert Ménard
On pourra dire ce qu'on voudra sur Robert Ménard, mais on ne pourra pas lui enlever un vrai courage. Quand il exprime ses idées, on ne peut pas dire que ça manque de clarté, d'honnêteté ou de cran. Pour preuve, son discours du 13 août au soir, en ouverture des ferias de Béziers, qui est un modèle d'honnêteté intellectuelle sur le fond et de faconde du Midi dans la forme.
« Un moment de chez nous »
Devant une foule de festayres heureux d'être là, le maire de Béziers a tout assumé, tout revendiqué, tout mis sur la table. Les meilleurs moments de son discours, relayés par le Midi Libre, qui n'est pourtant pas un journal d'extrême droite, sont délicieux. Cela mériterait presque qu'on se les repasse en boucle.
« Un moment de chez nous », a-t-il dit de cette feria sur le point de commencer. Puis il a précisé : « un moment où nous n'avons besoin de demander la permission à personne ». Il a exalté le Sud, « le Midi, la Méditerranée », citant involontairement (ou non) le trajet des oies sauvages dans Le Chasseur de Michel Delpech, ce nouveau tube de la France fière d'elle-même et de son terroir. « Tant pis, de vous à moi, si ça emmerde ». Quel plaisir…
S'est-il arrêté en si bon chemin ? Non! Il n'avait pas précisé qui « ça emmerde », les célébrations populaires, les fêtes françaises, la simple joie d'être ensemble depuis des temps immémoriaux. Alors il va en parler. Et il en avait, des choses à dire. D'abord, pour enfoncer le clou sur le respect des traditions : « la Vierge, la Sainte Vierge, continuera d'être portée en procession ». Même chose pour la corrida, qui « vivra dans nos arènes », dit encore Robert Ménard, « quoi qu'en pensent les sinistres animalistes », assène-t-il sous les applaudissements. Ici, enchaîne-t-il en grande forme, « on continuera à faire la fête », sans égards pour ceux qui veulent « une vie grisâtre, réglementée [...] on n'en veut pas ». Au moins, c'est clair.
Un petit mot sur l'injonction migratoire? Robert Ménard a encore des munitions. « Ici, je marie les gens qui sont en situation régulière, et les OQTF, on les renvoie chez eux ». Ovation dans les rangs biterrois. On sent le caractère presque palpable de l'écrasante popularité dont jouit le maire réélu triomphalement.
Une incise sur la galanterie ? « Mesdames, mesdemoiselles », dit Ménard, oubliant qu'on n'a plus le droit, en France, de s'adresser aux demoiselles comme on le devrait, « on aime le corps des femmes, le regard des femmes, à notre façon et n'en déplaise aux féministes à deux balles ». Voilà qui est bien dit !
« Vive les ferias, vive Béziers, vive la France »
« Je continuerai à appeler un chat un chat, un délinquant un délinquant, un salaud un salaud », annonce-t-il encore. On n'en doutait pas trop jusqu'ici, et ce n'est pas son discours qui va le faire passer pour un tiède…
En conclusion, le maire de Béziers se fend, toujours sous les vivats, d'un « vive les ferias, vive Béziers, vive la France » et déclare ouvertes les festivités. On quitte cette courte vidéo le cœur léger. Robert Ménard dit ce que tout le monde pense. Il défend ceux qui veulent simplement continuer à vivre comme ils ont toujours vécu. Et on peut dire qu'il fait cela très bien. Des édiles comme lui, dans le Sud, il y en a de plus en plus. Et il en faut de plus en plus. L'élection de 2027 portera aussi sur le mode de vie que nous voulons et les libertés que nous sommes prêts à défendre…
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