Mis à part pour un Antoine Laurent, comme le relevait Arnaud Florac ce matin sur BV, qui voit débarquer à Lampedusa « comme à chaque fois, énormément de femmes et d’enfants » quand il n’y en a qu’une très infime minorité, la réalité est en train d’exploser au nez des Français. D’où les contorsions douloureuses des politiques.

Les contorsions de Gérald Darmanin

En tête Gérald Darmanin, le ministre de l’Intérieur. Alors qu’un hôtel et un terrain ont été réquisitionnés à Menton pour accueillir des migrants qui remontent l’Italie, il jure qu’il n’est pas question d’y installer un camp. C’est juste une extension temporaire pour gérer l’afflux. Comme s’il allait se tarir demain… Et, retour de Rome, de jurer au 20 heures de TFI, mardi soir, que « la France n'accueillera pas de migrants présents à Lampedusa. La France veut une position de fermeté ».

« Ce n'est pas en accueillant plus de personnes que l'on va tarir un flux qui, évidemment, touche nos capacités d'intégration », dit le ministre. Toutefois, « en même temps », la France en fermeté envisage de régulariser les sans-papiers qui poseraient leur candidature dans les fameux métiers en tension.

Le contexte rend en effet très sensible l’examen du projet de loi immigration qui, après maints reports, doit arriver devant le Sénat le 6 novembre, puis devant l’Assemblée en début d’année prochaine. Le point le plus épineux est l'article 3 du projet de loi qui propose donc l’obtention d’une carte de séjour pour les métiers en tension.

« Une blague »

A ce sujet, France Info recevait mardi matin le député Olivier Marleix, président du groupe Les Républicains à l'Assemblée. Celui-ci le dit clairement : cette mesure est nulle et non avenue. « Cette mesure, c’est un petit bricolage de Monsieur Darmanin qui a eu la commande d'un projet de loi sur l'Immigration, au lendemain d'un discours de Monsieur Macron pendant la campagne présidentielle » dit-il. « Il ne savait pas trop quoi mettre dedans. Donc on a mis une mesure de droite pour exécuter un peu mieux les OQTF et il a pris une mesure de gauche, la régularisation sur les métiers en tension, mais c’est une blague, la régularisation des métiers en tension ! ».

« C’est une blague », poursuit-il, « car un préfet peut donner un titre de séjour à n’importe qui ». Et de se prendre en exemple : « Tous les hôpitaux de France, on le sait, ont aujourd’hui besoin de médecins étrangers. Sur mon hôpital, je le reconnais, on a besoin de médecins étrangers, donc il peut m’arriver, au cas par cas, de demander au préfet… »

« Si je comprends bien vous le faites tous les jours en tant que député mais vous ne voulez pas l’afficher dans la loi ? Pourquoi alors refusez-vous cet article 3 ? » demande Sahlia Brakhlia d’un ton hargneux.

« Parce que ça créerait un appel d’air », répond Olivier Marleix. « Ce qui est clair, c’est qu’aujourd’hui, si on a des cas à régler, on peut juridiquement le faire. Rien n’empêche de régler une situation au cas par cas, mais il y a une immense différence avec le fait d’annoncer urbi et orbi que la France régularise les sans-papiers. »

« Giorgia Meloni a fait passer cet été à 123.000 le nombre de permis de travail pour les métiers en tension. Ça ne vous fait pas réfléchir ? », demande alors le journaliste Marc Fauvelle, prêt à mordre.

Le député répond taux de chômage des populations immigrées. « Donc je ne pense pas qu’on résoudra la question de la vacance d’emploi par un nouvel appel de population immigrée », conclut-il au grand dam de ses interlocuteurs.

On espère qu’au moment du vote Olivier Marleix saura tenir ses troupes et que le bon sens l’emportera…

On voudrait bien aussi que les journalistes du service public laissent leur hargne militante au vestiaire. Hélas, c’est un vœu pieux.

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20 septembre 2023 à 13:40

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13 commentaires

  1. Sans compter que, dans le projet que Darmanin tente par des contorsions multiples de faire avaler, quelle est la délimitation des métiers « en tension » ? Une fois le projet en fin de compte adopté probablement au prix d’une trahison de plus de ce qui fut la droite, on va bien évidemment se garder de donner une définition de la « tension », ce qui permettra une fois de plus aux juges (non élus et donc non représentatifs) d’interpréter cette notion de façon variable mais, compte tenu de l’influence prépondérante du syndicat de la magistrature, dans la majorité des cas de la façon la plus libérale. La com et l’incantation tiennent toujours lieu de politique et l’opinion des >Français n’est que quantité négligeable.

  2. j’espère que LR tiendra bon. On a assez, en France, de sous diplomés et sous employés qui peuvent très bien aller éplucher des patates ou faire la plonge dans les restaurants. Des étudiants le font bien pendant leur vacances. Alors pourquoi pas des bac -5!Et puis, avec un peu de bonne volonté, tout s’apprend. Donc, régulariser des clandestins qui travailleront 3 mois puis demissionneront et feront venir le frère ou le cousin pour les remplacer, c’est non!

  3. Des métiers sous tentions, vaste blague. Commencez à les rémunérer à la hauteur de leur emplois et il n’y a plus de métiers sous tension. La quantité de demandeurs d’empois est présente et attend cela. Les exemples ne manquent pas la SNCF, la RATP des entreprises visibles avaient de bons avantages quant à leurs inconvénients les embauches sous un contrat moins attrayant et voilà le manques de candidats faisant des postes en sous effectifs et qui plus est une bien moindre qualité du personnel.

  4. Il suffit que le ministre de l’interieur affirme quelque chose pour que ça foire.Pauvre pays.

  5. Dites-vous bien que lorsqu’un politique, en l’occurrence Darmanin, vous affirme avec force qu’aucun migrant de Lampedusa (ou d’ailleurs) ne sera accepté et bien ce sera exactement le contraire qui se produira. Faites le test, ça marche à tous les coups.

  6. Les LR, toujours les LR. Macronistes ou non, ça cause, ça cause, ça cause … Et puis plus rien. Nous nous souvenons de la zone extra-territoriale des « repêchés  » de l’ « Ocean Viking ». La zone était tellement sécurisée que 15 jours après les « envahisseurs imposés » par McRond avaient tous disparus … et on ne les a jamais revu …. Sauf peut-être dans l’actualité des faits-divers et de la criminalité. Prière de ne pas faire de lien, vous penseriez mal.

  7. Je suggère que les journalistes du service public refusent les subventions qu’ils reçoivent de l’état pour que celles-ci soient consacrées à l’accueil des migrants.
    Ce serait une bien belle façon de montrer leur générosité tellement sincère…

  8. Avec près de six millions de « demandeurs d’emploi » qu’il y ait des métiers sous tension est la preuve même de la mauvaise gestion des chômeurs ! CQFD !

  9. Comme ils ont compris que les français ne veulent plus d’immigration mais qu’ils ne veulent et ne peuvent rien faire, alors ils mentent….

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