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Editoriaux - Santé - Société - 25 décembre 2019

RATP : les arrêts maladie explosent… Tenez bon, les gars !

L’épidémie de grippe aurait commencé et on ne nous aurait rien dit ? Il doit s’agir, alors, d’un virus cavernicole, parce que les premiers frappés sont agents de la  ! Depuis le 5 décembre, en effet, le nombre d’arrêts maladie a explosé au sein de l’établissement : 578 arrêts maladie, en moyenne, entre les 16 et 19 décembre 2019, contre 137 l’année dernière, soit 321 % de plus, selon les calculs du Parisien. Et, hasard du calendrier, c’est pendant la grève reconductible… Pourrait-il en être de même à la SNCF ? C’est difficile à savoir, parce que, selon son porte-parole : « Nous n’avons pas de statistiques. » Pratique : pas de thermomètre, donc pas de fièvre.

Il faudrait, d’ailleurs, avoir bien mauvais esprit pour penser que certains salariés se seraient fait porter pâles pour limiter leur perte de rémunération et, ainsi, prolonger le « mouvement ». Non, quand on a le service du public aussi chevillé au corps qu’à la RATP, ce serait inconcevable. Et du côté des non-grévistes, les passagers excédés et les embouteillages pour les conducteurs de bus ne suffisent-ils pas à expliquer cette épidémie de détresses psychologiques ? Ou peut-être un manque compréhensible de motivation pour affronter les piquets de grève, en se souvenant de ce cadre d’Air France, chemise arrachée, en 2015… C’est qu’au fil de l’Histoire, et sans remonter à des morts aussi inexplicables qu’opportunes (Louis Renault, Bernard Cabanes, Émilien Amaury, René Lucet…), il a toujours été mauvais pour la santé de s’opposer aux « travailleurs en lutte », et surtout à ceux qui les encadrent.

On ne peut nier qu’il existe des médecins à la plume facile en matière d’arrêts de travail. Certains par idéologie, d’autres pour des raisons plus matérielles ; enfin, certaines personnes ont cette chance rare que l’attitude qui leur profite le plus soit précisément celle qu’ils prennent sincèrement…

Le contrôle des abus est difficile, et vu les délais d’action, pratiquement impossible pour les arrêts courts. Les ordinateurs de la Sécu ont les moyens de cibler les profils statistiquement atypiques et de les faire comparaître devant des commissions où siègent, entre autres (mais vous l’auriez deviné), des représentants des syndicats de salariés. C’est le paritarisme.

Mais la grande majorité des praticiens savent résister aux demandes abusives, et le burn out, les lombalgies et autres troubles musculo-squelettiques existent bel et bien.

Et surtout, au fil de la complexification de notre système, la médecine est devenue l’ultime bouée de sauvetage de situations non seulement médicales, mais aussi administratives, familiales et sociales inextricables, en face desquelles l’arrêt de travail constitue un outil pratiquement indispensable.

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