RATP : derrière l’affaire Bagayoko, un système impliquant 200 élus ?
Les polémiques se suivent, pour Bally Bagayoko. Le 5 août, Le Canard enchaîné révélait les conditions pour le moins avantageuses dans lesquelles le nouveau maire LFI de Saint-Denis avait mené sa carrière à la RATP. L’ex-basketteur aurait intégré la Régie en 2000 sur simple proposition de Jacques Marsaud, ancien bras droit du maire communiste de Saint-Denis Patrick Braouezec, devenu cadre dirigeant de l’entreprise publique. Il aurait ainsi été recruté sans passer le moindre concours ni entretien. « C’était un moment où la RATP recrutait beaucoup dans la diversité et dans les quartiers », s’est défendu Patrick Braouezec à l’hebdomadaire. Une justification qui ressemble fort à l’aveu d’une préférence territoriale et sociale. Ceux que l’on dit victimes d’effroyables « contrôles au faciès » seraient-ils, en réalité, les bénéficiaires de très favorables embauches au faciès ? Allez savoir. Mais Kader Chibane, élu écologiste et chef de l’opposition municipale à Saint-Denis, livre une tout autre version : cette embauche aurait été « clairement » politique et serait le fruit d’un accord avec le Parti communiste. « À Saint-Denis, c’est un secret de polichinelle », assure-t-il.
Les Français seront ravis d’apprendre que @BallyBagayoko a bénéficié d’un emploi de complaisance à la RATP puisqu’il n’a pas passé le concours.
En France la discrimination existe oui, mais pour tous ceux qui ne viennent pas de banlieue. pic.twitter.com/JShkYB3wIA
— Damien Rieu (@DamienRieu) August 5, 2026
Promu ensuite adjoint au maire, conseiller général puis vice-président du département de Seine-Saint-Denis, Bally Bagayoko aurait eu la chance de conserver, en parallèle, un poste de cadre à temps plein à la RATP. Selon Le Canard, sa rémunération dépassait la somme rondelette de 6.000 euros mensuels, treizième mois et primes compris. Et en 2015, après la perte de son mandat départemental, ses indemnités d’adjoint au maire ont encore bondi de plus de 100 %… Il faut croire que la ville roulait sur l’or, à l’époque.
La victimisation pour toute réponse
Bien entendu, Bally Bagayoko conteste vigoureusement les soupçons portant sur la réalité de son travail. Dans une longue réponse publiée sur les réseaux sociaux, l’élu d’extrême gauche accuse Le Canard enchaîné de préférer le « sous-entendu » à la « démonstration ». Il jure avoir réellement exercé ses fonctions et présente son parcours comme le fruit de son dur labeur et de ses « compétences ». Mais l’élu insoumis déplace également l’affaire sur le terrain racial. Selon lui, les attaques dont il fait l’objet viseraient plus globalement la « nouvelle génération d’élus » dont il fait partie et qui « ressemble aux habitants qu’elle représente ». Dans un autre tweet, il évoque encore plus explicitement le « racisme » supposé de ceux qui le mettent en cause. Une manière habituelle et commode de se poser en victime et d'intimider les opposants.
⚡ LE DRIBBLE, ÇA NE SUFFIT PAS !
À ceux qui pensent pouvoir me dribbler avec leurs polémiques, leurs diffamations, leurs mensonges, leurs calomnies ou encore leur racisme : vous n’êtes pas près d’y arriver !
Continuez à vous entraîner… parce que le niveau est encore loin… pic.twitter.com/kWCDG6vdju
— Bally Bagayoko (@BallyBagayoko) August 11, 2026
La direction de LFI a, elle aussi, préféré s’en prendre au messager. Manuel Bompard a ainsi désigné Frédéric Haziza comme l’auteur des articles du Canard consacrés à Bally Bagayoko. « La haine de cette personne contre La France insoumise suffit à nous éclairer sur le sérieux de cette enquête », a-t-il lancé. Jean-Luc Mélenchon a renchéri en accusant le journaliste d’être à l’origine d’une « campagne de calomnies », tout en le réduisant au statut d’« animateur de Radio J ». Comme une façon de rappeler, implicitement, sa religion ?
Deux cents élus concernés ?
La contre-attaque était d’autant plus mal ajustée que Le Canard enchaîné a poursuivi ses révélations. Dans un nouvel article, publié cette fois sous la signature de Camille Eider – et non de Frédéric Haziza –, l’hebdomadaire affirme que Bally Bagayoko serait loin de constituer un cas isolé. Selon Le Canard, donc, quelque 200 agents de la RATP titulaires d’un mandat électif auraient bénéficié d’un emploi à temps plein « mais pas très prenant », ainsi que de facilités leur permettant d’exercer leurs responsabilités politiques. Des élus de droite, de gauche et du centre seraient concernés. En contrepartie, ces agents auraient pu servir de relais à la Régie auprès des municipalités, des collectivités et, parfois, des ministères.
Bally Bagayoko n’est pas le seul !
La RATP a fait bénéficier à 200 élus d’un emploi à temps plein, mais pas trop prenant, pour les aider à exercer facilement leur mandat en échange de leur soutien.
Une information « que tout le monde connaît », admet le député LFI de Paris…
— Le Canard enchaîné (@canardenchaine) August 11, 2026
Cette organisation n’est pas seulement décrite par des adversaires politiques. Jacques Marsaud lui-même l’évoquait dans Passion commune (Atelier), ouvrage publié en 2018. L’ancien dirigeant de la RATP expliquait y avoir animé ce réseau de quelque 200 élus salariés, chargés de constituer autant de points d’appui locaux pour l’entreprise. Le député LFI Rodrigo Arenas a d’ailleurs livré au Canard un étonnant élément de confirmation : « Votre article ne fait que révéler une information que tout le monde connaît. »
Une pratique légale ou des emplois de complaisance ?
Être salarié et élu local n’a, en soi, rien d’irrégulier. La loi accorde aux élus des autorisations d’absence et des crédits d’heures pour remplir leur mandat. Encore faut-il distinguer ces droits (parfaitement légitimes) d’un système dans lequel une entreprise publique proposerait des postes volontairement peu exigeants afin d’entretenir son influence politique. Le 7 août, l’association AC!! Anti-Corruption a déposé une plainte contre X auprès du parquet national financier. Elle estime que des salaires versés pour un travail qui n’aurait pas été effectivement accompli pourraient caractériser une utilisation indue de fonds publics.
En réponse, la RATP a formellement démenti toute « allégation d’emploi de complaisance ». Elle affirme appliquer, comme les autres entreprises, le cadre légal permettant aux salariés de concilier activité professionnelle et mandat local, et précise que leurs absences ne sont pas rémunérées. Concernant Bally Bagayoko, elle assure qu’il a été recruté en 2001 après avoir passé les entretiens préalables à son embauche puis à sa titularisation.
Ce démenti suffira-t-il à refermer le dossier ? Reste à établir la réalité du travail effectué par les quelque 200 élus concernés et la nature exacte des facilités qui leur étaient accordées. Sollicitée par Boulevard Voltaire sur les critères de recrutement et l’activité effective des personnes concernées, la RATP ne nous avait pas encore répondu, au moment de la publication de cet article. Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, réclame de son côté que toute la lumière soit faite sur ces recrutements, anciens comme actuels, et évoque une mission flash à l’Assemblée nationale. En attendant, ce n’est donc plus seulement le parcours controversé de Bagayoko qui doit être éclairci, mais tout un système souterrain circulant depuis des années sur les lignes de la RATP.
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161 commentaires
Je crois que cet article révèle ce que la plupart des Français soupçonnaient. Et la RATP n’est qu’une partie de ce que les Français supposent. Moi-même je reste bloqué sur la question « le banquier d’affaires qui a recruté celui qui nous conduit à la ruine, n’avait-il pas en son sein un cadre plus expérimenté capable de faire le job de celui qui, sans expérience aucune, a réussi à vendre aux USA une entreprise (avec ses brevets) pour la racheter (sans ses brevets). Je soupçonne un délit d’emploi fictif n’ayant pour but que de gonfler le CV du dit recruté qui ne connaissait rien à la banque d’affaire mais en est sorti avec une énorme compétence en banque route d’état. Les amis ça sert à ça.
Et combien de dirigeants à très haut niveau sont propulser par copinage avec des salaires à 5 chiffres. Et des parachutes dores tous les 3 ans.sans compter les jetons de présence dans les conseils d administration. Cela a commencé avec Mitterand. Aucune competence requise. Quand on voit les competences des responsables Russes et Chinois….Une caste d entresoi que les français entretiennent en redoutant les fins de mois. Retour à l ancien régime.
Combat perdu d’avance, la « gôche et extrême gôche » étant largement majoritaire dans les médias. Le bon peuple, lui est bon pour « trimer » afin d’arroser tous ces parasites.
Affaire à suivre de près ! Les justifications de la RATP vont certainement être très convaincantes.
En fouillant encore un peu, l’on va peut-être s’apercevoir, qu’il est aussi chef de gare à Bamako !
Chef d’une « traite », pourquoi pas aussi.
Alors c’est ça qui incarne la « nouvelle France » ? Quelle honte pour notre pays. Si ça se confirme dans les urnes en 2027, je quitterai ce ‘nouveau pays’
Dans le privé le dirigeant de l’entreprise serait poursuivi pour abus de biens sociaux, délit pénal et les juges le condamneraient très sévèrement.
Dilapider des biens publics semble parfaitement légitime pour les juges rouges et pour beaucoup de français qui ne paient pas d’impôts. Quand va-t-on arrêter cette gabegie ? Sans toutes ces dépenses injustifiées qui représentent plus de 100 milliards, le budget de la France aurait une autre allure. Les français vont ils enfin voter pour des politiques ayant du bon sens.
Mon âge me permet hélas d’en douter.
Quand la France sera en défaut de paiement, le réveil sera brutal.
L’actuel dirigeant de la RATP, il fait partie des responsables des mille milliards de dette macroniens et était principalement connu, avant d’être un éphémère premier ministre aussi nul que transparent, pour être un haut fonctionnaire particulièrement performant, aux dires de ses pairs jamais avares du coup de pied de l’âne, pour cumuler les fonctions aussi fumeuses qu’inutiles … et les grasses indemnités qui vont avec ! Dilapider l’argent public sans crainte de la moindre poursuite fait donc sans doute partie de ses rares compétences. Peut-être même est-ce un critère déterminant pour pouvoir être recruté, avec l’aval de la CGT donc du parti communiste, à la RATP.
J’aimerais bien connaître le contenu de sa fiche de poste et ses conditions de travail. 6000 euros c’est une somme, d’autant que l’emploi était probablement à temps partiel. En plus il ne serait pas le seul ? C’est beau la RATP !!
Quand on réféchi deux minutes et qu’on voit q’un petit retraité qui prend un petit job pour arrondir ses fins de mois se voit déduire de sa pension l’équivalent de ce qu’il gagne avec ce job, c’est écoeurant…
Pas un seul jour ne se passe sans que l’on ait une manifestation -le plus souvent scandaleuse- de la gabegie financière française. Aujourd’hui, ce sont les cumuls de mandat électifs avec des emplois bidons. Sur un autre média, on apprend qu’un fonctionnaire hospitalier qui traitait à son poste 230 dossiers par jour n’en traitait plus que 50 par jour chez lui après qu’il eut obtenu 3 jours de télétravail par semaine.
Les services publics n’ont fait que se dégrader à mesure que leur coût, nos impôts, devenaient de plus en plus exorbitants.
Qu’y a t il derrière cela ? laxisme, Idéologie, étatisme, clientélisme, corruption.
Le redressement national requiert impérativement que cette question soit traitée. Qu’il soit mis fin à cette gabegie. Le traitement de cette question n’est pas suffisant pour redresser le Pays mais il est absolument nécessaire, vital même. Un état d’esprit « très différent » devra permettre qu’il le soit. Mais en tout état de cause, cet esprit devra aller de pair avec les lois de l’économie et de l’efficacité.
Le moindre échec sur ce terrain signifiera l’évanouissement à plus ou moins brève échéance des espoirs que l’on aura placés dans une nouvelle politique et une nouvelle équipe.
Tout à fait. On supprime 4 ou 5 ministère et on charge celui des « Comptes publics » de mettre son nez partout où il le faut (on pourra l’aider)… Cela devrait déjà aller mieux.
Pas étonné. Dans les années 2000, en tant qu’ancien militaire français de souche, se faire recruter à la RATP ou à la SNCF, s’était mission impossible. Il n’y a qu’a faire l’enquête par l’absurde et se poser la question à savoir qui n’était jamais recruté dans ces deux sociétés à cette époque du » touche pas à mon pote », la France « black,blanc,beurre ». Les communistes, la CGT, FO, NPA, faisaient la pluie et le beau temps. D’ailleurs ça n’a pas beaucoup changé. Avec castex l’ex valeureux premier ministre de macron aux commandes.
Il serait peut-être temps de donner la gestion de la RATP à de vrais professionnels du transport et d’y supprimer les emplois de complaisance, en y étant on pourrait faire de même pour l’éducation nationale et le généraliser à l’ensemble des ministères tout en en réduisant drastiquement le nombre. Plus de ministres, plus d’intérêts particuliers et d’oubli que la gestion d’un pays est un problème systémique incompatible avec une ribambelle de ministres dont l’essentiel de l’action est de défendre leur petit pré carré au détriment de l’intérêt général dont finalement personne ne se préoccupe vraiment.
Il n’y a pas qu’à la SNCF mais vous rêvez comme feraient t’ils pour arrondir leurs fins de mois et militer si les entreprises publiques devenait privées
Toujours la même rengaine vous êtes raciste mais ça fonctionne de moins en moins heureusement
Pas de panique, le privilège rouge est une réalité. Les juges rouges vont le blanchir.
Bayokoba a bien profité des failles du systéme français, il n’a meme pas honte, il fait le beau partout !!!
Fantastique royaume des parasites, notre pays est aussi une république bananière dans laquelle une bourgeoise arrogante, ex ministre du travail avait déclaré vouloir taxer les retraités « les plus aisés » (ceux qui touchent plus de 2000 € par mois !) Quousque tandem…