Editoriaux - International - 25 septembre 2019

Qui peut croire que Donald Trump soit sans stratégie face à l’Iran ?

Le romancier-journaliste Gilles Paris écrit, dans Le Monde du 23 septembre 2019 : « Donald Trump sans stratégie face à l’Iran. » C’est bien ce qu’il croit puisque, désormais, c’est là le nouveau mot d’ordre médiatique. Comme personne – par peur du ridicule – n’ose plus prédire que Donald Trump va ruiner économiquement les USA, être destitué, être convaincu de trahison avec la Russie, déclencher des guerres, et ne sera pas réélu, on se contente de vaticiner sur le fait qu’il va échouer face à la Chine ou à l’Iran car il serait sans méthode ou sans stratégie.

Et l’auteur de l’Autobiographie d’une courgette de croire que « le président américain pense qu’il peut appliquer les sanctions les plus brutales contre Téhéran tout en entretenant l’idée d’une nouvelle négociation, plus favorable aux États-Unis. Tout démontre que cette croyance est une chimère. » Sans préciser ce « tout démontre ». De même soutient-il que la sortie de l’accord (Obama) sur le nucléaire iranien ne serait pas à l’avantage du président américain, qui n’aurait entraîné personne dans son sillage alors que l’Iran aurait des « alliés régionaux particulièrement actifs » mais on ne nous dit pas lesquels. S’agit-il du Venezuela ? De La Chine ?

En tout cas, si l’auteur pense à la Russie, il se trompe lourdement : la Russie ne tient pas à avoir un khalifat chiite doté de la bombe islamique à ses portes. Quant aux alliés de Trump, il y a bien sûr Israël, l’Arabie et les Émirats, le Royaume-Uni ; et bien sûr, aussi l’Égypte et la Jordanie. Tous pour les mêmes raisons que la Russie. Quant à la France, elle reste persuadée, comme Fabius le fut, que l’accord Obama n’est pas bon car il ne traite ni des vecteurs stratégiques ni de la présence des Pasdarans (gardiens de la révolution islamique) en Irak, Syrie, Liban, Yémen, Afghanistan…

Au lieu de s’inquiéter des droits de l’homme et de la femme en Iran, des discours belliqueux de destruction d’Israël ou de l’Arabie, de la paralysie du golfe Arabo-Persique, Le Monde préfère critiquer le seul qui s’y oppose : le président Trump. Et il préfère déformer son but stratégique, qui est bien le changement de ce régime totalitaire, obscurantiste et belliqueux, but qui ne saurait être résumé par la formule approximative de « faire rentrer l’Iran dans le rang ».

Donald Trump – assisté par une organisation d’État la plus puissante qui soit – a bel et bien une méthode et une stratégie vis-à-vis de l’Iran afin de l’amener à renoncer à ses plans belliqueux de djihad chiite ; mais il ne veut pas de morts et pense que les sanctions économiques finiront par aboutir à des meilleurs résultats. Que n’aurait-on dit de lui dans Le Monde s’il avait riposté à toutes les agressions guerrières, tombant dans le piège grossier des provocations de ce khalifat des Pasdarans dans ce qui reste d’État iranien ?

On note néanmoins que, si cette nouvelle rhétorique est fausse, elle est tout de même plus élaborée que la précédente, où Le Monde collectait et ne répandait que des potins désobligeants et faux sur le président américain.

Encore un effort pour redevenir le grand journal d’information et de débat qu’il fut.

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