Le char Valois d’Alençon, la mémoire souillée de la Libération

Les élus locaux dénoncent un acte « d’une profonde indécence » envers ce témoin des actes héroïques de la 2e DB.
© Sophie Douvry Facebook
© Sophie Douvry Facebook

Dans la nuit du 24 au 25 mai 2026, le char Valois, installé depuis plusieurs décennies aux abords d’Alençon (Orne), a été recouvert de peinture rose et de tags tels que « Peace » ou « Love ». Le monument, situé plus précisément dans la forêt d’Écouves, a été ainsi découvert au petit matin dans un état dégradé et, même, au regard de la mémoire des soldats morts pour la France, véritablement profané.

Plusieurs élus locaux ont rapidement dénoncé ce vandalisme L’adjoint chargé de la culture et du patrimoine à la ville d'Alençon, Jean-David Desforges, a condamné, sur les réseaux sociaux, ce geste « d’une profonde indécence ». Il a également tenu à rappeler que « la paix ne se construit ni dans l’effacement de la mémoire, ni dans la dégradation des lieux où s’inscrit le sacrifice de ceux qui ont combattu la barbarie. Derrière ce vandalisme, il n’y a ni courage ni idéal. »

De son côté, le maire d’Alençon, Sophie Douvry, a également réagi : « Il faudrait expliquer à ces personnes qui prônent la paix avec leurs tags que ces engins, certes de guerre, nous ont permis de retrouver notre liberté et de vivre en paix depuis des années. […] J’espère que les auteurs seront retrouvés. Leur apprendre l'Histoire de France, leur faire nettoyer leurs dégâts, les tombes des soldats pourraient leur faire comprendre. »

Une restauration compliquée

Les services municipaux se sont rapidement mobilisés pour effectuer un premier nettoyage, mais celui-ci a dû être rapidement interrompu. En effet, la peinture rose utilisée s’est révélée particulièrement tenace, les sprays ayant réussi à salir « jusqu'aux écrous inaccessibles à la main », tandis qu’un décapage sous pression risquerait d’abîmer davantage le char. Un diagnostic complet du blindé a alors été lancé afin de déterminer quelles restaurations pourraient être envisagées sans risquer d’endommager le véhicule.

Une plainte a été déposée et la gendarmerie a ouvert une enquête. Aucune bombe de peinture n’a été retrouvée dans les environs, faisant dire à Jean-David Desforges que « c'est un coup bien préparé ». Ce délit s’ajoute ainsi à la longue liste d’atteintes portées à nos monuments commémoratifs et à nos cimetières de la Seconde Guerre mondiale.

La mémoire de la Libération

Le char Valois est un véhicule blindé de type Sherman utilisé par la 2e division blindée du général Philippe Leclerc de Hauteclocque. Cette division, devenue l’un des symboles majeurs de la France libre, participa activement à la libération du territoire après le débarquement allié du 6 juin 1944. Alençon occupe alors une place particulière dans ce chapitre de l’Histoire de France. En effet, le 12 août 1944, la ville devient la première grande cité française libérée par la 2e DB après de violents combats menés contre les forces allemandes. Au cours de ces affrontements, la division du général Leclerc perd douze soldats et trois chars, dont le char Valois dans lequel périrent, le 13 août 1944, vers 18 h, deux hommes, qui firent don de leur vie à la France : le maréchal des logis Louis de Torcy, chef de char, et le radio-chargeur Fernand Garciès.

Malgré ces pertes cruelles, la prise d’Alençon marqua une étape décisive dans la reconquête de la France en direction de Paris qui, outragée, brisée, martyrisée, finit par être libérée quelques jours plus tard, le 25 août 1944. Le char Valois, installé près d’Alençon, rend ainsi hommage aux soldats français ayant participé, aux côtés des Alliés, aux combats contre le nazisme et rappelle le rôle essentiel joué par la 2e division blindée dans la libération de notre nation.

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Eric de Mascureau
Chroniqueur BV- Histoire, patrimoine, culture

Vos commentaires

38 commentaires

  1. Je suis toujours étonné par la gauche avec sa capacité énorme à cracher sur ses ancêtres ou cracher sur les nôtres d’ailleurs! Ils jouent les rebels mais sans guerre ils seraient soumis. C’est à ne rien comprendre à leur logique.

  2. J’ai mal à ma FRANCE ! J’ai honte qu’il puisse avoir en FRANCE des individus capables de souiller et salir la mémoire de nos soldats , morts pour que la FRANCE reste la FRANCE . Ceux qui ont combattus et donnés leurs vies pour leur pays doivent se retourner dans leurs tombes . Honte a ceux qui ont osés commettre cette ignominie .

  3. Pour les élus de la ville d’Alençon.

    Tant de mes camarades blessés ces dernières décennies auraient de vraies leçon de courage et de liberté chèrement acquises à donner à ces terreurs de bacs à sable qui ne se respectent pas eux-mêmes en agissant comme ils l’ont fait.
    Une visite; avant nettoyage à la main et à la brosse à dents, s’impose dans les hôpitaux militaires accueillants encore des blessés de GUERRE !!

  4. Certains instituteurs , certains syndicalistes et aussi certains élus politiques locaux ont une lourde responsabilité dans ce genre d’évènement . La cohésion sociale de la France est quotidiennement la cible de la mouvance socialo-anarchiste !

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