Chypre : victoire de la droite et percée nationaliste
La droite est sortie vainqueur des élections législatives du 24 mai à Chypre, un scrutin proportionnel à un tour.
Érosion du centre et de la gauche
Le Rassemblement démocrate (DISY), formation de centre droit, europhile, atlantiste et d’inspiration démocrate-chrétienne, est arrivé en tête, avec 27,2 % des voix, remportant 17 sièges au Parlement. Le DISY devance le Parti progressiste des travailleurs (AKEL), parti de gauche marxiste issu du Parti communiste, qui, avec 23,9 % des suffrages, a obtenu 15 sièges.
Ces deux formations, si elles restent dominantes, ont cependant perdu des voix par rapport aux élections précédentes. C’est aussi le cas de deux partis centristes, soutiens de DISY et du président Níkos Christodoulídis : si DIKO s’en sort bien, avec 10 % et 8 sièges, EDEK (3,25%) et DIPA (3,14 %) ont, chacun, perdu les quatre élus dont ils disposaient lors du précédent mandat. La constitution d'une majorité de gouvernement s'annonce compliquée dans un Parlement plus émietté que jamais.
Trois trouble-fête
Trois formations profitent principalement de l’érosion globale du centre et de la gauche chypriotes. La plus grande percée a été réalisée par le Front populaire national (ELAM), qui progresse de 4,12 % à 10,90 % par rapport au précédent scrutin, doublant ainsi son nombre d’élus, qui passe de quatre à huit.
Cette performance est considérée comme le fait majeur de ces élections, par la presse chypriote, mais aussi en Europe et notamment en France où Marion Maréchal, Manon Aubry et L’Humanité ont souligné le fait, la première pour s’en réjouir (l’ELAM siège comme elle au sein du groupe ECR à Strasbourg), les deux autres pour s’en inquiéter. L’ELAM était au départ la branche chypriote du parti nationaliste grec Aube dorée. Depuis l’interdiction de ce dernier en Grèce, l’ELAM est le principal rassemblement de patriotes sur l’île et se bat pour une Chypre indépendante de la Turquie.
🇨🇾 Impressionnante percée de nos alliés ECR chypriotes qui doublent leur nombre de députés !
Félicitations à @Christos_chri1 et @GeadisGeadi, les seuls à défendre l'unique solution qui vaille pour l'île d'Aphrodite : une seule Chypre, pour les Grecs.
L'invasion turque de 1974,… pic.twitter.com/sgBFAtoUCG
— Marion Maréchal (@MarionMarechal) May 25, 2026
Comme le note la très bruxelloise chaîne Euronews, ce « scrutin a également confirmé une forte montée du sentiment anti-establishment sur l’île ». Deux formations font en effet leur entrée à la chambre : ALMA (Citoyens pour Chypre), parti se revendiquant anticorruption (5,83 %), et le mouvement Démocratie directe (5,4 %), qui ont désormais, chacun, quatre élus.
Législatives à Chypre : si les communistes demeurent la première force d’opposition, l’extrême droite double ses sièges
➡️ https://t.co/PDYXOI3P8J pic.twitter.com/U1bf9jmYiD
— L'Humanité (@humanite_fr) May 26, 2026
Un système contesté
Plusieurs enseignements ressortent de ces élections. Il faut tout d’abord rappeler que depuis l’invasion de Chypre par la Turquie en 1974 et la partition de l’île qui en a découlé, les Chypriotes turcs, minoritaires, ne participent pas aux élections et cette situation a perduré en 2026. Alors que la Chambre des représentants compte 80 sièges, seuls les 56 sièges chypriotes grecs sont pourvus, les 24 sièges chypriotes turcs restant vacants.
2026 marque par ailleurs un tournant dans la vie politique de Chypre. Le système fonctionnait depuis des années sur un bipartisme : d’un côté, les centristes pro-bruxellois, le rattachement à l’UE représentant pour une majorité d’électeurs le rempart le plus efficace contre la menace turque. De l’autre, la gauche marxiste, qui prône un système fédéral (composant donc avec la Turquie), mais surtout auréolée de la lutte communiste contre l’ancien régime grec des « colonels ». La persistance de la menace de la Turquie, par ailleurs soutenue à la fois par certains pays de l’UE et par plusieurs pays marxistes du « Sud global », a sérieusement entamé la légitimité de ce couple centre/gauche. Le rempart bruxellois, notamment, s'effrite à vue d'œil, comme la cote d'amour d'Ursula von der Leyen...
La montée en puissance des patriotes de l’ELAM, d’ALMA et de Démocratie directe ne doit donc rien au hasard et rappelle des scénarios perceptibles ailleurs en Europe. S’ils se rassurent comme ils peuvent, les partis du système, qu'il s'agisse du centre bruxellophile ou de la gauche radicale, sentent déjà le vent du boulet.
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19 commentaires
Allez ! Au tour de la France maintenant…ha non ! Ça n’ira pas, les français ne votent que de la m…..
la droite tout autant que la gauche française s’est toujours mise a plat vendre devant l’invasion otomane de Chypre,cinquante pays contre Poutine qui ne fait qu’appliquer deux résolutions des nations unies mais jamais le courage de dire a erdogan de partir au plus vite d’un pays membre de l’UE
Un pays de plus qui bascule vers la raison. Cela risque de devenir dur pour notre confortable Europe de nos bien pensants.
C’est une minie bonne nouvelle.
Le peuple chypriote a- t-il enfin décidé de retrouver sa souveraineté ? Il ne supporte plus la dictature bruxelloise ni l’occupation turque . Il n’est jamais trop tard pour bien faire !
Chypre: le Liban de demain?
évidemment que ça gêne Aubry, un parti antiturc, LFI fait des interviews à la presse proche de Erdogan
La moitié de Chypre est envahie par erdogna et ses troupes de bachi bouzouks ! on n’entend personne en Europe ne la ramener sur le sujet ,on s’occupe de l’Ukraine ,mais on ne sait pas faire me ménage chez nous….alors manu et ton furher ,vous en pensez quoi ?
Ce n’étaient pas des chypriotes d’origine turque mais des Anatoliens qui ont colonisé la partie occupée : république turque du nord de Chypre autoproclamée et reconnue par la seule Turquie et effectivement silence de l’UE
respectez la vérité : les Turcs ont été obligés par les « colonels » fascistes grecs, de protéger leur population en 1974. le 1er ministre turc de l’époque était tout sauf un belliciste (bühlent Ecevit). Ils ont mis une raclée à l’armée grecque mais n’ont jamais cherché à envahir le côté à population grecque. le régime des colonels en est tombé ,comme un fruit mûr.
A l’époque la Turquie était bien plus proche de l’Europe que la Grèce…
Quand on sait ce qu’est devenue la partie turque de l’île…
J’ai visité Chypre il y a des années avec mon épouse en voyage organiser , quand on passe du coté grec en franchissant la ligne bleu a pied a Nicosi , c’est le jour et la nuit .
Quand on visite le site archéologique de Paphos on peux ce demander ce qu’il en resterait si les Turc avaient put prendre l’ile complétement.
Coté Turc il y a Les ruines du Château St. Hilarion qui domine toute la plaine vers la Turquie, par très beau temps on peux distingué la cote Turc distante de 90km avec un bon objectif photo 200/300mn.
Chypre, ma déchirure. J’y suis allée pendant une trentaine d’années, j’ai eu des larmes au mur de Nicosie. J’ai espéré…..Plus de 30% du territoire occupé, république du nord de Chypre autoproclamée reconnue par la seule Turquie. Un état membre de L’UE partiellement occupé, j’avais interpellé le Pdt Hollande quand la Turquie frappait aux portes de l’Europe.
Dans les années 80 Chypre était un vrai paradis, très sûr et peu à peu la partie occupée a permis l’infiltration des trafics gangrénant Chypre
épiphénomène ! cela ne changera pas grand-chose à l’UE.
Malheureusement ,car les TURCS sont bien installés dans la partie la plus riche de l’île et pour les virer : c’est pas gagné
Encore un peuple qui se réveille.
Marcon et Uvdl parlent de l’Ukraine..
Mais oublient que Chypre nord pays de l’ue est occupé par un pays islamique turc .
Et cette même ue refile des milliards a la turquie
Cerise sur le gâteau, les subventions de l’UE profitent aussi à la partie occupée militairement par les Turcs!