On l’a suffisamment entendu : la réforme des retraites devait être le grand chantier du quinquennat Macron. Pourtant, elle a été repoussée à 2022, après l’élection présidentielle. Il faut dire que cette fameuse réforme semblait porteuse d’un sceau de malédiction : gilets jaunes, crise sanitaire et surtout explosion en plein vol du Monsieur Retraite du gouvernement et ancien président du CESE Jean-Paul Delevoye. La multiplication des irrégularités dans ses déclarations de patrimoine et de mandats lui assure une retraite confortable sur le plan financier mais incertaine sur le plan judiciaire.

Dans son interview accordée à TF1 et LCI, mercredi 15 décembre, Emmanuel Macron a évoqué un agenda percuté par la crise sanitaire mais il a parlé d'une réforme « indispensable ». Il a réitéré sa volonté d'aller « vers une sortie de ce qu'on appelle des régimes spéciaux » de retraite, tout en reconnaissant que les faire passer de 42 à un seul, comme il en avait l'intention initialement, est « trop anxiogène ».

Exit la réforme, donc. Pourtant, une question demeure : pourquoi diable avons-nous encore un secrétaire d'État chargé des Retraites et de la Santé au travail ? Discret dans les médias, surtout depuis son échec aux élections régionales face à Xavier Bertrand et au RN Sébastien Chenu, Laurent Pietraszewski (éliminé dès le premier tour) est néanmoins réapparu dans les médias pour parler… télétravail ! Un sujet assez éloigné des retraites et dont on peine à faire un lien direct avec l’enjeu de la santé au travail, autre attribution de son secrétariat d’État depuis juin 2020. Un moyen, sans doute, de justifier son maintien au gouvernement, puisque la réforme des retraites avait été, à l’époque, suspendue avant d’être définitivement reportée au quinquennat suivant. En tout cas, le compte Twitter de ce dernier est inactif depuis juillet 2020. Au secrétariat d’État de Laurent Pietraszewski, il existe bien un « conseiller chargé des régimes publics de retraite et de la prospective au cabinet du secrétaire d’État chargé des Retraites et de la Santé au travail », en poste depuis avril 2021. Gageons que l’intitulé le plus important de sa mission reste la « prospective ». D’après l’ancien député PS René Dosière, le gouvernement Castex coûterait 185 millions d’euros par an, écrit dans le magazine Capital celui qui est aujourd’hui président de l’Observatoire de l’éthique publique.

30 décembre 2021

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