Durant sa campagne électorale, s’était donné comme mission de nettoyer le marigot politique en sortant les carriéristes qui, depuis des décennies, en trustent les postes les plus importants.

Ceux-là n’ont jamais défendu que leurs propres intérêts privés au détriment du peuple américain. Pour preuve, certains observateurs avertis se sont prêtés à un recensement des grandes décisions initiées par les responsables que l’actualité a récemment placés au premier plan de la scène politique américaine. Et force est d’admettre que la liste est très mince alors même que nombre d’entre eux sont en place depuis près de quarante ans.

À côté d’eux, Donald Trump n’est (ou n’était) qu’un profane, un apprenti de seconde zone. Bien que longtemps courtisé en raison de sa fortune, il n’a jamais été adoubé par le système. Considéré comme un parvenu du BTP, il est moqué et méprisé par ceux qui s’imaginent que les responsabilités politiques procurent du sang bleu.

Rustre et impudent, Trump le leur rend bien. Ce bulldozer hors normes se fiche royalement des codes de bienséance et leur promet une déculottée en 2016. En dépit des pronostics qui le donnent perdant à 92 % deux semaines avant l’élection présidentielle, le peuple américain, via ses grands électeurs, le propulse au rang de personnalité la plus puissante de la planète.

Exit la camarilla clintonienne, ses réseaux et sa richissime fondation.

L’establishment new-yorkais enrage et refuse ce suffrage pourtant démocratique. Les « déplorables » n’ont pas suivi les consignes que les médias leur avaient pourtant martelées des mois durant. Qu’ils soient damnés !

Preuve que ces démocrates haïssent la démocratie, surtout quand le peuple s’en mêle…
Trump devient alors l’homme à abattre coûte que coûte, détesté par tous ceux qui tirent les ficelles de l’État profond et qui prennent son élection pour un terrible affront autant qu’une menace.

Les tentatives de renversement vont alors se multiplier durant trois ans. Toutes échoueront, au grand dam de ses initiateurs.

En attendant, l’échéance 2020 approche et elle ne se présente pas sous les meilleurs auspices pour les démocrates.

Un malheur n’arrivant jamais seul, le ministère de la Justice, emmené par le vaillant et redouté procureur William P. Barr, a décidé de mettre son nez dans tous ces dossiers puants où la falsification des preuves se mêle aux faux témoignages – au premier rang desquels le dossier russe monté de toutes pièces par des personnalités très en vue.

Le sol est train de se dérober sous leurs pieds, c’est peu de le dire.

Il est primordial de saisir ce contexte de très haute tension pour comprendre les véritables enjeux et surtout les motivations réelles qui sous-tendent la procédure d’impeachment. C’est ainsi qu’à quelques mois de la prochaine présidentielle, on tente alors un énième drop avant le coup de sifflet. En désespoir de cause et en vain, car il n’a aucune chance de passer entre les poteaux. Ses instigateurs le savent. Il suffit, d’ailleurs, de lire la retranscription (rendue publique depuis) de l’entretien entre le président américain et son homologue ukrainien pour comprendre qu’il n’y a pas matière à destitution. Loin s’en faut. Peu importe, il en faut plus pour stopper les opposants. La raison a cédé la place à l’hystérie et tout est bon pour saper l’image de l’ennemi, notamment avec la complicité des grands médias.

Ne nous y trompons pas, tout cela n’est finalement qu’une parodie de procès dont les vrais ressorts sont à chercher du côté de la communication politique et de la haine anti-Trump. Jeter sur lui l’opprobre pour faire basculer les indécis du côté des démocrates reste l’objectif principal (sinon unique) bien qu’inavoué.

Pour preuve, si le président, par son comportement, avait réellement mis en péril la Constitution, la Chambre des représentants se serait empressée de transmettre le dossier au Sénat, étape obligatoire pour valider sa mise en accusation. , la présidente de la Chambre, Nancy Pelosi, a annoncé jeudi dernier qu’elle n’allait pas transmettre immédiatement au Sénat les articles d’accusation, prétextant qu’elle voulait des garanties sur le déroulement du procès. Il est vrai que le Sénat aura sans doute tôt fait de lever le voile de ce que d’aucuns qualifient de grotesque mascarade.

En bref, le camp des démocrates est dans une impasse très embarrassante. Et Trump, dans sa résidence de Palm Beach, en Floride, où il fêtera Noël en famille, doit sans doute s’en frotter les mains, un sourire en coin…

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