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Pour une généalogie des Covid

Définitivement, la dissémination du coronavirus chinois a provoqué un ébranlement dans nos certitudes, la médecine ayant fait montre de ses faiblesses face à cette pandémie : la barre des 205.000 décès a été atteinte dans le monde. Ainsi, la philosophie pourrait constituer un recours face à la caste médicale en émoi. Ce serait aussi la possibilité, pour la sagesse, de rétablir l’équilibre originel avec la science. Du reste, il n’est pas étonnant de voir, dans ce climat, le plus mondain de nos penseurs Bernard-Henri Lévy sortir de son poêle germanopratin pour annoncer, par la voix de son éditeur Grasset, la parution, dès le 10 juin, de son essai consacré aux conséquences du Covid-19, Ce virus qui rend fou. Mais au-delà de ce brillant coup commercial, ne serait-il pas plus judicieux d’en appeler à une généalogie des Covid, voire à une métaphysique de ce vide (contemporain) ?

En dépit du confinement général acté en France depuis six semaines, la mortalité de sa population en ce mois de mars fut, étonnamment, moindre qu’en mars 2018 : 57.441 décès, contre 58.641, selon l’INSEE. Alors, ce coronavirus édition 2019 n’est-il qu’une grippe plus virulente ? Puisque ses cibles privilégiées sont les mêmes : les personnes âgées, les obèses, les diabétiques… Les experts s’accordent sur le fait que tous les virus respiratoires ont une origine animale, d’abord la chauve-souris, qui constitue le foyer immunitaire le plus puissant parmi les vivants. Ainsi, le SARS-CoV de 2002 avait été généré par le chiroptère, à l’instar du MERS-CoV de 2012 incubé par le chameau. De plus, les multiples propagations d’Ebola ont toujours été directement inhérentes à la chauve-souris, y compris lorsque celle-ci infecte un chimpanzé ingéré par l’homme après la chasse.

Depuis les temps les plus reculés, l’humanité ne s’est-elle jamais risquée à se nourrir de substances ou d’êtres vivants censés lui donner une meilleure santé, voire une pseudo-immortalité ? Cette affaire n’est alors pas tant culturelle que civilisationnelle. Car, fondamentalement, « l’homme est ce qu’il mange », dixit Ludwig Feuerbach. Ce contre quoi seul le christianisme se dressa, principalement via l’apôtre Paul : « Même si notre être extérieur se détruit, notre être intérieur se renouvelle de jour en jour », dans la deuxième Épitre aux Corinthiens, chapitre 4, verset 16. Dans cette perspective, la nature humaine n’a-t-elle pas pour vocation d’œuvrer à sa propre destruction? Le même Paul l’affirmait : « Tout m’est permis, mais tout n’est pas utile », toujours en s’adressant aux Corinthiens (I, chap. 6, v. 12, puis chap. 10, v. 23). En d’autres termes, le réalisme n’aboutit in fine qu’à l’utilitarisme. Ou bien, grandeur des spiritualistes contre petitesse des matérialistes : l’ordre chrétien contre l’ordre libéral-libertaire.

En tant que philosophe des Lumières, Rousseau lui-même avait revendiqué cet héritage en écrivant, dans Émile ou de l’éducation, que « tout est bien sortant des mains de l’Auteur des choses, tout dégénère entre les mains de l’homme ». En somme, l’erreur est humaine, trop humaine. Par ailleurs, il est stupéfiant de constater à quel point nous pouvons être dociles et acceptons volontiers de rester enfermés, davantage encore avec des moyens financiers. Comme si les hommes pouvaient se réjouir de se transformer en chauves-souris… Pour l’heure, il faut en conclure que le principe de précaution est l’expression la plus subreptice d’une culture universelle de l’angoisse. La vacuité du savant.

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