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Coronavirus - Editoriaux - International - 22 avril 2020

« Corona », ou la crise de l’Occident

Le bilan humain de la pandémie de Covid-19 a atteint un seuil décisif, en Occident : à peu près 110.000 morts en Europe et 43.000 aux États-Unis, dont 24.000 dans l’État de New York. De plus, en dépit de deux mois de confinement général en moyenne, les nations européennes perdent quotidiennement 500 à 700 de leurs concitoyens, ceci contrastant cruellement avec les résultats de l’ : nonobstant les chiffres peu crédibles de la Chine post-maoïste – 4.000 morts –, les Sud-Coréens et les Japonais n’enregistrent, respectivement, que 240 et 281 décès directement dus à ce « corona » (dixit).

Sans doute y a-t-il, ici, des raisons plus culturelles que scientifiques. Par exemple, les Taïwanais n’avaient pas attendu que la Chine entre en crise sanitaire pour fermer ses frontières, dès le début du mois de janvier. Plus humiliant encore est de voir les Thaïlandais capables de contenir le virus de façon martiale, ne recensant que 50 disparitions, sans pénurie de masques et de tests de dépistage. Puis des rues systématiquement désinfectées dans toutes ces contrées. Alors, sans verser dans l’ethno-masochisme, il convient d’analyser froidement cette crise de l’Occident.

À présent, les nomades semblent mourir plus vite que les sédentaires. Comme si la Terra n’était plus vraiment Nova. Malgré tout, le Président Macron n’a pas hésité à invoquer la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 lors de son allocution télévisée du 13 avril : « Les distinctions sociales ne sont fondées que sur l’utilité commune », a-t-il religieusement rappelé. Comme le prince est un enfant dans le « village global » ! Devant un Occident qui vacille, et notre France qui fait honte ! Un humanisme qui n’a aucun sens sans le progressisme inhérent au technoscientisme. Mais à quoi avons-nous assisté, si ce n’est à la guerre des ego parmi nos médecins-stars ?

Assurément, un cartésianisme coupable : des esprits logiques, certes, mais réduisant le corps humain à une machine. Telle est l’impasse du saint-simonisme, le « progrès » devenant subitement source de désordre. Ou quand le logos finit par ne semer que du chaos : ces docteurs disant tout et son contraire, et faisant du moindre cas particulier une loi générale. Et, pendant que les Occidentaux se perdaient dans d’interminables explications et justifications, les Extrême-Orientaux étaient déjà passés à l’action ; les sociétés asiatiques vivant encore de l’économie industrielle, à la différence de nos élites technocratiques gavées d’économie financière.

Il est, pourtant, légitime de demander des comptes aux Chinois, dont la consommation de viande de brousse mérite d’être pointée du doigt, comme le suggère le professeur Didier Sicard en décrivant un vaste marché d’animaux sauvages – la chauve-souris en tête – dont le point de départ est le nord du Laos et le point d’arrivée Wuhan, là où deux laboratoires sont aussi soupçonnés d’être à l’origine – accidentelle ou non – de cette pandémie mondiale. En bref, des hypothèses complotistes faisant le jeu d’une nouvelle guerre froide entre les États-Unis et l’empire du Milieu. D’ailleurs, on peut s’étonner de la non-intervention des transhumanistes de la Silicon Valley. La mort de la mort ne serait-elle donc plus pour tous ?

Enfin, que d’incertitudes venant même des savants de toujours ! Mais ce n’est pas encore la crise de l’humanisme. Et il faudra encore des historiens de la philosophie pour réévaluer les valeurs culturelles d’un (dés)ordre libéral-libertaire.

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