Attention, Monsieur Trump, les traités de Versailles portent parfois la poisse !
Le 17 juin 2026, le château de Versailles a de nouveau servi de décor à la conclusion d’un événement diplomatique majeur. En effet, au cours du dîner d'État offert par la République française, le président américain Donald Trump y a signé un protocole d'accord mettant officiellement fin au conflit entre les États-Unis et l'Iran, en présence du président de la République Emmanuel Macron.
Au-delà de sa portée géopolitique, que la signature de ce traité à Versailles ait été préparée ou non, elle permet à Donald Trump de s'inscrire dans les pas des nombreux chefs d'État et diplomates qui, avant lui, ont conclu en ces lieux des accords appelés à marquer leur époque. Cet événement confirme également une nouvelle fois la vocation du majestueux palais voulu par Louis XIV à être le théâtre des grandes décisions qui façonnent l'Histoire du monde. Cependant, gare à ceux qui voient dans ce traité signé à Versailles le gage d'une gloire ou d’une paix éternelle pour le monde ou pour eux-mêmes. L'Histoire nous enseigne que bien des accords conclus entre les murs de la demeure du Roi-Soleil ont eu des conséquences inattendues et, bien trop souvent, dramatiques.
1756, une alliance précipite la chute de l'empire colonial
Le traité de Versailles du 1er mai 1756 est déjà en soi un événement marquant. En effet, il provoqua un spectaculaire renversement des alliances lorsque la France de Louis XV abandonna son opposition traditionnelle à la maison d'Autriche afin de conclure une alliance avec les Habsbourg. Ce rapprochement diplomatique inattendu destiné à faire face à la montée en puissance de la Prusse et de la Grande-Bretagne ouvrit néanmoins la voie à la guerre de Sept Ans.
Ce conflit, qui se déroula de 1756 à 1763, a tourné au désastre pour la monarchie française. Par le traité de Paris de 1763, la France perd alors la majeure partie de son premier empire colonial, notamment le Canada et plusieurs possessions en Inde. L'alliance conclue à Versailles, pensée comme un gage de sécurité, a ainsi débouché sur l'un des plus grands revers de la politique extérieure française. Il faudra attendre le traité de Versailles du 3 septembre 1783 pour que la France prenne symboliquement sa revanche.
1871, une paix qui nourrit l'esprit de revanche
Un siècle plus tard, Versailles est le théâtre d’un événement humiliant, pour la France. Après la défaite de Sedan et l'effondrement du Second Empire, notre pays doit alors laisser les États allemands réunis autour de la Prusse proclamer l'Empire allemand dans la galerie des Glaces, le 18 janvier 1871. Après avoir signé un armistice le 28 janvier 1871, la France doit également accepter la signature, à Versailles, d’un traité préliminaire de paix le 26 février 1871, qui met fin aux derniers combats de la guerre franco-prussienne.
Cette paix conclue à Versailles ne referme alors aucune blessure. En effet, l'annexion de l'Alsace et d'une partie de la Moselle nourrit durablement l'esprit de revanche en France contre l'Allemagne. Pendant près d'un demi-siècle, cette volonté de récupérer les provinces perdues a imprégné la société française et a contribué à jeter facilement la France dans la Première Guerre mondiale.
1919, une victoire porteuse des germes de la guerre
Cette revanche acquise, la France a souhaité réparer l’humiliation subie en 1871 en consacrant la défaite de l’Allemagne dans le lieu même où avait été proclamé le Reich. Le traité de Versailles du 28 juin 1919, qui met officiellement fin à la Première Guerre mondiale, imposa ainsi à l'Allemagne d'importantes réparations financières, des pertes territoriales et de sévères limitations militaires. Ces clauses, censées empêcher l'Allemagne de menacer à nouveau la paix européenne, deviennent pourtant le terreau sur lequel va germer un nouveau conflit. Adolf Hitler exploitera largement le ressentiment né du traité, qu’il surnomme le « diktat » dans ses discours, présentant Versailles comme le symbole de l'humiliation allemande afin de justifier son programme de revanche et de réarmement. Sans faire du traité la cause unique de la Seconde Guerre mondiale, les historiens reconnaissent qu'il a contribué à alimenter un contexte politique dont le régime nazi saura tirer profit.
Ainsi, gardons-nous de croire que le fait que le traité ait été signé par Donald Trump à Versailles constitue, à lui seul, la garantie d'une paix durable. Le régime de la République islamique d'Iran demeure en place, son programme nucléaire n'étant pas entièrement démantelé et son hostilité de principe envers Israël n'ayant nullement disparu. Tant que ces facteurs de tension subsisteront, le Moyen-Orient restera exposé au risque d'un nouvel embrasement dont les répercussions pourraient dépasser largement les frontières de la région et dont la résolution devra peut-être, si les vents de l’Histoire le veulent, se résoudre encore une fois… à Versailles.
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41 commentaires
Et une fois de plus, Macron s’est comporté comme un gamin.
De Profundis. Pourquoi traitez-vous Macron de « gamin » au détour de la signature le 18/06 à Versailles de ce fragile préaccord Iran-USA où il ne tient aucun rôle à part celui de spectateur ?
Les ollahs ont été évacués à Téhéran et les gardiens de la révolution ont prit le pouvoir si je fais confiance à nos médias. Pourtant, je ne vois personne venir de Téhéran pour signer le papier.
Paul ter Gheist
Comme vous ne semblez pas être au courant, je vous informe que ce Memorandum of Under standing (MoU) a été signé le 18/06 au château de Versailles par Donald Trump en la présence de Macron, et en miroir le même soir à Téhéran par Massoud Pezeshkhian, président de la République islamique d’Iran.
Dans la pratique diplomatique internationale ce MoU (mémorandum d’entente en français) est inférieur à un traité, un accord ou une convention. Grosso modo, il équivaut à une lettre d’intention (Letter of Intent), n’est pas contraignant et ne lie pas les parties signataires de façon irréversible (not binding). Habituel dans le monde des affaires, le MoU ne grave rien dans le marbre, et exprime en général des « volontés réciproques d’engager un processus de discussion aux fins de résolution de questions d’intérêt commun ». Pas plus que ça !
Le désastreux MoU américano-iranien d’hier a été voulu par Trump pour fanfaronner au G7 d’Evian et présenter un semblant de résultat (foireux) à son opinion MAGA, mais pas par le régime de Téhéran campé sur ses positions. Pas sûr que ce MoU tienne plus de trois ou quatre jours !
Soit ! Mais la généralisation reste une figure de style, il y a bien d’autres traités inopérants sur la durée qui n’ont pas été signés à Versailles.
Au-delà, je suis étonné des avis si négatifs qui accusent Trump : au bout du compte, qu’auriez-vous souhaité ? Une bonne guerre de terrain, sur un pays grand comme trois fois la France, avec la promesse d’un enlisement ? Une vitrification de Téhéran enfin libéré des mollahs ? Un effondrement généralisé des économies -déjà malades- avec leur cortège assuré de guerres civiles ? Cette situation ne peut qu’être bancale, tant que la région est sous l’empire d’une guerre entre Israel et tous ses voisins. Si le MOU échoue à devenir un traité, on peut être sûr que Tel Aviv sera à la manoeuvre, il ne jure que par la guerre.
Avec leurs habitudes de trump bashing, les médias ont toujours un avis négatif sur Trump. Macron, lui, il fait tout bien, mais Trump, c’est autre chose, on sent qu’avec l’Iran , ils sont déçus, leur trump rentre à Washington avec le papier signé, il fait son daladier pour les médias qui ragent de ne pas avoir une guerre en Iran avec des bombardements, des destructions, des écoles de petites filles détruites, un peuple sous le bombes, non, le voilà chez le macron pour festoyer !Pas de guerre avec l’Iran, la honte quoi ! Et ce faisant les médias sont là mais pour l’autre sens, il a perdu face aux mollahs ( qui ne sont plus là )il est incapable, il est instable, il ne sait pas ce qu’il veut, aarrglll…
Il n’y a eu aucun cessez le feu au Liban..Le hamas ,le hesbollah,ou les houtis,finances et commandés par l’iran ..continuent a tirer sur israel..qui réplique tout a fait normalement…
Tout cela n’est qu’un grand cirque organisé. Trump a signé quoi au juste?…Il est acculé et ne sait comment s’en sortir. Encore un accord (de quoi?) qui ne sera pas respecté… « Un dîner de cons », de clowns, à nos frais…
Ils ont fait un bon gueuleton aux frais de Nicolas !.On est très content pour eux.
Bôf! Trump ne jure que par les hot-dogs et le caca-cola !
L’alignement éditorial de ce site avec les profanateurs de l’air du temps fait peine, et la pénurie de commentaires roboratifs l’amplifie…
Que valent ces imprécations de malheurs possibles à venir, et quels fondements pour des supputations négatives quand un leader -non politique et auto-financé- décide de faire le job attendu dans tous les pays de la planète : celui d’évincer les marionnettistes mis en place depuis des lustres par une poignée de banquiers… avec à terme l’objectif que tous nous pouvons deviner…
Pour calmer les esprits chauffés à blancs par les maîtres argentiers, il suffit de se rappeler que Monsieur Trump n’a aucune capacité pour traiter le moindre dossier comme les politiques s’appliquent à le faire avec les succès que l’on connait !
Pour lui un problème est vu comme un chantier : on rénove ou on démolit pour reconstruire à neuf.
Il est en train de démontrer, pour ceux qui ne sont aveuglés par les propagandes, qu’aucun « dossier » ne peut lui résister et réussi le tour de force d’être le seul milliardaire de la planète à être aimé désormais par tout un peuple… nommé par les démocrates « deplorables » ou par les experts « Everyday americans »…
La Maison Blanche n’est plus un palais gouvernemental mais un endroit où Trump reçoit ce peuple américain qui était oublié, pour le féliciter et l’encourager : pas une semaine où son bureau ou bien un endroit du parc de la White House ne soient dédiés à la rencontre de ceux et celles qui peuvent faire l’unité et la fierté d’une nation : militaires, policiers, pompiers, agriculteurs, PME, ouvriers, chercheurs, soignants, sportifs etc…
Tous sont félicités et remerciés et nul homme politique ne tient la comparaison sur les deux qualités qui le rendent irrésistible : il aime son pays et il aime le peuple américain… en détestant ses élites… dont les temps sont comptés.
PS : s’agissant de l’analyse selon laquelle Trump voulait signer son mémorandum de paix à Versailles, il faut tout ignorer pour soutenir une telle hypothèse, quand on peut que Trump n’est venu au G7 qu’en sachant que la paix était conclue (et retenue) et qu’il voulait l’annoncer à la fin de ce sommet.
La proposition piège de Macron pour tenter de l’inféoder à Versailles comme un invité, a modifié sa stratégie et il a su briser à sa manière tous les pouvoirs protocolaires et dynastiques : reçu comme un roi, il a demandé à faire place nette sur la table du festin argenté, et par ce simple geste il a su mettre en lumière le roitelet qui applaudissait, devenu d’une signature, son courtisan…
Mascarade ubuesque que ces « accords »… JA-MAIS l’Iran ne se soumettra à quelque obligation que ce soit Le nucléaire en particulier. Faudra y retourner. En vrai cette fois !
Quelle mascarade le palais de l’Élisée ne suffit plus à Macron il se prend pour le monarque il lui faut Versailles tel les rois de France. Sans parler du coût de ce caprice dans une France ruinée, mais il reste l’argent du peuple source inépuisable, il n’y a qu’à se servir sa cour ne s’en prive pas tant que le bon peuple ne dit rien pourquoi ne pas en profiter. Le pire, tout ça pour rien, le faste l’entre soi, le sort des peuples, la belle affaire ils s’en fichent advienne que pourra business, business!…
et les médias sont là pour critiquer Trump et sa salle de bal à la Maison Blanche!
Encore faudrait-il qu’il s’agisse d’un traité.
Il s’agit d’un protocole d’accord sur un nombre de points.
Si un infime détail d’un seul point n’est pas respecté par les forces diaboliques* de la République islamique d’Iran, alors les mollahs et leur nervis auront des comptes à rendre, pour resté correct.
* tuer 45.000 personnes en une semaine, et de sang froid, c’est plus que diabolique, c’est plus que criminel !
Le grand perdant de ce traité c est que les états unis sont les grands perdants ils n ont rien obtenu si ce n est que le report de négociations hypothétiquement trump il repart la queue entre les jambes
Faux.
Arrêter une guerre et on rentre la queue entre les jambes. La société actuelle qui inverse, qui perd le sens du bien et du mal nous fait arriver à ce genre de propos.
En espérant pour les américains et l’ Europe que ce traité ne soit pas équivalant à celui d’ Evian pour les français de 1962.
Idem
J’y pensais aussi, d’ autant plus que Zelenski était sur place si je ne me trompe et il n’a pas bu uniquement de l’eau locale pour annoncer ses prétentions militaires et ses demandes en tous genres.
S’
il avait bu de l’eau, ce serait plus acceptable que le « caca-cola » réclamé par Trump !