Fête de la Musique : fin de partie pour LFI ?
Mise à jour du 19 juin 17 heures 45 :
Nous apprenons que la justice administrative autorise le concert de LFI prévu place de la République à Paris lors de la Fête de la musique à Paris.
Ce 15 juin, BV se demandait s’il fallait interdire le meeting LFI déguisé en fête de la Musique, place de la République, le 21 juin prochain. La préfecture de police de Paris a tranché, mercredi 17 juin : le concert est interdit mais la marche antiraciste qui devait le précéder est, quant à elle, maintenue. C’est que, justifie la préfecture, « il appartient à l’autorité de police compétente de prévenir les risques de désordres et les atteintes à l’ordre public par des mesures adaptées, nécessaires et proportionnées ». Alors, évidemment, LFI est en furie et Manuel Bompard dénonce, sur X, une « décision de dernière minute, prise sous la pression de groupes et d’individus se déclarant publiquement hostiles à La France insoumise ». Jean-Luc Mélenchon dénonce « un scandale démocratique », rapporte LCP, et « LFI a d'ores et déjà annoncé vouloir contester cet arrêté en référé devant le tribunal administratif pour obtenir son annulation » : cela fera-t-il fléchir Laurent Nuñez ?
LFI en furie
Le député LFI de Marseille ne cache pas sa colère. Pour lui, c’est une décision inique et injuste et « […] ce type de pratiques autoritaristes qui cherchent à instrumentaliser des problématiques de maintien de l’ordre à des fins politiques » seraient même, selon lui, inquiétantes et dangereuses pour le déroulé des élections présidentielles à venir. Dénonçant une cabale menée de la part du « président du CRIF et relayée par le maire PS de Paris Centre » et « reprise dans des médias de manière mensongère », l’élu insoumis dénonce « un arrêté d’interdiction dont le contenu est totalement diffamatoire, s’attaquant à plusieurs artistes et personnalités, et complètement mensonger puisque ces personnalités et artistes ne figurent pas dans la programmation prévue ». C'est vrai que le site ne mentionnait que « Kulturr, 2L, Dinaa, DJ Guido (Acid Arab), Malawitte, Leo SVR, Emily Tante, KMSN, Zwoin, La M4nita… » mais ajoutait, à ses points de suspension : « Ils seront toutes et tous là. »
🎶 Rendez-vous ce dimanche 21 juin pour célébrer la Fête de la Musique avec des concerts antiracistes et des prises de parole !
Retrouvez-nous dès 18h00 place de la République à Paris et suivez l'événement sur nos réseaux sociaux. ✨ pic.twitter.com/M4e0UCGyfX
— La France insoumise (@FranceInsoumise) June 14, 2026
Alors, diffamatoire ? C’est aussi l’argument invoqué par Thomas Portes, qui dénonce « un mensonge de la préfecture de police de Paris », puisque LFI n’aurait jamais « annoncé la présence de Médine, du Comité Adama ou de Soso Maness lors de [son] concert pour la fête de la Musique ». Et puis, ajoute-t-il, « ce mensonge et (sic) en plus appuyé par des propos diffamatoires contre ces personnes pour les salir ».
Un arrêté « totalement diffamatoire » ?
L’arrêté de la préfecture de police détaille les personnalités que « cet événement devrait accueillir » : « notamment le Comité Adama et sa fondatrice Madame Assa Traoré, les rappeurs Médine, Soso Maness et 2L ». Pour justifier l’interdiction de cette fête de la Musique version LFI, il revient sur des faits précis dont ces personnalités seraient à l’origine, comme « des paroles et prises de position controversées », des soutiens publics à des personnalités condamnées pour antisémitisme, une hostilité affichée envers les forces de l’ordre, des rassemblements ayant déjà provoqué des troubles à l’ordre public, notamment.
Non seulement, explique la préfecture, « l’événement risque d’attirer un public particulièrement hostile aux forces de l’ordre et de donner lieu à la diffusion de propos appelant à la haine, à la discrimination ou à la violence vers les institutions et les représentants de la force publique […] », mais, en plus, elle juge que les risques de provocation « à la discrimination, la haine ou à la violence à l'égard d'une personne ou d'un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée […] » sont suffisamment probables pour qu’il lui revienne donc d’empêcher que soient commis de tels délits. On comprend la colère des Insoumis, mais faut-il vraiment y voir, comme Manuel Bompard, « un arrêté d’interdiction dont le contenu est totalement diffamatoire » ?
« Le contexte actuel de tensions exacerbées »
Parce qu’il n’y pas que la présence de ces personnalités, que LFI continue de défendre en accusant la préfecture de diffamation, qui justifie l'interdiction. Il y a aussi, justifie la préfecture, « un contexte politique très polarisé, notamment à l’approche de la prochaine élection présidentielle [qui] nourrit les velléités d’affrontements et les risques de troubles à l’ordre public ». Or, l'événement prévu par LFI à la suite de sa marche antiraciste « constitue, par sa tonalité résolument politique, un réceptacle pour des troubles à l’ordre public alimentés par des groupes militants désireux d’entretenir une stratégie d’affrontement direct », explique encore la préfecture. Les élus insoumis semblent avoir omis cette partie dans leur défense…
Des forces de l'ordre submergées
Comme ils oublient celle qui explique « que les forces de sécurité intérieure seront particulièrement mobilisées ». Une mobilisation due non seulement à la fête de la Musique, mais aussi parce que « des appels à se rassembler ou à commettre des dégradations le 21 juin ont été diffusés sur les réseaux sociaux afin de rééditer les exactions constatées lors de la finale de la Ligue des champions, le 30 mai dernier ». Les forces de l’ordre auront aussi à gérer « la Coupe du monde de football en cours avec des rencontres dans la soirée et dans la nuit, le dimanche 21 juin 2026 à Paris et en Île-de-France ». C’est vrai que cela fait beaucoup de fronts à tenir alors que l’AFP révèle que le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a indiqué dans un télégramme aux préfets qu’« aucun débordement […] ne devra être toléré » cette année.
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46 commentaires
OH SURPRISE !Manisfestation LFI AUTORISée .rien que du normal ; la clique s’entraide
La » justice » vient de contredire le prefet de Paris…qui pourtant évoquait des risques graves d’atteinte a l’ordre public..Si LFI persiste dans sa volonté d’organiser ce nouveau b…el je propose en cas d’émeutes de facturer ce parti pour tous les dégâts éventuels.. ne serais que le nettoyage de la statue et de la place de la republique…
Une fois de plus soutien et bon courage aux forces de l’ordre.
Tout à fait d’accord.
Malheureusement la réalité me donne raison (cf. mon commentaire de 11h48). Nouvelle illustration de la compromission des juges avec les rouges. Quand vont-ils enfin rendre des comptes ? Naturellement lfi exulte. Quel que soit le registre, la justice est une honte dans ce pays et là il ne s’agit pas d’une question de moyens mais de pure idéologie.