Comme il est réconfortant de pouvoir écrire du bien de l’action d’un membre du gouvernement actuel. Savourons l’instant que sa rareté rend plus délectable. , secrétaire d’État, a demandé et obtenu d’Amazon le retrait de poupées sexuelles à l’effigie d’enfants. Son action faisait suite au signalement d’associations. Ces poupées très réalistes contreviennent au Code pénal qui interdit la représentation de mineurs présentant un caractère pornographique. Amazon s’était déjà fait prendre la main dans le sac, en 2018, au , mais il a promis d’être vigilant : il se contentera de poursuivre la vente de telles poupées une fois leur majorité atteinte. Alors, merci, Monsieur le secrétaire d’État, d’avoir mis fin à une récidive. Quelles seront les suites judiciaires ?

Bien sûr, nombreux sont ceux qui auraient souhaité que le secrétaire d’État en charge de l’Enfance et des Familles (ce n’est plus un ministère, et notez le pluriel) à peine nommé se batte contre la PMA sans père qui permet de créer des orphelins ou l’avortement jusqu’au neuvième mois sur des critères hautement subjectifs de détresse psycho-sociale. Là, il a succombé au « poncepilatisme » et préféré s’en remettre « à la sagesse des députés ». Là, il aurait vraiment pu protéger l’enfance.

Ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain : Adrien Taquet a annoncé vouloir créer, à l’automne, une commission indépendante sur les violences sexuelles faites aux enfants, dotée d’un budget. Gageons qu’elle saura rendre public le travail annoncé naguère (et mené à terme ?) par Najat Vallaud-Belkacem sur la pédophilie dans l’ nationale et que le milieu sportif ne sera pas épargné. Mais rappelons aussi ce mot de Georges Clemenceau : « Si vous voulez enterrer un problème, nommez une commission. »

Et puis, il y a cette polémique en Californie où le sénateur de l’État local Scott Wiener tente de faire voter une loi qui modifierait les règles d’inscription au registre des criminels sexuels. La loi ne donne de flexibilité au juge pour cette inscription qu’en cas de pénétration vaginale avec un pénis pour une relation homme adulte – fille mineure. Le sénateur prétend que ce serait homophobe, mais il ne milite pas pour la suppression de cette flexibilité, seulement pour son extension à tous les actes commis. Un petit pas vers ce à quoi il appelle ouvertement : « Nous devons cesser de criminaliser le sexe [avec/entre] des adolescents. »

Les faits sont têtus : l’âge de la puberté intervient plus tôt qu’aux générations précédentes, mais reculent les âges des maturités économique (autonomie) et sociale (responsabilité). L’exposition au sexe sous toutes ses formes intervient plus tôt, en plus grande quantité et plus violemment. Nous devrions en déduire que la protection des jeunes devrait être renforcée. Au lieu de cela, l’idéologie libertaire continue de normaliser une précoce autonomie sexuelle des jeunes qui en fait des proies pour des prédateurs. Elle continue de vouloir réduire la sexualité à sa seule dimension de plaisir en occultant toute la procréation. C’est bien dans l’air de notre temps qui aspire au transhumanisme et à l’ectogenèse.

La solution de virer du premier magasin mondial ces poupées relève, de mon point de vue, du seul traitement du symptôme, pas d’une thérapeutique visant à soigner la maladie. D’autres circuits plus discrets s’établiront. Rien de plus ne sera fait pour soustraire à ses pulsions une personne susceptible de passer à l’acte, et donc protéger ses victimes.

L’homme, qu’il soit criminel, victime ou autre, est intrinsèquement digne et il devrait le rester, même si ses actes abîment cette dignité. C’est en faisant comprendre à tous que la dignité de l’homme est essentielle que nous cesserons d’instrumentaliser l’autre, que ce soit dans le travail, dans l’éducation, dans la vie sociale, dans la sexualité, dans toutes les interactions de la cité. Et nous – moi le premier -, sommes-nous certains de toujours accorder à chacun la dignité qu’il mérite ?

À lire aussi

La liberté de la presse Bayard, sans peur et sans reproche !

Mais pas question d’identifier à qui adresser le moindre reproche ! Alors, c’est la foire …