Editoriaux - Justice - Politique - Religion - Supplément - Table - 17 septembre 2017

Une nouvelle instance de dialogue interconfessionnelle, pour quoi faire !

Gérard Collomb n’en finit pas de m’étonner de sa naïveté béate ! Dans sa feuille de route présentée début septembre aux préfets, il a annoncé la “poursuite des travaux visant à accompagner la structuration d’un islam de France”. Il a affiché sa volonté de mettre en place une nouvelle instance de dialogue, cette fois-ci interconfessionnelle, après celle de dialogue avec l’islam mise en place par Bernard Cazeneuve en 2016, après l’échec du Conseil français du culte musulman (CFCM) accouché aux forceps par Nicolas Sarkozy et qui n’a jamais su ou pu s’imposer…

Mais en quoi le dialogue interconfessionnel pourrait-il ou devrait-il accompagner la structuration de l’islam en France ? Les autres religions sont-elles agressives vis-à vis de l’islam ? Qui a cette impression ? Le vrai problème est l’impossible structuration de l’islam en France, mais cela, Gérard Collomb ne l’a pas encore entendu. Car quelle autorité musulmane sera représentée dans cette instance interconfessionnelle, puisque l’islam n’est pas structuré et n’a pas de clergé, que la représentation de l’islam en France n’est que le fruit d’une lutte consulaire permanente entre le Maroc, l’Algérie et la Turquie ? Il n’y aura donc pas de parole « de l’islam » dans cette nouvelle assemblée et la zizanie va continuer.

Une autre question se pose. Il s’agit de la constitutionnalité de cette démarche vis-à-vis de la loi de séparation des Églises et de l’État de 1905. Est-ce bien le rôle de l’État d’organiser un dialogue interconfessionnel ?

En fait, les pouvoirs publics semblent se trouver dans une impasse, car la Fondation pour l’islam de France créée en 2005 et en sommeil jusqu’en décembre 2016, où elle a été réactivée, n’en finit pas de ne pas démarrer, toujours minée par les luttes interne à l’islam. Elle était censée trouver des solutions aux problèmes rencontrés, formation des imams, financement du culte musulman et, en particulier, de la construction de mosquées.

Il faut rapprocher cette mesure de celles annoncées par le chef de l’État devant les préfets, à savoir : la mise en place d’un nouveau plan national de prévention de la radicalisation, d’ici la fin de l’année, qui comprendra l’expérimentation d’un centre de personnes radicalisées sous main de justice, à rebours des principes du centre de Pontourny, fondé sur le volontariat et qui a fait long feu et a montré les lacunes de la politique de prévention de la radicalisation. Cela veut dire qu’Emmanuel Macron persiste dans son utopie et n’a toujours pas compris qu’il était vain de vouloir déradicaliser un salafiste convaincu, qui plus est, après un passage par la case prison et encore moins sous la contrainte. Cela en dit long sur le désarroi dans lequel se trouve l’exécutif de notre pays.

Si l’organisation et la structuration de l’islam en France reste, de mon point de vue, un chantier impossible pour l’État, il y a toujours urgence pour la puissance publique à débarrasser l’islam de ceux qui la minent de l’intérieur. La seule véritable réponse serait de mettre en place un véritable plan d’éradication de l’islam radical et du salafisme en France qui sont le terreau dans lequel se fondent tous les apprentis djihadistes et terroristes. Inutile de compter sur nos gouvernants actuels, qui n’en auront ni la lucidité ni le courage. J’attends avec impatience la nouvelle stratégie de prise en compte des personnes radicalisées en prison annoncée aussi par Emmanuel Macron et qui couronnera un nouvel échec supplémentaire des politiques menées par Christiane Taubira et Jean-Jacques Urvoas.

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