Editoriaux - Environnement - 28 septembre 2019

Ni climato-sceptique, ni réchauffiste, mais réaliste critique !

Vous reprendrez bien un peu de climat ? Une cuillerée de développement durable ne suffirait-elle pas à satisfaire votre appétit ? Allons donc, une pincée de gaz à effet de serre ne vous ferait pas de mal et le GIEC est souverain contre les migraines climato-sceptiques…

Mon cher, la faculté est formelle ! Ne négligez pas les ordonnances des docteurs Vincent Courtillot et François Gervais. Laissez choir, dans les premières fosses septiques venues, les eaux de jouvence de l’abbesse Greta Thunberg.

Las ! Trois fois ainsi…

Sous peine d’encourir l’ire hystérique d’un lectorat peu ou prou acquis, voire carrément intoxiqué à la doxa climatophobique actuelle (reviviscence de l’antique peur que le ciel nous tombe sur la tête, sous forme de grêles ou de sauterelles,) comme au risque de m’attirer les foudres aussi peu amènes des sceptiques de tout poil, il me faut bien avouer que les uns et les autres m’emmerdent ad nauseam, en un mot, me pompent l’air.

J’en entends déjà qui péroreront que je suis un égoïste irresponsable, quand les autres, entonnant des accents conspirationnistes, taxeront ma lassitude de fausse sceptique et me verseront d’autorité parmi les premiers, m’accusant de ne vouloir pas prendre parti, donc d’être un traître au doute cartésien.

Là encore, peu me chaut. Enfin, pour rester poli…

La vérité est que je n’en sais rien. Les uns assènent leurs arguments, les autres itou. Les deux camps se déchirent, comme aux temps révolus de l’affaire Dreyfus. « Ils en ont parlé », comme dirait ce trop fameux diptyque de Caran d’Ache, et voilà des repas dominicaux qui filent en quenouille, la question du climat se perdant très vite dans les considérations avinées de café du commerce de la politique – qu’exacerberaient les acerbes propos d’un oncle gilet jaune que l’excès d’apéro rendrait un tantinet épidermique au sujet du gazole fortement écotaxé.

La vérité, pour aller plus au fond des choses, est que personne n’en sait à peu près rien et que même un argument scientifique – climato-sceptique ou non – ne saurait être érigé en dogme intangible et éternel, sauf à mener tout droit au goulag orwellien de la pensée unique.

À l’instar de Karl Popper, j’en tiens davantage pour une attitude qui emprunterait à un rationalisme critique, non pour rechercher une improbable vérité (la Terre se réchauffe du fait de l’homme ou, dans sa version météo-sceptique, par un retour du refoulé glaciaire) mais pour identifier les erreurs qui conduiraient, le cas échéant, aux catastrophes endémiques dont on nous rebat journellement les esgourdes.

Reconnaissons que les faits générateurs sont plutôt légion : démographie planétaire exponentielle et explosive, turbo-capitalisme systémique, fétichisme de la marchandise, simulacre de civilisation – donc mort avancée d’icelle dans une optique spenglerienne –, unidimensionnalité de l’homme, matérialisme hédoniste et prométhéen, individualisme de prédation, corruption structurelle, intellectuelle et morale des élites, abêtissement de l’Occident, épuisement luciférien des ressources naturelles, déterritorialisation, nomadisme migratoire, anomie, anorexie, aboulie ; bref, tout ce qui fait perdre à l’homme son animalité politique et, donc, le dépossède progressivement de sa propre condition ontologique pour le faire advenir au rang de chose consommable, jetable et, sans doute bientôt, recyclable – il y a fort à parier que l’encouragement des pouvoirs publics au don d’organes altruiste n’échappera pas longtemps à l’arraisonnement économiste ; la gestation pour autrui en sera l’étroite porte d’entrée, comme la PMA « pour toutes » en devient aujourd’hui le paillasson manipulatoire du « matériau » vivant.

Bref, climato-sceptique ne daigne, climat-hystérique ne puis, empiriste critique suis.

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