On avait beaucoup glosé, y compris dans les colonnes de BV, sur le peu qu’il y avait à attendre du déplacement de Macron en Israël. Faiseur de paix autoproclamé, prestidigitateur de grande surface, le président de la République était probablement le seul à croire à ses talents de négociateur et le seul à penser qu’il pourrait y avoir quelqu’un d’autre que le chef du protocole pour l’accueillir au bas de la rampe du Falcon. On a beaucoup glosé, mais finalement, on avait peut-être tort, car la conférence de presse donnée par Emmanuel Macron et Benyamin Netanyahou a offert une surprise de taille.

En effet, quand Netanyahou a pris la parole pour évoquer la dangerosité du Hamas, il lui fallait du concret, pour que le message passe en France. Même si les médias français sont tous derrière Israël, même si on commence à avoir une compréhension correcte des atrocités commises par le Hamas (pour ceux qui doutaient encore de son statut de groupe terroriste), ça ne suffisait pas. C’est, en tout cas, ce que devait estimer le Premier ministre israélien. Alors, après avoir rappelé que la France, elle aussi, avait été marquée dans sa chair par les attentats, de Nice notamment, « Bibi » a dit la vérité. Une vérité qui ne sidèrera plus que nos concitoyens les plus aveugles. « Le Hamas n’est pas à des milliers de kilomètres en Europe, le Hamas, c’est comme Daech dans les banlieues de Paris. À Paris, vous faites vingt minutes de voiture et vous arrivez dans des banlieues qui seraient Daech. Nous, nous ne pouvons pas vivre comme ça. »

Énième gifle administrée sans élan au Président français, cette fois par le chef de ce « peuple d’élite, sûr de lui et dominateur », comme disait le général de Gaulle. « Nous, nous ne pouvons pas vivre comme ça », a dit Netanyahou. Certes. On le comprend. Qu’il sache – mais il le sait probablement - que nous non plus, nous ne pouvons pas, nous ne pouvons plus vivre comme ça, mais que les pouvoirs publics s’en moquent éperdument. Michel Onfray parlait de « guerre civile à bas bruit » sur le sol de France : il serait peut-être plus précis de parler de guerre civile perlée, comme les grèves de la SNCF. Ce n’est pas la guerre tous les jours, mais c’est régulier. C’est un 7 octobre dispersé : ici, le viol d’une jeune Française par un clandestin sous OQTF ; puis un meurtre de professeur français par un fiché S ingouche ; puis un viol, à nouveau, de deux nonagénaires françaises par un clandestin sous OQTF ; plus tôt dans l’année, viol et meurtre d’une fille de 12 ans par une Algérienne sous OQTF ; meurtre d’un brave homme aux fêtes de Bayonne par un homme déjà condamné à la prison pour viol, sorti au bout de deux ans ; un retraité tabassé à mort par trois mineurs étrangers… et on ne parle que des faits les plus médiatisés. Alors non, ce n’est pas tous les jours, et ce n’est pas toujours au nom de l’islam, mais c’est toujours une guerre d’étrangers contre des Français, sur un sol qui nous appartient et sur lequel nous demandons simplement le droit de rester en vie. Tuer quelqu’un pour ce qu’il est, c’est la définition d’un génocide. En ce sens, le terme de « francocide » inventé par Éric Zemmour est bien loin d’être outrancier.

Netanyahou est un ancien lieutenant du Sayeret Matkal, les forces spéciales de Tsahal. Il a perdu son propre frère à la guerre. Il sait ce que coûte la lutte pour la survie de son peuple. Sa phrase, probablement longuement réfléchie, est insultante, mesquine, ce qu’on voudra… mais tragiquement vraie. Et nous n’allons rien faire.

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25 octobre 2023 à 20:24

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87 commentaires

  1. […] Ce n’est pas tous les jours, et ce n’est pas toujours au nom de l’islam, mais c’est toujours une guerre d’étrangers contre des Français, sur un sol qui nous appartient et sur lequel nous demandons simplement le droit de rester en vie.[…]…… Seulement, depuis des décennies on ne veut RIEN voir, depuis des décennies nous avons laissé s’installer ces fous qui détestent ce que nous sommes, ….. sans RIEN dire, et maintenant, ils sont sur notre sol, tapis, prêts à bondir le couteau entre les dents ! ….. Qui sera notre Charles MARTEL !

  2. Hier, c’était la longue table du Kremlin qui le séparait de Poutine, aujourd’hui c’est le chef du protocole israellien (un simple fonctionnaire) qui l’accueille au pied de l’avion, et demain qu’est-ce que ça sera ? Le mécano de la clim ?

    1. « La longue table du Kremlin, » a été utilisée par toutes les rencontres de Poutine avec des chefs d’état étrangers, pas seulement pour Macron. Et concernant la guerre contre le Hamas, Macron est finalement le seul chef d’état à avoir pu aussi rencontrer les dirigeants arabes de la région..

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