Israël est un pays ami qui a subi une attaque terroriste historique - un carnage - le 6 octobre dernier. Parmi les victimes, au moins trente Français. Et des otages. L'analyste et diplomate François Heisbourg, soutien d'Emmanuel Macron en 2017, n'a pas tort de remarquer que cette attaque terroriste, la plus meurtrière pour la France depuis Nice en 2016, ne bénéficie pas d'une couverture médiatique à la mesure de l'événement.

Sans doute à cause de la propagande pro-palestinienne et du tropisme des élites de gauche qui font pencher la balance de ce côté. Sans doute, aussi, à cause du président de la République. Deux reproches commencent à monter sur sa gestion de la crise.

D'abord, on s'interroge sur son absence de déplacement en Israël, où sont tombés trente Français. Tous les grands dirigeants occidentaux se sont pressés à Tel Aviv : Biden, Scholz, Sunak. Même Ursula von der Leyen. Pas le Président français, qui a délégué Colonna. Devant les interrogations et la polémique qui montent, Emmanuel Macron a fait savoir, via l'Agence France-Presse, qu'il s'y rendrait « dans les prochains jours, les toutes prochaines semaines », s'il parvenait à « obtenir des choses utiles » grâce à ce voyage, ajoutant que tout dépend désormais « des échanges que j'aurai dans les prochaines heures, les prochains jours avec tous les dirigeants de la région ». Il suggère ainsi que les négociations pour la libération des otages imposent cette patience et cette prudence. Mais d'autres dirigeants occidentaux sont dans la même situation et se sont pourtant rendus en Israël. Dans ses déclarations du 20 octobre aux journalistes, Emmanuel Macron argue de la tradition de la diplomatie française dans la région : « J’essaie d’obtenir des éléments [...] qui permettent d’assurer la sécurité d’Israël, la lutte contre les groupes terroristes, qui éviteront l’escalade du conflit et qui permettront de reprendre un processus politique » à deux États.

Mais certains observateurs avancent, dans Le Monde, des motifs moins nobles à cette absence du Président français : Emmanuel Macron serait hors jeu et ne pèserait plus. C'est le clan Hollande qui l'affirme : pour l'ancien Président, en obtenant d’Israël l’entrée de l’aide humanitaire dans la bande de Gaza, « Joe Biden a mangé le plus gros morceau ». Pour son ex-conseiller Gaspard Gantzer, « la France est spectatrice. Le dossier du conflit israélo-palestinien a été mis de côté depuis six ans. »

Mais il y a, bien sûr, un autre motif, que Le Monde est bien obligé de mentionner : la réserve française tient à sa position d'« équilibre » : « Un exercice politique périlleux, alors qu’il veille à ne pas embraser la situation intérieure française. » L'embrasement, voilà, tout est là : la politique de la France ne se fait pas à la corbeille, mais elle se fait dans nos banlieues. Jean Messiha traduit, sans langue de bois : « Nous avons la plus grande communauté musulmane d'Europe qui est beaucoup plus inflammable [...] La rue française est devenue la rue arabe et peut s'embraser. » Selon lui, « Macron a une trouille bleue de provoquer l’ire de la diversité islamisée et le Grand Remplacement nous fait perdre aussi notre souveraineté à l’international ». De Gaulle écrivait, naguère : « Vers l'Orient compliqué je volais avec des idées simples. » L'Orient n'est pas moins compliqué aujourd'hui, mais notre immigration de masse arabo-musulmane a compliqué encore la position de la France.

Un second symptôme de cette mainmise de l'opinion arabo-musulmane en France sur la politique étrangère d'Emmanuel Macron est sa rapidité à tweeter sur l'attaque de l'hôpital de Gaza. C'est Le Point qui pose la question. Quand il écrit, quelques heures après l'explosion, « rien ne peut justifier de prendre des civils pour cibles », il le fait « alors que les circonstances n’étaient pas encore établies ». Le Point a rencontré un proche du Président qui reconnaît, « gêné aux entournures », que «le tweet est parti très, très vite ». Et l'on se contorsionne au Palais pour montrer que le tweet en question n'accusait pas vraiment Israël. Tout en parlant de cible...

Ce n'est pas la première fois qu'Emmanuel Macron tweete trop vite. La dernière fois, c'était quelques heures après la mort de Nahel, en juin dernier. Il accusait le policier sans preuve. Même précipitation alors que l'enchaînement des faits n'était pas établi. Même désir de complaire à l'opinion publique arabo-musulmane de son pays ? Il devrait pourtant se souvenir que son tweet complaisant n'avait pas empêché les émeutes. On pouvait croire que seule La France insoumise était prisonnière de son électorat de banlieue. Ce dernier a aussi ses entrées, jusqu'au compte Twitter d'Emmanuel Macron.

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22 octobre 2023 à 20:31

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106 commentaires

  1. La question ne se poserait pas si nous avions élu un vrai président qui aurait stoppé net l’immigration, sorti de Schengen, et maté dès son élection les banlieues; mais là, avec celui-là qui a amené plus de 2 millions d’immigrants depuis 6 ans et qui subit une politique de soumission, on s’enfonce de plus en plus.

  2. Encore 4 ans……nous avons du souci à nous faire, Macron montre tous les jours sa faiblesse devant l’islamisme qui grossit sur notre sol ! 2027 les français n’ont plus le droit de se tromper !

  3. Macron est en train de se noyer, et il s’accroche à tout ce qui lui passe sous la main. C’est un spectacle pitoyable qu’il donne au Monde entier. Et le pire c’est qu’il emporte la France dans la noyade.

  4. Il agit comme les enfants gâtés ce qu’il a toujours été instruit mais pas éduqué à qui incombe la faute , aux parents qui voyaient en lui Dieu et il y croit

  5. C’est sûr que quand on a eu la bonne idée de stocker des explosifs dans toute la maison pendant plus de 40 ans, il est plus sage de ne pas jouer avec les allumettes. Mais à vrai dire, à terme, cela ne changera rien, ça finira par péter avec ou sans les allumettes. En France la situation est devenue intenable, trop de tensions se sont accumulées, la population est désormais clairement divisée. On ne peut pas faire cohabiter deux populations qui ont des modes de vie incompatibles et totalement opposés. Comment voulez-vous faire cohabiter la laïcité et la charia sur un même territoire ? Le « en même temps » a ses limites, au mieux on aura gagné du temps, au pire on aura perdu du temps et permis à nos adversaires de se renforcer. La seconde option est malheureusement la plus probable. Quand la politique étrangère de la France se décide dans les « quartiers perdus de la République », il devient urgent de se poser les bonnes questions … celles qu’on à mises sous le tapis depuis plusieurs décennies.

  6. Un président qui, logiquement, n’aurait jamais dû l’être. Mr Macron peut remercier le « Système » et, faut pas l’oublier, « Le canard enchaîné » ; c’est bien ce dernier qui en ébruitant une affaire plutôt futile, l’a placé au pouvoir.

  7. à part la nupès et son leader maximo qui voit la France place de la République sans aucun drapeau français mais que des drapeaux palestiniens et turcs, voire un ou 2 drapeaux « révolutionnaires », pas de réaction sur les tués français en effet, quand au président de la république il aura mis 15 jours (à part son escapade en Albanie pour se cacher dans un pays islamiste et corrompu) 15 jours avant qu’il n’aille parader à Tel-Aviv, le triste sire que nous avons comme représentant.

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