[VIVE LA FRANCE] L’aide précieuse des animaux dans la reconstruction des blessés
Les deux huskies roux Ty et Toundra glissent leur cou dans le creux de l’épaule d’Élodie, leur maîtresse adoptive depuis près d’un an. Ils émettent de petits grognements de contentement empêchant la jeune femme de vaquer à ses multiples tâches quotidiennes. « Allez, les loulous, poussez-vous, j’ai du boulot », lance cette ancienne coiffeuse reconvertie au service des chiens maltraités. « Ces deux-là sont de la même portée. Ils passaient leurs journées à la chaîne. Ils étaient obèses quand je les ai récupérés », raconte la fondatrice, avec son mari Geoffrey Hodicq, de la Ferme des Résilients, dans l’Ain. Si sa vingtaine de pensionnaires - chiens, mais aussi chèvres ou poney - sont à poils, ceux de Geoffrey sont des blessés de guerre et des jeunes, eux aussi cabossés par la vie. « Notre idée, c’est d’offrir à des adolescents qui ont connu des galères, ou dont les institutions recherchent des cadres pour les réinsérer, une nouvelle chance. Le fait de s’occuper des chiens, d’en prendre soin en sachant qu’ils ont aussi souffert, les aide à se projeter sur un après. »
Oublier les souvenirs douloureux
Geoffrey est entré dans l’armée à 17 ans et demi, mais a été victime d’une embuscade en Afghanistan avec des camarades dont un n’est pas revenu. Aujourd’hui, à 41 ans, il a surmonté ce traumatisme grâce à la Ferme, en se dévouant pour les autres. Désormais, le couple aide et incite des anciens compagnons d’armes blessés à s’en sortir, en s’impliquant au service de jeunes en quête de repères. Ils leur proposent d’abord des stages pour oublier les souvenirs douloureux dus aux blessures avec l’aide des huskies. Ces chiens sont souvent capables de prévenir les blessés de la montée d’une crise d’angoisse et d’apporter un bien-être et un réconfort. Et ensuite, les anciens soldats ont la possibilité de se réinsérer au service de jeunes eux aussi « cabossés ».
Ainsi, la fondation Résilience compte désormais une trentaine d’encadrants, anciens légionnaires, chasseurs alpins, pompiers, gendarmes que la Ferme a aidés à se sortir du marasme dans lequel, souvent, les militaires s’enfoncent après une blessure qui les exclut de l’action. Ces blessés des armées suivent une formation pour devenir animateurs et éducateurs sportifs spécialisés dans l’accompagnement de publics vulnérables. « Nous accueillons des jeunes de 12 à 18 ans souvent venus de foyers ou envoyés par la Justice. » Sur place, ils doivent s’occuper des animaux, participer aux tâches quotidiennes, ranger leur chambre - des détails qui, au départ, échappent totalement à ces jeunes. Mais pas seulement. Dans cet environnement de moyenne montagne, au sud de Nantua, le cadre est propice à une reconstruction. « On leur fait faire des stages de remobilisation pour les faire sortir de leurs addictions, drogue et téléphone. On leur fait faire des activités de plein-air, une belle façon de découvrir le goût de l’effort, raconte Geoffrey. Une semaine de marche dans la montagne avec bivouac et chiens pour se rassurer la nuit, cela fait beaucoup de bien. » Car en effet, les chiens sont aussi de la partie lors de ces stages, bouclant ainsi la boucle de ce projet d’un couple qui est en train de faire école avec le soutien de grands groupes : Airbus, Q-Park ou Safran.
En juillet, la fondation Résilience va s’agrandir d’un deuxième site, à quelques kilomètres, pour permettre l’accueil d’un plus grand nombre d’adolescents à qui le contact des chiens et d’adultes dévoués, généreux et très structurés devrait offrir de nouvelles perspectives de vie.
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4 commentaires
Quand on voit ce genre d’initiative ( privée!), on se dit qu’elle a bonne mine l’aide sociale à l’enfance!
Vive le privé!… bon, j’arrête, la gôôôche va faire un malaise.
Merci pour ce bel article. En souhaitant la réussite de leur projet et l’essor de leurs structures
Très intéressant.Bravo.
Belles initiatives, bravo , courage et persévérance à toutes et tous.