Au moins 22 morts et une soixantaine de blessés à la sortie d’un concert à Manchester. Le terrorisme, qu’on avait un peu trop oublié pendant la campagne présidentielle, vient de rappeler qu’il est toujours présent. Non seulement au Moyen-Orient, mais aussi en Europe. Au Royaume-Uni, Theresa May avait convoqué des anticipées pour le 8 juin. Il se trouve que la France entre aussi dans une période d’élections. Imagine-t-on les conséquences, si un attentat se produisait dans les jours prochains ?

Le chef de l’État, le gouvernement, les partis, les médias ne manqueront pas de réagir pour dénoncer l’horreur du carnage opéré à la fin d’un spectacle où près de 20.000 personnes s’étaient rassemblées pour écouter la chanteuse américaine Ariana Grande. Au moment où cet article est écrit, peu de réactions officielles sont connues. Mais on peut supposer qu’on entendra, de toutes parts, des condamnations et des messages de solidarité justifiés, mais aussi des prises de position orientées par le parti pris.

D’aucuns répéteront qu’il faut plus de coopération entre les pays européens, notamment dans le domaine du renseignement. D’autres – souvent les mêmes – feront remarquer que le Royaume-Uni ne fait pas partie de l’espace Schengen, d’autres qu’il faut renforcer les contrôles aux frontières, d’autres, encore, que les démocraties doivent s’unir contre la barbarie. Rares seront ceux qui rappelleront les causes véritables du terrorisme.

D’abord, l’invasion hasardeuse des États-Unis en Irak, en 2003, qui a déstabilisé la région et dont nous subissons encore les conséquences. Ensuite, les réticences de nombreux pays à incriminer l’islam dans les attentats, préférant, comme François Hollande, parler de « barbarie ». Enfin, une diplomatie irrationnelle, prétendument moralisatrice, motivée par des intérêts pétroliers ou, pire, par la vente d’armes et le profit.

En France, la politique internationale de François Hollande n’a pas été à la hauteur de la gravité de la situation. Certes, il a essayé de contenir l’expansion des djihadistes au Mali mais, pour lutter contre le terrorisme, il n’a fait que suivre les Américains.

Surtout, pour des raisons bassement électorales, il a minimisé l’impact de la religion sur le terrorisme. Non pas qu’il faille confondre les terroristes avec les fidèles de confession musulmane, mais c’est une trahison intellectuelle que de nier les rapports entre l’islam et le terrorisme.

Malheureusement, rien n’annonce que le nouveau président de la République mettra en œuvre une politique plus réaliste. Ne parlons pas de son manque de réaction face au soutien de l’ex-UOIF : après tout, cette organisation n’est pas la seule à avoir appelé à « faire barrage aux idées de xénophobie et de haine ». Mais qu’attend-il pour inviter tous les Français, quelle que soit leur religion, à s’élever contre un terrorisme qui prend sa source dans une interprétation de l’islam ?

Si les Français de confession musulmane ne veulent pas voir peser sur eux le soupçon d’être des complices, au moins passifs, de l’islamisme, ils doivent se dresser contre ces attentats et les condamner fermement. Les autorités doivent les y encourager et prendre toutes les mesures propres à éradiquer l’expansion d’un fanatisme conquérant.

En terminant cet article, j’entends, sur BFM TV, quelqu’un recommander : "Pas de haine ! Pas d’amalgame !" Je suis entièrement d’accord. C’est pourquoi il ne faut pas fermer les yeux, rappeler quelques vérités, arrêter de subir et agir !

23 mai 2017

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