Alors que la campagne des régionales bat son plein, le candidat à sa propre succession dans la région Auvergne-Rhône-Alpes a une conception toute personnelle de la politique culturelle. Son projet phare (et pharaonique) : le musée des Tissus de , qu’il a pour ambition de faire construire, faisant fi des riverains et amoureux de leur ville, passablement agacés.

Ce musée, situé dans le 2e arrondissement, en hyper-centre et en zone théoriquement protégée par l’UNESCO, a été sauvé de justesse, en 2018, grâce à une pétition ayant recueilli près de 135.000 signataires et des soutiens prestigieux comme Stéphane Bern et . Il faut dire que le musée, dont le succès reste toutefois confidentiel, a pourtant de quoi s’enorgueillir de ses collections de plus de 2,5 millions de pièces couvrant ainsi 4.500 ans d’. C’est, d’ailleurs, la première collection de textiles au monde.

Le musée a ainsi été racheté par la région, devenant ainsi la figure de proue des ambitions du président de la région Auvergne-Rhône-Alpes pour son prochain mandat, qu’il pose même comme « un acte de résistance culturelle alors que tous les lieux de spectacles et d’expositions sont fermés dans notre pays ». Laurent Wauquiez se voit ainsi en Jean Moulin d’opérette… cela pourrait prêter à sourire si les conséquences n’étaient pas aussi graves pour les Lyonnais.

Il choisit l’architecte toulonnais Rudy Ricciotti, père du MuCEM de , pour imaginer un bâtiment colossal de plus de 7.300 m2 de verre, béton et acier, pour un budget de 50 à 60 millions d’euros hors scénographie. Seulement voilà, les Lyonnais n’ont pas été consultés et, petit à petit, l’incompréhension et la colère gagnent du terrain.

Se rassemblant en une association apolitique, ces citoyens concernés ont fait réaliser un sondage auprès d’un échantillon représentatif de 500 Lyonnais de plus de 18 ans… et les résultats sont sans appel, puisque 86 % d’entre eux demandent une consultation citoyenne. En effet, aucune association de vie locale ou riverains n’a été impliquée dans le processus décisionnaire, puisque tous les choix ont été conduits par les technocrates de la région. Pire : ils sont 77 % à exprimer une préférence pour un jardin plutôt qu’un immense bloc de béton. Il faut dire que le musée actuel comporte déjà un petit jardin qui devra être gardé, étant inscrit à l’inventaire des Monuments historiques. Les bâtiments non classés, et bien qu’étant en zone UNESCO, seront rasés, et ils gagneront en hauteur. Dans un quartier sans espace vert, avec des îlots de chaleur considérables en été, un grand jardin, par exemple sur le thème du textile, aurait profité à tous.

Désormais, l’association se mobilise dans un combat de David contre Goliath, avant les . Contacté à de multiples reprises, le président de région refuse toute discussion et refuse de voir le qui dérange. Il demande toutefois à la ville et à la métropole – donc aux Lyonnais – de mettre la main à la poche pour financer ses ambitions qui semblent avoir d’autres priorités…

13 juin 2021

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