Olivier Piacentini a publié, récemment, un essai intitulé Le Mirage mondialiste. Mondialisation, mondialisme : quelle est la différence ? Il l’explique au micro de Boulevard Voltaire.

 

 

Vous publiez Le Mirage mondialiste aux éditions de Paris, pourquoi ce titre ?

Le mondialisme qui imprègne notre vie depuis trente ou quarante ans se cache derrière le phénomène naturel de la mondialisation.

La mondialisation est le développement des transports et des communications qui nous rapprochent à travers le monde, ce n’est pas négatif et nous n’y pouvons rien. Derrière cette mondialisation se cache une idéologie, le mondialisme, qui veut nous faire croire qu’elle est consubstantielle à la mondialisation et qu’on ne peut l’éviter. Le mondialisme veut aller progressivement vers un effacement des frontières, des nations, des États, et vers un mélange forcé des peuples. Cela nous est imposé par une force médiatique avec l’information et le divertissement (film, séries, cinéma, télé-réalité et même le foot).

 

Dans l’affaire Mélenchon/Papacito, on a même vu un tweet de soutien de l’ancienne présidente du Brésil. C’est un peu ça, la mondialisation ?

C’est l’une des manifestations de la mondialisation : nous avons une proximité plus grande. L’an dernier, par exemple, un ancien ministre du Pakistan a réagi aux propos d’Emmanuel Macron à la suite de l’assassinat de Samuel Paty.

En 2018, Nicolás Maduro et Barack Obama avaient réagi presque simultanément à la victoire de la France à la Coupe du monde en disant que l’Afrique avait gagné. Nous avons donc à la fois la mondialisation lorsqu’on réagit à ce qui se passe à l’autre bout du monde et on a aussi le mondialisme. Cette idéologie voudrait nous faire croire qu’il y a une confusion entre la France et l’Afrique à travers la physionomie de l’équipe de France.

 

Que va-t-il rester aux individus pour se démarquer les uns des autres ?

Derrière le mondialisme se cache une idéologie qui sert les intérêts des superpuissances mondiales : la finance et les multinationales. Ces dernières veulent avoir un consommateur mondialisé à qui elles vont servir le même produit sans avoir à l’adapter en fonction des cultures, ni aux réglementations et aux barrières douanières des États. Ces gens-là connaissent bien la nature humaine et savent que l’homme a besoin d’une identité, donc on s’acharne à recréer de nouvelles identités qui vont au-delà des frontières des nations. Ce sont des identités nouvelles : la couleur de peau, l’identité sexuelle et les identités façonnées par les marques. À travers les marques, on se crée une identité. Par exemple, Chanel est la marque d’une certaine classe bourgeoise. Airness est plutôt pour les jeunes de banlieue. On s’approprie l’identité de la marque, qui peu à peu efface l’identité nationale. Ces identités-là, on doit payer pour les avoir.

 

Comment en est-on arrivé là ?

Au départ, la mondialisation s’est appuyée sur des aspirations réelles de la population à plus de liberté, plus de tolérance et d’ouverture d’esprit et moins d’autorité. Autrefois, nous étions dans une société patriarcale avec une forte autorité de l’État, des autorités religieuses, de l’armée. À partir des années 60, on a vu des aspirations à faire évoluer tout cela. Le mondialisme a récupéré ces aspirations et nous impose maintenant une autre façon de penser.

Depuis quatre ou cinq ans il y a un certain blocage, car on réalise qu’une idéologie est imposée à la place de nos identités naturelles. Il y a donc une rébellion mondiale avec la montée des mouvements populistes en Europe, Russie, au Brésil, aux États-Unis mais aussi en Inde. Et même en Turquie, d’une certaine manière.

Nous sommes en train de perdre toute la richesse de nos identités à travers cette idéologie mondialiste et il y a une réaction générale. Ce mondialisme a mis quarante ans à se développer et, depuis quatre ou cinq ans, il y a un mouvement de démondialisme qui ira au bout, mais ce sera long car le mondialisme est très ancré et a une grande puissance en termes de propagande médiatique.

 

Les militants d’extrême gauche, No Borders, sont-ils l’allié objectif de cette idéologie ?

Éric Zemmour le répète souvent, ils sont les idiots utiles du mondialisme. Et j’ajoute qu’en France, ils sont les idiots utiles du macronisme. Certains laissent entendre qu’Emmanuel Macron est un Président de droite. A-t-il pris des mesures de droite, en quatre ans, telles qu’assurer l’ordre et l’autorité, défendre la valeur travail, baisser les impôts ? Il n’a pris aucune de ces mesures, ou très peu. Au niveau sociétal, il y va à fond, comme aujourd’hui avec les lois bioéthiques.

Emmanuel Macron est donc un Président de gauche, sauf qu’il sait que l’électorat est à droite. Donc, il se fait passer pour un homme de droite en étant l’antithèse face à l’extrême gauche ou aux délires écologistes.

13 juin 2021

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